CHRONIQUE BRIÈRONNE

                   

Accueil

 

Le Pays, cartographie générale

 

Classes sociales et professions de Henri IV à Louis XVI

  

Un peu d’histoire

 

      Histoire de la Brière

      La Brière, propriété indivise

     

    Chronique de la Brière

 

      Chronique du XVIIème

         1600 à 1650

         1651 à 1699

 

      Chronique du XVIIIème

         1700 à 1750

         1751 à 1789

 

      Chronique de la Révolution

         1789   1790   1791   1792   1793   1794

         1795   1796   1797   1798   1799

L’Affaire de Pendille

Principaux problèmes de la fin du XVIIIème siècle

Implication dans la guerre civile

 

Chronique du XIXème

 

Base Généalogique

 

 

 

 

Publication internet Janvier 2015

 

Ce document n'est en aucune façon destiné à la vente

 

Toute reproduction, même partielle, de cet ouvrage pour quelque usage que ce soit est formellement interdite. Cette clause est garantie par les alinéas 2 et 3 de l'art. 41 de la loi du 11 mars 1957 et par le premier alinéa de l'art. 40. Toute dérogation constituerait une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code Pénal.

 

 

 

 

CHRONIQUE DU XVIIème SIÈCLE

 

Après les affres des années passées, le XVIIème siècle s’ouvre sur une période d’apaisement consécutive à la signature de l’Édit de Nantes le 13 avril 1598. La vie quotidienne dans la paroisse de Montoir nous est inconnue car les registres paroissiaux qui auraient pu nous la révéler ont disparu.

Depuis 1591, le Vicomte de Donges est Guy II de Rieux et depuis 1584 environ, celui de Saint-Nazaire est Charles d’AVAUGOUR-BRETAGNE.

 

De 1600 à 1650

 

1600

  Le 7 juin - Jean de la BOURDONNAYE, seigneur de Bratz épouse à St-André (des Eaux), Jeanne d’Ust, dame de Ranlieu.

 

1601

 Claude Ier de Catignon, aumônier d’Henri IV devient abbé de Blanche-Couronne.

 

1608

Mort du vicomte de St-Nazaire, Charles d’Avaugour-Bretagne. Il est inhumé à Clisson. Marguerite d’Avaugour lui succède

 

1602 à 1612

  Endémie de peste à Nantes.

 

1610

14 mai - Assassinat de Henri IV. Minorité de Louis XIII - Régence de Marie de Médicis.

Mariage de la vicomtesse de St-Nazaire, Marguerite d’Avaugour-Bretagne avec Gabriel de Goulaine Ier.

 

1612

9 avril - Pierre VINCE de Montoir prend possession de la cure de Besné.

 

1613

2 avril -Sentence du Présidial de Nantes, confirmée par l’arrêt de la Cour des 6 et 8 octobre, « contradictoirement rendu tant avec le seigneur Guy de Rieux de Chateauneuf, vicomte de Donges, qu’avec tous les habitants de l’île d’Assac pour les passer et repasser au passage noble de Martigné avec leurs femmes et enfants, bestiaux, charrettes et harnois, pendant toute l’année sans autre salaire qu’un quart de froment par feu dû au terme de my-aoust. »

    

1614

Les États de Bretagne se tiennent à Nantes. Louis XIII ordonne le démantèlement des châteaux de Guérande et de Torfou (18 août)

Remariage de Jean de la BOURDONNAYE avec Louise de la BOUEXIERE DE BRANTONNET.

 

1615

Sous la régence de Marie de Médicis influencée par Concini la France est mal gouvernée.

La Basse-Loire est perpétuellement menacée par les Anglais, visitée par les barbaresques, rançonnée par les princes protestants. Benjamin de Rohan, seigneur de SOUBISE, de son repaire du Pellerin, rançonne les navires qui circulent en Loire.

 

1616

Richelieu devient secrétaire d’état.

 

1617

24 avril - Assassinat de Concini - Louis XIII exile sa mère et donne sa confiance à de Luynes.

Guy de Loysel, sieur de la Barillais, achète la seigneurie de L’Angle et Crossac aux d’Avaugour (E 445).

 Pierre II de CORNULIER, prieur de Pirmil devient abbé de Blanche-Couronne.

 

1618

Destruction du château de LORIEUC.

 

1619

Le seigneur de la Fresnaye-Volvant a son repaire à la Roche-Bernard et contrôle l’embouchure de la Loire avec ses navires.

 

1622

Richelieu reçoit le chapeau de Cardinal.

29 septembre- Sentence du Présidial de Nantes donnant raison à Gabriel GAUTIER, prieur d’Aisne, dans une action l’opposant au vicomte de St Nazaire.

 

1624

Richelieu entre au Conseil d’État. Gabriel II de Goulaine est vicomte de St-Nazaire.    

 

1625

Claude II de CORNULIER devient abbé de Blanche-Couronne

 

1626

Richelieu est grand maître, chef et surintendant de la navigation et du commerce.

Le quinzième jour de mai est ouvert le premier registre en notre possession, «pour inscrire  et mettre les noms et prénoms des enfants qui sont baptisés solennellement en l’église parrocchiale de monsieur Sainct Estienne de Monthoir».

Le même jour «est baptisée une fille du légitime mariage de Jullien ALLEMBOUR et de Lorans HELLOGAN, ses père et mère. Laquelle lui a esté imposé le nom  de Julienne par Estienne DUPIN parrain et par Perrine DENIAU marraine femme de René BECCARD. Les tous demeurant dans l’îsle de Méan fait par moy sous signé»

                                                                                       Moesnard prestre

 

7 juin - Baptême d’un fils illégitime de Françoise JOUAUD et Julien HOMMET, laquais à St-Nazaire.

 

23 juin - Baptême d’un fils illégitime de Didier LANDEAU et Olive HAMON de Donges.

 

3 au 24 juillet - Séjour à Nantes de Louis XIII, Richelieu et la Cour. Conspiration de Chalais qui est décapité place du Bouffay.

 

8 septembre - Baptême à Montoir d’une fille de Pierre CHOTARD de la Graffinière en Besné et de Louyse LECLERC.

 

1627

L’Angleterre, mécontente de la politique de Louis XIII en Italie saisit sur mer des vaisseaux français et envoie à La Rochelle une flotte commandée par le duc de Buckingham. La ville, place forte calviniste, se révolte contre le roi. La flotte anglaise attaque l’île de Ré que Richelieu avait pris la précaution de fortifier. La belle résistance de la garnison et l’arrivée de l’armée royale obligent les Anglais à rembarquer.

 

1628

Richelieu dirige en personne le siège de La Rochelle, défendue par la flotte de Soubise aidé par les Anglais. Les Nantais participent au siège par la fourniture de 12 navires marchands d’environ 200 tonneaux, armés en guerre. Ils prennent leur poste le 9 mars. Le cardinal profite de son séjour dans la région pour essayer de convaincre les armateurs nantais de se lancer dans l’expansion océane, sans succès.  Ceux-ci ne sont pas téméraires : l’insécurité des côtes et de l’embouchure du fleuve ne les incitent guère à tenter l’aventure.

Le 1er novembre 1628 La Rochelle se rend au Roy qui ordonne la destruction des remparts.

 

10 septembre - Baptême de Pierre de LESTOURBEILLON fils de Bertrand et Péronnelle LOYSEL. Il épousera Louyse du MASLE de COLVEUC en 1653 à Guérande, puis Janne FOURNIER de la Pinsonnière en 1665 à Nantes. Décédera en 1707.

 

1630

11 avril - Baptême de François, fils d’Artur BOURDEIL, sieur de La Maillardière et de Françoise DE LA LANDE.

 

12 septembre - Ondoiement d’un enfant à Jan de LA BOURDONNAYE et Louyse de la BOUEXIERE; Il sera baptisé le 3 février suivant.

 

 

1631

26 février - Richelieu prend en charge l’Amirauté de Bretagne et est nommé gouverneur de cette province. Les années 1631 et 1632 voient une épidémie de peste à Nantes.

 

1632

14 mai - On apprend le décès de Pierre VINCE, originaire de la paroisse et curé de Besné depuis 20 ans.

 

1634

Le vicomte de St-Nazaire vend à René de K’POISSON la  seigneurie de St André, sauf l’enclave d’Ust.

 

6 septembre - Julien PAGEOT, prestre, chanoine de l’église Cathédrale Saint-Pierre de Nantes devient prieur d’Esne.

 

1635

Mai - En déclarant la guerre à l’Espagne, la France entre dans la guerre de 30 ans.

 

1636

Le marquis de COISLIN achète la baronnie de La Roche-Bernard. Épidémie de peste à Nantes.

 

1637

·         Les pirates espagnols infestent l’estuaire de la Loire.

·         Décès du vicomte de St-Nazaire, Claude de Bretagne qui est inhumé à Clisson. Son successeur est Louis de Bretagne-Avaugour.

·         Jean V de Rieux remplace Guy II comme vicomte de Donges.

·         Le prieur d’Aisne, Julien PAGEOT, entreprend une action pour obliger l’ancien procureur fiscal de la juridiction du prieuré, Me Mathieu BOULLET, à rendre les anciens rôles rentiers et autres papiers du greffe qu’il détient.

 

14 mai - Exploit signifié au dit BOULLET par OLLIVAUD, sergent royal.

 

17 juillet - Sentence rendue au Présidial de Nantes et signifiée par le dit OLLIVAUD.

 

10 septembre - Procès-verbal justifiant le défaut fait par le dit BOULLET, de faire l’inventaire et la délivrance des actes dont il était saisi. Signé en la maison du recteur de St-Nazaire :

GAREAU marchand - OLLIVAUD et MORAUD notaires.

 

À partir du 15 avril nous n’avons plus les registres de baptêmes.

 

1640

Septembre-octobre - Les mariages de plusieurs couples de Montoir sont célébrés à Crossac en raison de maladies contagieuses qui se sont étendues dans le dit pays de Montoir.

 

1642

Restauration de la chapelle N. D. de Toutes-Aides dans l’île des Marais en Missillac.

 

1643

14 mai - Mort de Louis XIII. il a 42 ans. Nantes se lance avec la société «La Bourse de Nantes».

 Avènement de Louis XIV qui n’a que 5 ans. Régence d’Anne d’Autriche - Gouvernement de Mazarin.

 

1647

Yolande de Goulaine, vicomtesse de St-Nazaire, épouse le marquis Claude DU CHATEL.

    

1649

5 janvier - Début de la guerre des nobles et notables contre la régence qu’on a appelé «La Fronde».

 

De 1650 à 1700

 

1652

28 juin - Un concordat est signé au tablier de Belon, notaire royal à Nantes, entre Claude de CORNULIER-LUCINIERE, abbé de Blanche-Couronne et deux religieux de l’abbaye St-Sauveur de Redon, représentant la congrégation de saint Maur.

Il s’agit de faire renaître au monastère la vie religieuse qui en est disparue. Concordat approuvé à St-Germain-des-prés, le 6 juillet, par le supérieur de la Congrégation, Jean HAREL.

 

1653/1654

Profitant des troubles de la Fronde, les Espagnols menacent Le Croisic et Belle-Île.

 

1655

Mars - Plusieurs frégates espagnoles tentent de forcer l’entrée de la Loire à St-Nazaire. Elles sont repoussées.

 

1656

Jean Gustave de Rieux d’Assérac succède à Jeanne Pélagie de Rieux qui était vicomtesse de Donges depuis 1650.

 

1659

Le traité des Pyrénées met fin à la guerre Franco-espagnole.

    

1660

14 avril - Jean Urbain de Carné, baron de Marsaint, époux de Claude LE NOBLETZ, achète le vicomté de St-Nazaire à Yolande de GOULAINE et à Claude DE CHATEL son époux, pour la somme de cent mille livres.

 

1662

Dernière épidémie de peste à Nantes.

 

1663

Aveux rendus aux prieurs de Donges par les tenanciers de Trignac, Gron et Bert (H 134).

 

1664

Colbert est contrôleur général des finances. Il insiste auprès des armateurs et commerçants nantais pour qu’ils s’intéressent à la Compagnie des Indes Orientales.

 

1665

Les Nantais se lancent dans l’aventure et leur ville devient, avec Lorient, le port d’attache de la Compagnie.

 

1667

18 novembre - Nous retrouvons les registres paroissiaux avec le baptême de Denise, fille de Jacques BERNIER et Catherine MACE.

 

1667/1668

Guerre de Dévolution d’Espagne. Paix d’Aix-la-Chapelle.

 

1668

30 septembre - Le rédacteur des actes note : «si l’on trouve quelques défectuosités, obmission, erreur ou autres difformités dans les actes contenus ou absents, il faudra recourir aux archives présidiales de Nantes pour remédier, s’il est possible , à tous ces inconvénients».

 

1 octobre - A partir de cette date et pour la fin de l’année seulement, les actes sont rédigés sur papier fourni par le présidial de Nantes et timbré à trois sols.

Les ordonnances sur le papier timbré datant, semble-t-il, de 1673, il y avait donc eu un essai de fait cinq ans plus tôt.

 

9 octobre - On commence à enregistrer les mariages et les décès.

 

1669

6 février - Les comptes ont été rendus par la veuve Claude DENIAUD et les héritiers Jan BECCARD et Jan MACE à Pierre POULLIER, Estienne DEBERT et à Denis THOMAS, le 6ème jour de fébvrier 1669, MACE retouché approuvé.

 

10 septembre – « Baptême d’une petite cloche appelée Marie la Perronnelle par noble et discret et circonspect missire Jan BELLIOTTE, recteur de la paroisse de Monthoir. »

Parrain Pierre GERGAUD, sieur de Beaulieu.

Marraine Marie CHAUVEAU fille de feu Me Gilles COUPEAU (?) notaire et procureur de la vicomté de Donges.  Présents Me Isaac PHILIPPE, sieur de Gris greffier de la vicomté de Donges.

 

8 octobre - Les fabriqueurs[1] Estienne DEBERT et Pierre POULLIER sont priés de signer à la place des mariés "qui ne savent".

 

27 octobre - Mariage de Guillaume DE TRÉMAUDEUC et Ollive ROTHOUX « avec la permission du vicaire général de Nantes pour parenté du 3ème au 4ème degré, faute de temps pour avoir celle de Sa Sainteté, en cas de grande nécessité. »

 

13 novembre - Le mercredi 13ème jour de novembre 1669, Monseigneur l’Évêque de Nantes fait sa visite dans cette église assisté de monsieur le promoteur de Nantes.

Colbert crée l’«Inscription Maritime».

 

1670

18 juin - Inhumation dans la chapelle de Méan de François DENIAUD, chapelain de St Joseph et constructeur en partie de la dite chapelle.

21 novembre au 5 décembre - Inhumation de trois enfants de Pierre ESLAN et Perrine BOSSINOT âgés de 8 jours à 2 ans et demi.

 

1671

29 avril - Inhumation de François LEBARBIER (1629-1671), sieur du Bignon, gouverneur de la vicomté de Donges, dans le chœur de l’église.

 

18 juin - Inhumation de Pierre GERGAUD, époux de Marguerite CHOTARD, sieur de Beaulieu, sénéchal de la vicomté de Donges, dans le chœur de l’église.

 

1673

3 janvier"Les comptes de cette paroisse ont été rendus par Me Maurice TASSÉ, par les sieurs Jacques HALGAN, Jan BECCARD fabriqueurs et marguilliers de la dite paroisse de Montoire l’an dernier mil six cent soixante douze aux sieurs Denys VINCE, Luc PHILIPPE et Thomas MACE procureur de cette dite paroisse l’an présent 1673 le 3ème jour de janvier dite année."

 

28 janvier au 20 février - Inhumation de trois enfants de noble escuyer Isaac DU COULDRAYE (  - 1678) et Janne DE FRANCE, seigneur et dame de BEAUREGARD, âgés de 5 mois à 5 ans.

 

27 novembre – "Les comptes de cette paroisse ont été rendus ce jour vingt septième de novembre par Me Denys VINCE, Luc PHILIPPE, Thomas MACE aux sieurs …DENIAUD, François OLLIVAUD, et OLLIVIER".

 

10 décembre - Inhumation dans l’église de Crossac d’écuyer Jean ROGON, sieur des Gautrais, époux de Marguerite MOYSEN, propriétaire de Belebat.

 

1674

Les actes sont inscrits sur des registres dont les feuilles sont timbrées à 12 deniers.

2 avril - Jean Urbain de Carné, vicomte de St-Nazaire, et un de ses cousins sont assassinés dans un guet-apens tendu sur la route de Pornichet, près du Pouliguen, par le comte de la Chapelle, gouverneur du Croisic. Son fils, Jean Toussaint de Carné, époux de Jeanne, Nicole HUART, devient vicomte (Moret p 247).

 

12 septembre - Inhumation dans le chœur de l’église de noble escuyer Jean DE L’ESTOURBEILLON, fils de Pierre, seigneur de la Savinais.

 

10 octobre - Le dixième jour d’octobre 1674, environ les neuf à dix heures du matin, monsieur l’archidiacre a fait sa visite dans l’église de Montoir.

 

1675

Feuilles timbrées à 18 deniers

 

1 mars - Le Duc de COISLIN, baron de Pontchâteau, en tant que fondateur de Blanche-Couronne, donne son accord à la Congrégation de Saint Maur pour le transfert de l’abbaye plus près de Nantes.

 

16 août - Inhumation de Suzanne BOURDEIL compagne de Raoul de BESNE (  - 1676), seigneur de Mareil, dans le chœur près de l’autel du Rosaire.

 

6 décembre - Inhumation dans la nef d’un enfant de Gilles FOURÉ, moustoir du prieuré de Frénic.

 

1676

Feuilles timbrées à 18 deniers.

 

18 janvier – « Le 18ème de janvier mil six cent septante et six, la visite de Monseigneur de Nantes fut faicte dans l’église de Monthoir par monsieur de St Sambim grand vicaire de mgr de Nantes. »

 

9 octobre - Le conseil du Royaume donne aux religieux de Blanche-Couronne l’autorisation de s’installer à Nantes ou dans un de ses faubourgs.

 

Cette année 1676 a été particulièrement mauvaise. Les enterrements ont été deux fois plus nombreux qu’en année normale.

 

1677

Il n’y a pas de registres paroissiaux.

 

20 juin - Par devant maître Estienne HALGAND, notaire à Montoir est dressé l’acte de fondation de la chapellenie de St-Joachim. Une chapelle a en effet été construite par les habitants dans la gagnerie de l’île de Grandes îles. Il reste à la mettre à la disposition des fidèles et du clergé. Pour cela il faut y attacher un chapelain en lui assurant un revenu suffisant, c’est chose faite par cet acte    (G 453).

Voici la liste des fondateurs avec leurs apports :

Guillaume VINCE                                                             : 14 sillons (le terrain près de la chapelle).

François et Servais les OLLIVAUD                        : 14 sillons à Grande Isle.

Julien MAHÉ                                                         : 5 sillons à Aignac.

Janne HALGAN veuve de Thomas OLLIVAUD        : 5 sillons à Aignac.

Me Jean LAFAGE, greffier                                     : 4 sillons à Fédrun.

Michel HALGAN                                                    : 6 sillons à Grandes Isles et 4 près du moulin

Françoise MAHÉ, veuve de Guyon MARTIN           : 10 sillons au Rocher à Fesdrun

Jeanne MOYON,  veuve de Julien VINCE               : 5 sillons à Grande- Isle

Michelle AOUSTIN, veuve de Pierre MOYON          : 6 sillons à Fédrun

Catherine FOURÉ, veuve de Noël AOUSTIN          : 4 sillons à Fédrun

Guillemette DEBERT                                            : 4 sillons à Breslin.

 

Notons qu’un sillon est égal à 80 m2.

L’ensemble de ces terrains assure une rente de 32 livres.

La chapelle dédiée au «Glorieux Saint Joachim et Sainte Anne» a été «faite et construite par les habitants pour leurs commodités et soulagement de monsieur le recteur et messieurs les prêtres qui administrent le saint sacrement aux malades et autres personnes infirmes».

Le chapelain bénéficiaire de cette rente devra assurer dans la chapelle la célébration d’une messe chaque semaine le dimanche matin à 6 heures.

Le titulaire choisi est Pierre VINCE qui n’est encore que clerc tonsuré et étudiant en théologie. Il sera sous-diacre en 1678 et deviendra en mai 1681 vicaire de Montoir.

 

1678

De 1678 à 1692 les feuilles des registres sont timbrées à 1 sol.

 

6 décembre – "Les comptes de cette paroisse ont été rendus par les sieurs Michel OLLIVAUD, François JUME et Julien HALGAN le jour 6ème de décembre 1678 à Monsieur le séneschal de Donges."

 

10 septembre - Induction de Julien PAGEOT pour la confection des papiers terriers de son prieuré d’Aisne (H 79).

 

13 septembre - Réformation du rôle rentier de la juridiction du prieuré de Donges en la paroisse de Monthoir, par devant Jean DUPIN, sieur de la Grande Levée et juge ordinaire de ladite juridiction, licencié aux droits. Ceci intéresse des terres sises en Trignac, Gron, Bert et Aisne, redevant ensemble 36 livres (H 134).

 

- Paix de Nimègue. Fin de la guerre de Hollande.

- Paimboeuf ayant pris de l’importance comme avant-port de Nantes est érigé en paroisse (de Brossard p. 128).

 

1679                      

Pas de registre en 1679

 

1680

2 janvier –«  Les comptes de la paroisse de Monthoir ont été rendus pour l’année 1679 par les sieurs Pierre PHILIPPE, Jan HALGAN et Philippe PAULMIER, le second jour de janvier 1680. »

 

20 février –«  Mariage de Guillaume et Audette MOYON lesquels pour leur degré de pauvreté ont esté dispensés du quart degré de consanguinité où ils s’étaient trouvés parans par mons. M TERRIER vicaire général et official de Nantes. »

 

10 octobre – « La visite de monsieur l’abbé de LESRAT, grand vicaire de monseigneur l’évesque de Nantes a été faite aujourd’hui à Monthoir dixième jour d’octobre 1680 accompagné de messieurs BOSSIGNEUL promoteur et RICHARD secrétaire le dit jour et an. »

 

27 juin - Le prieur d’Aisne, Julien PAGEOT, dépose au présidial de Nantes sa déclaration de renoncement à son droit de Haute Justice pour son prieuré. Accepté par les commissaires en juillet.

 

13 novembre -  A Crévy, une chapelle dédiée à sainte Reine remplace celle de St-Cado.

 

14 novembre - Baptême de Jan, fils de Pierre D’HERVE et Jeanne ESLAN de Gron, « malgré que le dit D’HERVE a une autre femme au Hâvre ».

 

1681

- Décès de Claude de CORNULIER, abbé de Blanche-Couronne. Son successeur est Jean IX de Barres.

- Promulgation de l’«Ordonnance de Marine»

 

Mai - Pierre VINCE, jeune prestre enfant du pays, prend ses fonctions de vicaire de Monthoir et chapelain de la nouvelle chapelle de St-Joachim.

 

30 juillet - Inhumation de François LEMPEREUR, 60 ans, soldat du régiment de l’Estouppe, de nationalité suisse.

 

19 novembre - Inhumation de Pierre TRÉMAUDEUC. C’est le premier enterrement dans le cimetière.

 

25 novembre – « Le vingt et cinquième jour de novembre 1681 les comptes ont été rendus par noble homme Jacques LEROY, advocat à la cour et les sieurs François AOUSTIN et Gilles GILLET aux sieurs René CHAILLON, Michel VIAUD et Jan BIHAN. »

 

 

1682

11 mars« Un garçon marinier natif d’Essel en Almagne qu’on dit s’appeler Robert d’OGLE de la religion prétendue réformée, chez Me Maurice TASSÉ chirurgien dans le bourg, malade au lit, a désiré embrasser la religion chrétienne, catholique, apostolique et romaine et a été baptisé par missire Claude PHILIPPE. Parrain : Maurice TASSÉ, marraine : Janne PICAUD femme de Me Jan LAFAGE.

 

25 novembre – « Le vingt cinquième jour de novembre 1682 les comptes de la paroisse ont été rendus par les sieurs René CHAILLON, Michel VIAULT, Jan BIHAN sortants à Me Pierre BELLIOTTE sieur de la Ville Alain procureur fiscal de la vicomté de Donges et aux sieurs Estienne GUISHARD et Noël BROBAND capitaine et pilote de navire. »

 

1683

Nous n’avons pas de registre paroissial pour cette année mais nous avons en revanche un document établi par Me François RAGAUD, sieur de la Pillaire, greffier et procureur spécial de la vicomté de Donges, "agissant par procuration de haut puissant seigneur Mre Jean Gustave chef de nom et d’armes de Rieux, vicomte de Donges". (A. D. - B 1905)

Il s’agit d’une sorte de déclaration des revenus demandée par le roi Louis XIV pour ce qu’on appelle l’établissement du papier terrier, destiné à une meilleure levée des impôts.

Les biens de la vicomté sont répartis sur les paroisses de Donges, Monthoir, Crossac, Pontchâteau, Missiriac, Prinquiau, La Chapelle de Launay, Savenay, Bouée (feuillette de Savenay), Cordemais, Malville, Lavau.

 

Ce document étant chiffré il est intéressant de rechercher ce que le vicomte tirait de son fief sur la paroisse de Monthoir.

Notons d’abord que ces impositions étaient dues soit en monnaie, soit en nature et réparties à différents termes sur l’année : « les termes de Pasque, de Pentecoste, d’aoust, de St Martin d’hiver et de Noël. »

Les impositions en monnaie y figurent pour 182 livres par an. Les principales contributions ainsi perçues sont fournies par :

-     La petite Taillée que tient escuyer Jean de la BOURDONNAIS sieur du dit lieu, pour 7 livres 3 sols 4 deniers.

-     Le pré du Poisure sis entre La Ramée et les prés de Camé, à François et Jacques OLLIVAUD, pour 6 livres.

-     Le lieu noble du Bois de la Cour situé en Guersac que tient le sieur du Champ quartier du Breil, pour 9 livres.

-     Les prinses du Lanier, à René MORAUD et aux hoirs Claude MORAUD et Louis CLEROUX, pour 8 livres.

-     La tenue du prieuré de Fresny, aux chanoines de Luçon pour 4 livres.

-     La grande prinse de Trignac, à escuyer Artur du COULDRAY, seigneur de Tréveneuc, pour 4 livres, plus 8 truellées de froment et 8 poulards.

-     Les grands maroués de Trégonneau, au sieur de La Bourdonnais et aux héritiers du sieur de Beaulieu, pour 7 livres 3 sols 4 deniers.

-     La grande pasture de Camé, à François AOUSTIN, pour 4 livres.

-     Le pré au vicomte sis près de la Ramée, à Jacques et Françoise OLLIVAUD, pour 4 livres et 1 livre de poivre.

-     Le pré Rousseau, pour 4 livres, 4 sols et 18 ouayes.

 

Les prélèvements en céréales sont, pour la paroisse de :

-     53 truellées de froment à 4 quartiers par truellées.

-     62 truellées d’avoine grosse à 4 quartiers par truellées.

-     123 truellées d’avoine menue à 3 quartiers par truellées.

La provenance de ces impositions est fort  instructive car elle permet de se faire une idée de l’occupation des terres.

Froment  :            8          truellées viennent de la grande prinse de Trignac

                             2          truellées du fief de Bicherais en Fédrun.

                             20        truellées des fiefs Dulonne, Delaunay et Minier dont les terres sont réparties sur les iles de Guersac  Aignac  et Grandes-Iles.

                            2          truellées du fief Grandin, non situé.

 

Avoine  :               24        truellées de la tenue de la Bardollais près du Tillou

                             24        truellées de la tenue de Drély (Drélif)

                             12        truellées du fief de la Tiollais sis au Clos entre les vignes de la                     Boutardière (il y avait donc des vignes à La Boutardière)

                             12        truellées du fief Jouaud, non situé

                             4          truellées de la tenue de Caillallun entre le bourg et Loncé.

                             4          truellées de l’île Charlopin (dans l’île d’Erran)

                             4          truellées de la tenue des Bossettes près la rivière au saut du chien.          

                             4          truellées du fief Grandin, non situé

                             4          truellées de Bicherais en Fesdrun

                             4          truellées de la tenue de la Brobancais et du champ Mattaud en Guersac

                             4          truellées de la tenue Jouan, non située

                             8          truellées  des fiefs Beccard et Siaut sis en Aignac

                             21        truellées des fiefs Dulonne, Delaunay et Minier répartis en Guersac, Aignac et Grandes-îles

                             12        truellées  de la Bourdonnais près du bourg

                             12        truellées du fief Bouteiller

                             4          truellées du fief Jouannaud    

                             4          truellées du fief de la Godinais

                             4          truellées du fief Jean Laurent

                             18        truellées de différents fiefs sis en Grandes Isles

 

En résumé, 2 tiers du froment et 1 tiers de l’avoine de la paroisse proviennent de Guersac et des gagneries des îles de l’intérieur.

 

Le denier prélevé sur les possesseurs de ruches, à la St-Martin d’hiver, s’élevait à 164 livres de cire, totalement fourni par le tiers des prés.

Au terme de Pentecôte étaient prélevées les rentes par moutons couillards (5 sur Guersac et les îles de l’intérieur) et moutons francs (30 sur Caillallun, les Joncherays et les prés).

Au terme de St-Martin d’hiver rentraient les rentes par deniers sur les ouayes de l’année, ce prélèvement s’élevait à 100 bêtes.

Le plus gros éleveur était Me Julien CHAUVEAU, sieur de Fondelain, qui sur sa tenue de la Gallienne, sise près le bourg, et sur ses préaux d’Orrain, devait en fournir 58 à lui seul.

Poules et poulards étaient dûs au terme d’août, soit 20 pièces dont 8 venant de la grande prinse de Trignac. 37 chapons rentraient à la St-Martin dont 8 étaient fournis par les chaponnées du Lanier sises entre les préaux du Lanier et les marais et qui furent à Jean LOYSEL sieur de Lanier.

Aucune de ces volailles ne venait des isles de l’intérieur.

 

Au terme de Pâque était dû «par chacune borgne et escluse destinées à prendre poisson sur les vasaux du fleuve Loire vis à vis Monthoir entre l’île de Painhouët et l’estier de Mandino» un denier de rente.

Une écluse était un barrage de pierres coupant les petits canaux qui écoulent l’eau à la marée descendante. Dans une ouverture pratiquée au fond de l’écluse on disposait une sorte de panier en osier appelé «borgne» où le poisson venait se faire prendre.

Le seigneur avait  le droit de prendre douze fois par an les levées des dites borgnes. Il jouissait également des esturgeons ou saumons qui y étaient pris et de la première lamproie de l’année.

Il y avait 26 personnes possédant 47 borgnes en l’Isle de Penhoët.

6 personnes pour 9 borgnes en l’île de Méan

6 personnes pour 11 borgnes en l’ile de Gron

7 personnes pour 15 borgnes en l’île et village du Clos

Le document rappelle le devoir de coutume qui est que chaque charrette qui passe chargée sur le pont de Méan doit 6 deniers au seigneur qui, en retour, doit assurer l’entretien du pont.

Il rappelle également les droits des sujets de la seigneurie de Donges sur la Brière : «y aller et venir, prendre et couper les mottes pour chauffage, litières et fourages pour leurs bestes, bois pour leur chauffage, clore leur levées, faire escluses, et aussi peuvent conduire et mener leurs bestes et envoyer pestre et pasturer sans en être empeschés».

 

Les tenants de Bratz et Trégonneau ont à charge la préparation de la cour des bans, chaque fois que les juges de la seigneurie «font assigner les plaids d’icelle tenir au bourg de Monthoir».

Ils doivent assurer la publication des bans chaque dimanche à l’issue de la grand-messe.

Il leur revient également d’assurer la recepte de la petite taille qui est de 7 livres, 3 sols et 4 deniers sur les hommes qui la doivent. Ceci au terme d’aout.

 

Bien des renseignements manquent pour avoir une idée précise des productions de la paroisse. Des informations complémentaires permettront d’en avoir au début du siècle suivant une idée plus affinée.

On y apprend cependant des choses fort intéressantes confirmant les différences notoires que nous avons déjà relevées entre le tiers des prés et le tiers des Brières.

 

1) Les gros décimateurs se trouvent tous dans l’île du Clos ou aux alentours. Seule exception, le Bois de la Cour à Guersac.

 

2) La localisation de la culture des céréales est très instructive. Seule la production de froment et d’avoine est prise en compte, ce qui laisse penser que celle des seigles, blé noir, orge, mil, destinée aux manants et aux animaux d’élevage, n’intéressait pas les seigneurs.

Les îles de Guersac et de l’intérieur qui ont la population la plus dense produisent à elles seules, dans leurs gagneries, les 2 tiers de la céréale particulièrement destinée à la consommation humaine, le froment.

A l'opposé la partie la plus riche de la paroisse, avec ses métairies produit les 2 tiers de l’avoine, spécialement destinée à l’alimentation des chevaux. Elle est orientée d’abord vers l’élevage.

 

3) Répartis sur Guersac et les îles de l’intérieur, il devait y avoir environ 76 moutons (en se basant sur un prélèvement de2/27) destinés à la consommation familiale.

Le tiers des prés devait commercialiser dans les 1750 agneaux et moutons francs. Le principal éleveur en produisait plus de la moitié.

4) Cette même région d’élevage devait compter 2 à 300 poules et poulets, et produire environ 500 chapons annuellement, dont une centaine venant des chaponnées du Lanier.

 

5) Toujours dans cette région, la seigneurie prélevait 164 livres de cire, ce qui suppose la présence de nombreux ruchers.

 

6) Les vignes étaient imposées en monnaie, voici celles qui sont notées avec les contributions payées par elles :

 

Dans l’île du Clos :

Les vignes Hervé                                                 à Camé                          32 sols

Les vignes Jehanot-Gicquiaud                             «                                    13 sols

         «     Junion                                                  La Ramée                      20   «

         «     Jean Vince                                           au clos de Montoir         25   «

         «     Bigrines                                               «                                    16   «

         «     du Bois                                                «                                    24   «

Les vignes Simoniaux                                          non                                17   «

         «     Thomas Gicquiaud                               «                                    24   «

         «     aux Dupin                                            «                                    38   «

         «     du Bois de la Cour à Guersac               «                                    20   «

Les petites vignes Cheruet près le perthuis Dabon en Guersac                5     «

 

1684

11 janvier- Premier mariage célébré exceptionnellement dans la chapelle de St-Joachim, celui  de Pierre MAHÉ né à Missillac et veuf de Anne OLLIVAUD avec Perrine BOULET fille de Gilles et Claudine VIAUD.

 

4 avril - Dernier acte signé du recteur Julien MICHIEL, abbé du Prat, qui avait remplacé Jan BELLIOTTE en 1683 (pas de registre).

 

22 mai - Premier acte du nouveau recteur Jan PONGERARD qui arrive de St Nazaire.

 

1685

15 février - Jan BILLY prend ses fonctions de vicaire de Monthoir.

Promulgation de l’«Ordonnance des Colonies» ou «Code Noir».

 

18 mars - Catastrophe à Guersac. Le pignon d’une maison s’effondre. Une mère et ses trois enfants âgés de 4 - 2 et 1 ans qui y habitent sont tués par la chute. Il s’agit de Perrine MOUSSU qui avait épousé Jan BOUCHER, un marin originaire de Rieux dans le diocèse de Rennes.

Cet accident et les trois mariages célébrés en dehors de l’église paroissiale, laissent à penser qu’en ce premier trimestre de 1685 les intempéries durent être considérables et la circulation entre îles très entravée.

 

23 mars - Baptême de Vincent, fils illégitime de Renée MORAUD, « recueillie dans le moulin de Brevée où elle fut conduite hier au soir par Louyse LECLERC, femme de Vincent CAILLETEAU le meusnier qui l’avait trouvée couchée dans le fossé où elle a accouché seule ».

 

14 octobre - Révocation de l’Édit de Nantes par Louis XIV.

 

22 novembre - Inhumation dans le chœur  d’Estienne DUPIN, âgé de 45 ans « prestre de cette paroisse, sieur de Pellidan, chapelain de Notre-Dame de la Tour-Dondon. »

 

1686

22 octobre - Mariage de Estienne JAMET et Perrine THOMAS dans la chapelle de Méan «Et sont les dits mariages inscrétés pour avoir manqué à les escrire en leurs rangs et ordre, à cause du trop grand travail en employ où j’estais» P. VINCE.

 

26 octobre - Inhumation d’un enfant d’un homme de Besné qui demeure dans ce bourg et qui est masson ( ?)

 

12 novembre - Nouvelles protestations de Pierre VINCE : «et sont icy insérés les dites nopces pour mestre oublié de les insérer en leur rang à cause du trop grand employ».

 

25 novembre - Inhumation dans le cimetière d’un homme inconnu qui se disait de Paris ou proche de Paris et venait de St-Jacques (de Compostelle).

 

27 novembre - Inhumation dans la nef de Guillaume BELLIOT de Nivillac décédé subitement en travaillant sur le pont de Monthoire.

 

1687

28 janvier - Dans la visite de Monsieur de LESRAT qui fut le 28 fut ordonné 50 sols pour être enterré dans le chœur et 30 sols dans la nef.

18 mai - Baptême d’une fille naturelle de Anne BOURDIC de St-Nazaire et de noble escuyer Louis de la MOTTE, sieur de Joue, chez qui elle était servante.

 

1688

5 janvier - Inhumation dans le chœur de Pierre MOYON, prestre originaire de la paroisse, ancien chapelain de St-Malo dans l’île de Guersac.

 

6 juin - Baptême de Françoise, fille illégitime de Janne CHEFDOTEL, (épouse de Noël GOURET) et de Messire Claude de la BOURDONNAIS, seigneur de Braz et autres lieux.

 

2 août - Dernier acte signé par Jan PONGÉRARD comme recteur.

 

7 octobre - Premier acte de Guillaume PONGÉRARD nouveau recteur de Monthoir qui arrive d’Arthon.

 

14 octobre - Inhumation de Michelle BERNIER, sœur du Tiers-Ordre  du Bienheureux Saint Dominique. C'est la première mention d’un membre d’un Tiers-Ordre.

 

                Pas de registre en 1689.

 

1690

Jean Gustave de Rieux vend sa vicomté de Donges à René de LOPRIAC pour la somme de 200 000 livres (E 443).

 

2 septembre - Premier acte rédigé par Macé COURONNE (1666- >1743), jeune vicaire de 25 ans originaire de St-Nazaire.

 

Pas de registres en 1691.

 

1692

9 janvier - Inhumation de deux hommes inconnus trouvés noyés à la côte.

 

28 mars- Baptême de Marie, fille illégitime de Janne GAUVAIN et d’un valet de monsieur de Reneguy de St-André.

C’est le troisième enfant de Janne GAUVAIN que l’on baptise ainsi, de trois pères différents. (Les précédents 16-04-1685 et 30-10-1687)

 

24 avril - Inhumation de Mathurin DESBOYS, chapelain de Méan.

 

1693

De 1693 à 1697 les feuilles de registres sont timbrées à 18 deniers.

Hiver 1692/1693 très froid

Printemps, été et automne froids et pourris

 

N’ayant pu opérer leur transfert à Nantes plus tôt, faute d’argent, les moines de Blanche-Couronne se heurtent maintenant à la mauvaise volonté de la ville de Nantes.

 

En juillet ordination sacerdotale de Jacques AOUSTIN et René CHAILLON qui deviennent vicaires de Montoir et chapelains, l’un de St- Joachim, l’autre de St-Joseph de Méan.

 

Hiver glacial.

 

1694

11 mai - Inhumation dans la chapelle  St-Joachim de Pierre VINCE qui en fut le premier chapelain.

 

1696

28 février - Mariage d’escuyer Louis Gilles DUMAS, fils de feu Claude seigneur du GREE, et de Charlotte de VAUGIRAUD originaire de Rieux, avec Janne de la BOURDONNAYE, veuve d’escuyer Denys DU COUDRAY seigneur de Tréveneuc.

 

3 mai - Inhumation d’Olivier THOMAS époux de Marguerite VALTON qui enseignait la jeunesse de cette paroisse depuis trois ans.

 

12 septembre - Aveu[2] de Joseph ROGON, seigneur de Crossac (et de Bratz) au vicomte de Donges où ses terres sont débornées ainsi : «la rivière qui conduit de Pontchâteau au pont de Monthoir, vers orient - vers occident et nord, les paroisses de St-André, Guérande, St-Lyphard, Missillac et aussi vers septentrion la paroisse de Pontchâteau et au midi la rivière qui conduit de Monthoir à sortir de la rivière de Loire». (C 111)

 

La décision est prise de reconstruire sur place l’abbaye de Blanche-Couronne qui tombe en ruines.

 

1697

12 août - Bénédiction d’une cloche nommée Estienne pesant 780 livres fondue à Nantes par le sieur VIAUD. Pour la confection de cette cloche on a utilisé la matière d’une autre plus petite, d’un poids de 400 livres qui avait été cassée et fêlée.

Au prix convenu avec le fondeur : 6 sols par livres pour la refonte et 20 sols par livre de matière ajoutée, on arrive à un total de 12 280 sols, soit, à 20 sols la livre, 614 livres. Le jour du baptême il reste dû au fournisseur 500 livres. 300 sont prélevées sur les deniers du général de la paroisse et 200 sont données par monsieur le marquis de Coemadeuc, vicomte de Donges seigneur de cette paroisse, qui a fait imposer ses armes sur la cloche. Dans les comptes il entre aussi, mais on ne voit pas très bien comment, 180 livres données au général par feu missire DUPIN qui est déjà décédé depuis 12 ans.

Certains documents indiquent que l’église de Montoir aurait été incendiée par la foudre soit en 1697 soit en 1698. Rien dans les registres ne laisse croire cela. Il ne semble pas y avoir de changement dans son utilisation pendant ces dernières années du siècle.

Peut-être est-ce seulement le clocher qui a été frappé. Dans ce cas cette cloche remplacerait celle abimée par l’orage. Elle aurait alors pu être installée dans le clocher reconstruit en partie, dit-on, avec des pierres du château Lorieuc.

 

Signature de la Paix de Ryswick, mettant fin aux guerres de la ligue d’Augsbourg.

 

1698

Juillet - Ordination sacerdotale de Ambroise TASSÉ.

 

1699

6 octobre - Mariage de Laurent VAILLANT, laboureur, de St Dolay, demeurant à Donges qui épouse Julienne MAHÉ de Fédrun où le ménage s’établit. Il y fera souche. C’est un cas assez rare à l’époque pour être noté.

 

 

CHRONIQUE DU XVIIIème SIÈCLE

 

 

De 1700 à 1750

 

Les registres paroissiaux, irrégulièrement tenus en 1700, font ensuite  complètement défaut pendant une bonne décennie. Les documents inventoriés en 1792 ont disparu depuis. Il ne nous reste qu’une année 1712 presque entière, 1715-1716 et janvier 1717. A partir de 1718 nous avons la collection complète.

Pour ce début du XVIIIème siècle il faudra nous contenter de quelques éléments d’Histoire nationale et régionale qui intéressèrent nécessairement nos Briérons de l’époque.

 

Cette période, couvrant la fin du XVIIème siècle et le début du XVIIIème, est une époque difficile pour la France et les Français à cause des guerres et des charges qu’elles imposent.

S’y ajoutent les méfaits d’un climat très dur comme cela apparaîtra ci-après. Chaque hiver la Loire est bloquée par les glaces, au moins pendant tout le mois de janvier.

Le fleuve s’ensable de plus en plus, ce qui limite le tonnage des navires montant à Nantes et nécessite le développement  de Paimboeuf, son avant-port.

Les premières années du XVIIIème siècle voient la reconstruction de l’abbaye de Blanche-Couronne.

 

1700

1er novembre

·          Mort du roi d’Espagne Charles II laissant par testament la totalité de la monarchie espagnole à Philippe, duc d’Anjou et petit fils de Louis XIV.

16 novembre

·         Louis XIV reconnaît Philippe V roi d’Espagne.

 

1701

Septembre - L’Angleterre, la Hollande et l’empereur d’Autriche forment contre la France la «Grande Alliance de la Haye».

 

1702

Début de la guerre de succession d’Espagne qui voit l’apparition de quelques corsaires nantais.

 

1703

22 janvier

·         Un terrible ouragan dévaste la région et ruine l’église de St-André (des-Eaux). Les Anglais menacent Belle-Île et le Croisic sans réussir à y débarquer.

    

1704

·         Jean-Baptiste de CHERTEMPS, époux d'Anne-Aimée de CARNÉ est vicomte de St-Nazaire.

Les Anglais s’emparent de Gibraltar.

 

1705

29-30 décembre

·         «L’ancien manoir noble de Boutteville est entièrement renversé de fond en comble par l’impétuosité d’un ouragan» (ADLA in 4° 637).

Ce terrible ouragan dévaste la région. Les dégâts sont importants : maisons et clochers ont souffert, de nombreux bateaux sont coulés dont 40 en rade de Paimboeuf. Les prés-marais sont inondés.

 

1706

14 mars

·         Décès de Jean-Baptiste de CHERTEMPS (Moret p. 257). Le nouveau vicomte de St-Nazaire est François-Joseph de BOISBAUDRY, époux de Perrine Françoise de CARNÉ.

 

 

 

1707

4 décembre

·         Décès de René DE LOPRIAC, vicomte de Donges (aveux du 17-03-1708). Le nouveau vicomte est son fils Jacques DE LOPRIAC.

 

1708

Les Anglais s’emparent des Baléares.

Bataille d’Oudenarde - Défaite de Vendôme devant le prince Eugène et Marlborough.

 

17 mars

·         Jacques DE LOPRIAC, marquis de COETMADEUC, fait la déclaration de ses revenus pour sa vicomté de Donges (Aveux B 1881).

Ce document n’est pas si détaillé que celui de 1683. On peut cependant y relever quelques renseignements intéressants. Ainsi :

Le grand moulin du Clos était affermé 230 livres. Celui de Grandes Isles, situé dans l’isle des Grandes Isles et celui de La Grée étaient affermés 250 livres chacun.

 

Au sujet du droit de coutume qui se prend aux ponts de Monthoiret de Méan, on note des précisions intéressantes :

«Toutes les charrettes qui sont du dehors de la paroisse qui passent chargées sur les dits ponts doivent chasque fois...quatre sols et six deniers»...«Mesme est deus au dit seigneur le dernier habit de chasque homme mort qui passent en charrettes sur les dits ponts pour estre enterrés dans l’église de Monthoir... ou la somme de quatre sols à l’option des héritiers du mort». Affermé 80 livres.

Ainsi ne payaient le droit de passage sur les ponts que les charrettes chargées et étrangères à la paroisse. Donc lorsqu’elles passaient à vide, elles ne payaient pas. Quant au fait que celles de la paroisse n’étaient pas taxées cela ne devait pas changer grand-chose car nous savons qu’il y en avait très peu. A Monthoir, sauf dans les métairies, les transports se faisaient essentiellement par voie d’eau.

Le prélèvement du dernier habit ou de 4 sols sur chaque mort passant en charrette sur les ponts, relevait du symbole, car les morts de Méan ainsi transportés devaient être peu nombreux.

D’ailleurs ce droit affermé 80 livres ne rapportait pas plus que le fermage d’un bon pré.

Si l’on considère que le fermier gardait une partie de la recette pour son paiement, on peut penser que quand il versait 80 livres au seigneur, il avait bien dû en encaisser 100.

Basons-nous sur ce chiffre et sur le fait très probable que la taxe n’était perçue qu’une fois pour les deux ponts. Cela donne : 100 livres à 20 sols = 2000 sols à 4,5 sols par passage = 444 charrettes chargées passant annuellement sur les ponts et empruntant donc, dans ce secteur, la grande route allant de Nantes à Guérande, arrondissons à 450.

450 passages annuels, cela fait en moyenne un peu plus d'un véhicule par jour.

Mais nous savons qu’au moins dans sa traversée de la prée de Monthoir, entre les deux ponts, cette route n’était en fait qu’une piste, ni chaussée, ni empierrée et inondée une partie de l’année.

On peut donc estimer que lorsqu’il était praticable ce chemin voyait passer 2 à 4 charrettes chargées par jour. Il est certain qu’il était beaucoup plus fréquenté par des gens à pied et par des convois de mules.

 

Le document mentionne les fermages de quelques prés pour une somme de 213 livres.

Le rôle du terme d’août qui se monte à 97 livres tournois

Le rôle du terme d’hiver, payable à Noël, soit 117 livres tournois

Le rôle des grains contenant :

          110 quarts de froment fort  (1 quart = 28 litres environ)

          248 quarts d’avoine grosse      

          279 quarts d’avoine menue

          3 deniers d’argent en espèces

Le tout payable au grenier du dit seigneur en la ville de Donges suivant l’apprésix de chaque année.

 

Le rôle des Cires montant à : 148 livres de cires- 2livres de pouésure- 4 livres de sucre

Payables par espèces ou suivant l’apprécix de chaque année.

 

Le rôle des moutons et autres espèces, comme suit :

          par 34 moutons francs, 5 moutons et 1/2 entiers

          40 chapons - 9 poules et 82 oueys (oies)

Payables à l’apprécix de chaque année.

 

Le rôle de la Guayne contenant par deniers 8 livres tournois

          6 quarts d’avoine grosse et 1 poule.

 

Autres droits du seigneur vicomte de Donges :

 

Il prend sur les hommes de la paroisse le devoir de 12 foulages sur ceux qui portent leurs toiles de lange à fouler à un autre moulin qu’à celui de la dite seigneurie.

Les hommes qui prennent du poisson en la rivière de Loire, esturgeon, morhe ou saumon doivent les rendre au seigneur qui pour chaque poisson, quel que soit sa grandeur, leur donne 5 sols.

Il prélève un droit sur tous navires, barques, bateaux et « vesseaux » qui entrent en la rivière de Loire et y déchargent. C’est le droit d’arrivage.

 

Appartiennent au vicomte les bateaux qui se brisent sur les rives de la vicomté.

 

Il prélève également des droits sur les successions des bâtards.

Il a droit de basse, moyenne et haute justice, donc de punir les délinquants et mal facteurs corporellement et jusqu’à l’extrémité de mort par feu et autrement et de leur confisquer leurs biens.

Droit de création de tout officier pour le service de la vicomté.

Droit de tenir mesures à bleds et à vins et d’interdire l’usage d’autres mesures dans sa vicomté et divers autres droits féodaux.

 

1709

L’hiver 1708/1709 est terrible et calamiteux. Il commence par un grand coup de froid de 10 jours du 15 au 25 décembre. Pendant trois semaines du 7 au 27 janvier souffle un grand vent de nord-est accompagné de chutes de neige et de températures voisines de -20°. De nombreux oiseaux en sont victimes.

Après un radoucissement de quatre semaines, les températures retombent à -20° du 22 février au 3 mars, avec vent brûlant. La neige fondue pendant le redoux ne protège plus les céréales. Froments et seigles sont grillés.

Les paroisses rurales de la région voient de nombreux arbres geler: pommiers, châtaigniers, pins, noyers.

Montoir possédant peu de ces espèces n’en est pas tellement touchée. Par contre elle souffre beaucoup du gel des arbrisseaux sauvages: houx, aubépines, ronces, ajoncs, genêts, bruyères qui ne fleurissent donc pas cette année-là. Les abeilles privées de leur butin meurent de faim et il n’y a pas de miel.

Pas de fleurs, donc pas non plus de fruits. Privés de mûres et de prunelles les oiseaux survivants se jettent sur les moissons qui n’ont pas besoin  de cela.

En effet à la suite du gel des céréales d’hiver, on a réensemencé en mars-avril. L’espoir revient car le climat du printemps est particulièrement propice et une merveilleuse récolte s’annonce. Malheureusement l’été est pourri. A partir de la St Jean des pluies persistantes amènent des maladies. La rouille se met dans les céréales.

La récolte est donc bien compromise quand les pluies d’août, au moment des moissons, achèvent de la détruire.

Pas de céréales, pas de millet, seule la récolte de blé noir est passable. Et les prix s’envolent évidemment.

Les vignes ont gelé et les ceps rescapés voient leurs raisins couler avec les pluies. Tous les choux sont gelés et les pluies font pourrir beaucoup de foin. Les bestiaux en souffrent terriblement et beaucoup meurent de faim (APHRN N° 40).

 

C’est en cette année 1709 que le Père de MONTFORT séjourne dans notre région. S’il ne vint pas à Montoir, l’impact de son passage dans la région fut tel qu’il faut en parler.

Au début de l’année il arrive à Campbon. Prêchant la Mission, il y commence l’œuvre d’assainissement des églises jusqu’alors utilisées pour les sépultures, et en refait des lieux de prière respectés, propres, et ornés. En avril et mai il est à Pontchâteau. En juin à Crossac. Le 22 septembre il clôture la Mission de Besné et le 2 décembre celle de Missillac. Il prêche encore à Herbignac, Assérac, Camoël.

Entre temps il a entrepris l’érection d’un calvaire monumental sur la lande de la Madeleine à Pontchâteau. Celui-ci terminé l’évêque de Nantes en fixe la bénédiction au 14 septembre 1710, mais la veille de la cérémonie il fait parvenir l’ordre de ne pas y procéder. Montfort part pour Nantes à pied, voit l’évêque mais ne peut le fléchir. En 24 heures il a fait l’aller et retour.

Les jansénistes dont il a combattu la doctrine et aussi sans doute le baron de Pontchâteau, duc de Coislin et de la Roche-Bernard, évêque de Metz, qu’il n’a pas épargné lors de ses missions, faisant sortir de l’église les pierres funéraires de sa famille, se vengent ainsi.

Ils font mieux en persuadant le roi que le calvaire pourrait éventuellement être transformé en forteresse par les Anglais. Louis XIV ordonne sa destruction.

 

9 août

·         Acte de réédification à Trignac d’une chapelle sous l’invocation de la Vierge, avec le concours de la plupart des habitants qui donnent chacun une parcelle de terre en garantie d’une rente de 45 livres pour le prestre chapelain.

Celui-ci a l’obligation de célébrer la messe le dimanche et les jours fériés du 1er novembre au 1er mai en raison du débordement des eaux.

Un fonds de 10 livres de rente est constitué pour l’entretien des lieux.

Cette chapelle remplace un ancien édifice dédié à Notre-Dame (de Tiliniacum), relevant du prieuré de Donges et détruite avant le XVIème siècle.

La nouvelle chapelle sera construite en 1711 après autorisation épiscopale du 17 février de cette année. (Pouillé).

 

1710

La récolte s’annonce prime et abondante mais un ouragan le jour de la Ste Anne (26 juillet) et un terrible orage le 2 août gâchent tout.

Avec les guerres les impôts s’accroissent.

Création du «Dixième», véritable taxe sur le revenu.

 

1711

17 février

·         Autorisation épiscopale pour la construction de la Chapelle de Trignac (voir acte du 9 aout 1709). Exécution des travaux.

 

23 octobre

·         La guerre de succession d’Espagne bat son plein. Un corsaire hollandais de Flessingue[3] vient jeter l’ancre par grosse mer devant la plage de La Baule. Hubert LEBEAUD du Croisic, avec une quarantaine de marins se lance à l’abordage du navire dont il se rend maître. Le capitaine a péri dans le combat.

Vendu à Nantes le bâtiment navigua par la suite sous pavillon français. Les marins l’appelaient « Le Flessingois. » (Moret)

Cette année les paroisses ont été soumises à une contribution extraordinaire à titre de participation aux travaux de réparation des ponts de Pillemis (Pirmil) (Moret 263).

 

1712

Nous avons  le registre paroissial allant du 6 février au 28 novembre.

Cette année la récolte est très moyenne.

 

29 novembre

·         «De 15 à 16 H, poussée par un ouragan d’une violence exceptionnelle, l’eau de l’Océan s’éleva de deux mètres au-dessus du niveau des plus hautes mers normales. Toutes les prairies bordant l’estuaire de Méan à Donges furent désastreusement submergées» (Moret p. 267).

 

1713

13 janvier

·         Le treizième jour de janvier 1713 a été par moy baptisée Janne, fille de Guillaume EVEN et de Louise JEHAN, du village de Caloyau paroisse de Montoir,m’ ayant dit qu’ils ne pouvaient passer à Montoir à cause du temps mauvais et que l’enfant pressait. Je l’ay baptisé. A été parrain Jan EVEN, son oncle, et marraine Marquise MAHÉ, sa grand-mère, qui ne signent.  (Registre de Donges)

Il était en effet plus facile pour les gens de Caloyau de joindre Donges par Boisjoubert ou par Revin que le bourg de Montoir surtout quand le voyage en chaland était rendu dangereux par la tempête.

 

27 Juin

·         Perrine ROUSSEAU de Penhoët est baptisée à St Nazaire. Elle n’a pu être portée à Montoir «à cause de l’incommodité du temps et des eaux». Le pont de Méan est rompu.

 

Signature du Traité d’Utrecht mettant fin à la guerre avec l’Angleterre.

 

1714

Signature du Traité de Rastadt avec l’Autriche.

La guerre terminée, les troupes licenciées se répandent dans le pays. Dans notre région on signale de «grandes voleries».

 

René de LOPRIAC est vicomte de Donges, héritier collatéral de Jacques de LOPRIAC son frère ainé qui était lui-même l’héritier de leur père René de LOPRIAC, conseiller du Roy au Parlement de Bretagne.

 

24 juillet

·          - Aveu par Maurice de GUISCHARDY, « chevalier seigneur de Martigné, président aux enquêtes du Parlement de Bretagne, demeurant ordinairement en son bossel de Rennes, rue des Foulons, pour ses terres de Martigné, Chevigné, l’Angle Casso, La Héronnais, Boutteville, Vieux Pont, dans les paroisses de Donges, Montoir, St-Nazaire, La Chapelle-Launay et Prinquiau qu’il tient en fief et juridiction, de basse et moyenne justice de messire René de LOPRIAC, chevalier seigneur marquis de Couëtmadeuc, conseiller au Parlement de Bretagne et de dame Judic Hiéronyme ROGON, sa compagne et sa curatrice. »

Le seigneur de Martigné tient ses biens de la succession de son oncle paternel, Maurice de GUISCHARDY, gentilhomme ordinaire chez le Roy, décédé le 24 octobre 1684 à St-Vincent de Nantes.

De ce document très détaillé (ADLA in 4° 637) retenons certains points :

-     La paroisse de Donges était complètement isolée par les marais qui la cernaient. Pour y pénétrer deux passages assurés par des bacs. Le passage de la Guesne au nord appartient au vicomte.

-     A l’est le passage de Martigné, près du village de Vieux-Pont appartient bien sûr au seigneur du dit lieu qui est obligé d’y entretenir deux bateaux : une grande charrière pour les carosses, chaises, charrettes, harnois et marchandises et un bateau plus petit pour les cavaliers et gens de pied.

-     Pour l’entretien de ces embarcations le seigneur de Martigné perçoit chaque année au terme de my-aoust, sur chaque feu de l’île d’Assac, un quart de froment beau et bon, pur et net, loyal et marchand, mesure de Savenay.

 

-     «Le droit de disme de Martigné situé dans la paroisse de Montoir consiste dans deux vingt-septièmes d’herbe, de tous vins et d’agneaux. Il se partage tant avec le Scholastique de Nantes qui, suivant la fondation de son bénéfice doit entretenir une école au bourg de Montoir pour l’instruction et l’éducation de la jeunesse aux œuvres de piété, faute de quoi sa portion de la dite disme doit lui être refusée, qu’avec le recteur de Montoir et autres décimateurs de la dite paroisse, qu’avec le seigneur de Martigné. C’est à dire que de 27 portions de toutes choses, grains, vins, agneaux, il appartient 2 au seigneur de Martigné».

 

-     A noter aussi une chose curieuse. Il y avait dans l’île de Méan, du côté de Savine, un pré dit «tenue des Malcordes» « cernoyé de ses douves » tout autour en ovale et serpentant, contenant 16 hommées de faucheur qui font onze journeaux, mesure de coutume. «Sur cette tenue des Malcordes il était dû à la Seigneurie et Juridiction de Martigné le nombre de six quarts de basse-pierre, perce-pierre ou Saxifrage, bonne, loyale et marchande, mesure comble de Montoir, rendue dans le mois de juin dans le lieu noble de Martigné, sinon la somme de 100 sols monnaie».

-      

1715

26 février

·         Érection de Ste-Reine (-de-Bretagne) en feuillette[4] et succursale de Pontchâteau.

 

3 mars

·         Bénédiction du grand cimetière sis au milieu du bourg par Barthélémy Joseph DE VERTHAMON, recteur de Monthoir.

 

1er septembre

·          Mort de Louis XIV. Début de la Régence de Philippe d’Orléans, conseillé par l’abbé DUBOIS.

 

 

1716

8 janvier

·         Décès de Perrine MARTIN, 30 ans, supérieure des sœurs de St-François.

 

25 décembre

·         Érection de la Chapelle des Marais en succursale de Missillac. Armand de Béthune d’Orval devient abbé de Blanche-Couronne.

 

1717

Le registre de janvier est le seul pour cette année.

 

1718

A partir du début de cette année existe la collection complète des registres paroissiaux.

 

1719

C’est au courant de cette année que les moines quittent le prieuré St-Jean-Baptiste de St-Nazaire. La chapelle est fermée.

 

13 septembre

·          A St-Nazaire : «Pour obvier à la contagion qui se forme dans notre église qui est pleine de cadavres, il est prescrit d’enterrer à la chapelle N. D. d’Espérance».

·         Au Croisic : «En raison des mauvaises odeurs constatées dans l’église N. D. de Pitié, les sépultures y sont supprimées».

 

1720

22 avril

·         Décès de Jan BRUNEAU, 39 ans, vicaire de cette paroisse et fermier des chapellenies de Bratz et de Coétion.

9 novembre

·         Décès de Janne BERTHO, 60 ans, native d’Herbignac et cherchant son pain dans cette paroisse depuis plus d’un an.

 

1722

27 janvier

·         Mariage de Julien JOUNYN, sénéchal de Besné avec Perrine THOMAS.

 

22 avril

·         Inhumation de Martin MEUNIER, époux de Françoise JANVIER de "St-Paire-en-Rès". (sic)

 

1723

Février - Louis XV est proclamé officiellement majeur.

Décembre - Mort du duc d’Orléans - Le duc de Bourbon devient premier ministre.

 

1724

3 février

·         Baptême de Joseph BECCARD, né le 30 janvier à Guersac, mais gardé à la maison à cause de l’incommodité du temps et des eaux.

 

1726

Année d’une grande stérilité.                                        

27 janvier

·         Macé COURONNE, vicaire de Montoir, quitte la paroisse et prend possession de la cure d’Escoublac.

 

Exil du duc de Bourbon, Fleury devient premier ministre.

 

1727

14 avril

·         Baptême de Pierre DEPRESSEAUX, fils d' escuyer Sigismond et de Thérèse MAHUS, depuis quelques jours en cette paroisse.

22 octobre

·         Mariage de Guillaume BARBE, sieur de la Raisnaye, notaire et procureur de la vicomté de Donges, avec Louyse VIAUD. Ils légitiment leur fille née le 6 avril.

 

1728

10 juin

·         Décès de François TASSÉ, prestre de cette paroisse.

 

9 août

·         Mariage de Louis François DE K’POISSON, chef de nom et d’armes, chevalier seigneur de K’allant, d’Escoublac avec Marie TASSÉ, fille de feu Maurice, sieur du Pont.

 

25 novembre

·         Décès de Pierre BROBAND, prestre de cette paroisse.

 

1729

Le nouvel abbé de Blanche-Couronne est Daniel II.

 

1732

7 octobre

·         Inhumation de Maurice HALGAN, prestre de cette paroisse.

13 décembre

·         - Décès de Jean DULOC, vicaire de cette paroisse.

 

1733

Début de la guerre de succession de Pologne.

 

Novembre - Pierre MORAUD devient Recteur de Montoir.

 

1734

Juillet - Décès de René de LOPRIAC. Le nouveau vicomte de Donges est Guy Marie de LOPRIAC.

 

Décès de François -Joseph de BOISBAUDRY - Son épouse Perrine-Françoise de CARNE est donc seule propriétaire de la vicomté de St Nazaire.

23 juin

·         Inhumation dans la chapelle de St-Joachim de Estienne PÉZERON, chapelain d’icelle.

 

1735

6 août

·         - Inhumation devant l’autel de la Ste Vierge de Claude FRESLON (1680-1735), chevalier seigneur de la Freslonnière, le Boisbriand, Lacoret, Branférée, et autres lieux, époux de Marie,Anne, Aimée, Alexandrine ROGON dame des terres, fiefs et seigneuries de Bratz, Trégonneau et autres lieux.

 

29 novembre

·         Prise de possession du prieuré d’Esne par le procureur de Louis GRISARD, prieur du collège des Prémontrés de la rue Haute- Feuille à Paris, docteur en Sorbonne.

Ce procureur est dom Augustin PERRAUD, prestre de l’abbaye de Villeneuve, ordre de Citeaux. Il entre dans la chapelle, prend de l’eau bénite, prie devant l’autel qu’il baise ensuite, sonne la cloche.

Il va à la maison du prieuré, ouvre et ferme la porte, fait du feu et de la fumée. Dans la tenue il remue la terre, casse du bois, arrache de l’herbe.

En présence de messire Pierre TRÉMAN et de messire François Michel MOUSSET de Grand Meny, prestre desservant le dit prieuré et demeurant dans la paroisse de Montoir. (H 79)

 

20 décembre

·         Inhumation dans la chapelle St-Malo, de son chapelain Pierre AOUSTIN.

 

Construction du château de Bélébat.

 

Traité de Vienne : fin de la guerre de Succession de Pologne.

 

1736

5 mai

·         Le charpentier GUIBERT de Nantes, après avoir fait la visite de la chapelle du prieuré de Donges dont la couverture et la charpente menacent de s’effondrer, estime le devis de réparation à 2 000 livres.

FERNEX, prieur titulaire de N. D. de Donges écrit à Msr le comte de Clermont, abbé commendataire de l’abbaye de Marmoutier. Il lui explique :

"L’église du prieuré de Donges bâtie à l’embouchure de la Loire, en bordure de la mer est exposée aux grands vents qui la désolent tous les ans à cause de sa trop grande hauteur et de son étendue qui la font ressembler à une église de paroisse quoiqu’elle ne soit qu’une simple chapelle de prieuré où l’on ne célèbre que trois messes par semaine où n’assistent guère que les gens de la ferme".

Les revenus du prieuré étant trop modiques pour supporter les réparations, le prieur demande la permission :

-     soit de faire abattre cette église et de construire à sa place une chapelle de grandeur raisonnable qui sera moins exposée aux grands vents.

-     soit de conserver le chœur, assez grand pour servir de chapelle, et de faire abattre la nef sur l’emplacement de laquelle on pourrait faire un cimetière ou un enclos pour empêcher les bestiaux d’entrer dans l’église quand elle est ouverte.

 

3 septembre

·         Accord de l’abbé pour détruire la chapelle et la remplacer par une plus petite de 30 à 40 places. (H 134)

 

1737

9 décembre

·         Inhumation dans l’église de Montoir de Joseph DE L’ESTOURBEILLON, veuf de Renée DUPAS, chevalier seigneur de Boisjobert, la Motte-Alleman, major général garde-coste  de la capitainerie de Monthoir. Décédé dans sa maison noble de Boisjobert à Donges.

 

28 décembre

·          Ce jour par devant Me ALLAIRE, notaire de la vicomté de Donges, à Crossac, ont comparu en personne 210 habitants de la paroisse de Montoir, tous désignés nominativement sur l’acte ; soit 95 de Grandes Isles, 22 de Mazain, 45 de l’île d’Aignac et 48 de celle de Fédrun où ils demeurent séparément «Lesquels nous ont par le présent acte déclaré sans sujection, ni violence, ni crainte mais d’une pure et libre volonté, donner à Missire René THUAUD, prêtre, la somme de 150 livres de pension par chaque année tout en si long temps qu’il demeurera dans l’île de St-Joachim, paroisse de Montoir, tant pour les services qu’il leur a rendus qu’à condition qu’il dira à leur intention et de leurs parents et amis trépassés, une messe tous les dimanches et festes gardées de l’année dans la chapelle de St-joachim située dans la dite isle, à l’exception des dimanches et fêtes qu’il n’est pas permis de célébrer la messe dans les chapelles particulières par les statués de monseigneur l’évesque de Nantes. Et pour dire les dites messes, le dit sieur THUAUD se servira du calice et des ornements qui sont aux dits habitants des dites isles et qu’ils ont acheptés de leurs deniers pour faire dire des messes dans la dite chapelle à leur volonté.

A l’endroit a comparu devant nous dits, notaires, le dit sieur THUAUD demeurant en la dite isle de St-Joachim, paroisse du dit Montoir, lequel a accepté le dit Don et pour cet effet s’oblige de dire à l’intention des dits habitants, la messe dans la dite chapelle de St-Joachim tous les dimanches et fêtes de l’année à l’exception des jours défendus, tant qu’il demeurera dans la dite isle, au moyen de quoi les dits habitants ci-devant dénommés s’obligent de payer au dit sieur THUAUD, la dite somme de 150 livres par chaque année de 6 mois en 6 mois  à  commencer le premier paiement de ce jour en 6 mois et ainsi continuer à l’avenir par les années et termes comme ils échoiront, et ce sur tous leurs biens meubles et immeubles présents et futurs ensemblement et solidairement les uns pour les autres et un d’eux seul pour le tout sans division de biens ni de personnes.

Ce promis, juré, obligé, renoncé, jugé, condamné, fait et consenté en la dite isle de St-Joachim en la demeure de Jacques VINCE sous les proches fiefs de notre juridiction.»

 

Suit la liste de tous les signataires : 109 savent signer. Ils le font pour eux et pour ceux qui ne le savent pas. (E XI 45)

 

Pourquoi ce nouvel acte officiel, alors que la chapellenie existe depuis 60 ans ?

Les fondateurs sont disparus. Les revenus rentrent peut-être mal. La population a augmenté et le service assuré par un chapelain résidant à Montoir n’est peut-être pas très régulier.

Le prêtre René THUAUD, qui n’est pas un enfant du pays a sans doute exigé cet engagement solennel de tous les foyers pour s’installer à demeure à St-Joachim. Il ne semble pas qu’il y resta bien longtemps. François VINCE qui a été ordonné prêtre quelques jours avant la signature de cet acte le remplace rapidement.

Dix ans plus tard l’érection de St-Joachim en succursale de l’église paroissiale assurera la présence permanente de deux prêtres.

 

1738

27 mai

·         Mariage de Joseph CHARPENTIER, brigadier des employés des fermes du Roy fils de Charles, ingénieur de St-Vast, diocèse de Cambraye avec Julienne GRIVAU fille du capitaine de navires Julien GRIVAU.

 

5 octobre

·         Délibération du Général de St-Nazaire (Moret p. 285) :

«Il faut adresser une requête à nos seigneurs des Etats de cette province de Bretagne, assemblés  en la ville de Rennes, pour les suppliyer de voulloir bien ordonner que le dit pont de Méan sera incessamment rétably par la province, attendu la nécessité d’iceluy pour l’utilité et service public de presque tout le territoire de Guérande dont cette ditte paroisse fait partye, et que l’on n’y peut passer sans risquer sa vie, en l’estat quil est»

 

1739

16 janvier

·         à 10H30 du matin la foudre tombe au moment de l’élévation sur l’église de St-Nazaire qu’elle découvre presqu’entièrement ainsi que le clocher dont la croix est fondue (Moret p. 235).

 

1740

Début de la guerre de succession d’Autriche.

Belle période des corsaires nantais (Crabosse, Vie Cassard)

 

9 novembre

·         Baptême de Jean Charles CHARPENTIER, cérémonie faite en la chapelle St-Joseph, et Inhumation de Pierre RIVAUD dans le cimetière de la chapelle de Méan, à cause de la mauvaise situation du pont de Méan.

 

1741

11 janvier

·         Baptême de Marie-Anne MASSÉ dans la chapelle de Méan à cause de la ruine du pont du dit Méan.

 

17 avril - Décès à l’âge de 72 ans de Me Guillaume MOYON (1669-1741), capitaine de la milice bourgeoise de la paroisse. Sénéchal de Heinleix et autres lieux. Doyen des notaires. Procureur de la vicomté de Donges.

 

11 juillet – Réformation du rôle rentier. Déclaration de Joseph FRESLON chevalier seigneur de la Freslonnière, Branféré, de la juridiction de Bratz, Trégonneau, Chateaulou, K’cabor, La Pasclais en Méan et autres lieux (E 1364).

 

1742

Pierre MASSÉ, fils de François et Perrine BECCARD de Méan, est mort cette année sur « L’Achille ». L’inspecteur de l’Inscription maritime a noté sur son registre : «n’a fait qu’un seul voyage. Ai accordé son permis afin de ne pas rebotter les Briérons» (M 38 201).

 

1744

30 avril

·         Décès de Estienne MARTIN, prestre de cette paroisse.

 

22 novembre

·         Le Général de St-Nazaire : «considérant que pour la facilité du commerce et la commodité des voitures et des voyageurs, il est nécessaire qu’il soit fait une chaussée solide à commencer du pont de Méan et conduire au bourg de Monthoir, aux conditions qui suivent :

-     1) Que le fond de la chaussée sera estably pronfondément, attendu que le fond du terrain sur lequel elle sera construite est formé d’une terre grasse et extrêmement humide, il est nécessaire d’en porter les fondements à une profondeur convenable et même de faire paver la ditte chaussée pour en prévenir et empêcher l’asolement et la destruction.

-     2) Que nos seigneurs des Estats emploieront leur crédit pour obtenir un arrêt du conseil qui authorise cette construction dans cette forme et règle.

-     3) Que les appointements de l’ingénieur qui dirigera l’ouvrage, les arches qu’il sera nécessaire d’établir en différents endroits et le pavé de la ditte chaussée (sans quoi l’ouvrage ne pourrait s’establir ni subsister) seront sur le compte et aux frais de la province.

-     Le Général de cette paroisse requère et consent de contribuer par corvée pour avancer la construction de cet ouvrage, parce que les paroissiens de Batz, Le Croisic, Guérande, Escoublac, Monthoir et Donges auxquels cette chaussée est d’autant et encore plus utile et nécessaire qu’au général de cette paroisse y contribueront aussi par corvée, et parce que le sieur PAYEN DE TREVIDAL, député de Guérande aux États de la province, voudra bien remontrer que les habitants de Batz, Croisic et Guérande, par le passage de leurs mules sont ceux qui ont le plus besoin de cette chaussée, qui sont capables de l’endommager, et par conséquent, ceux qui doivent plus contribuer à la construction d’icelle»   (Moret)

 

1745

11 mai - Victoire de Fontenoy.

 

13 mai

·         Décès de Françoise ROTHOUX, supérieure du Tiers-Ordre de St Dominique.

 

Cette année le vieux et mauvais pont de bois de Méan a été remplacé par un pont en pierre avec trois arches.

«Le seigneur de Donges a cessé de percevoir les droits de péage parce qu’il a refusé de participer à la reconstruction» (Moret 284).

 

1746

Claude DAVID de Fesdrun quitte la navigation parce qu’il a des enfants imbéciles.

 

1747

18 février

·         Le premier registre de 20 feuilles est adressé par le Présidial de Nantes pour "enregistrer les baptêmes, mariages, sépultures de la paroisse de St-Jouasin et de Ste-Anne, fraisrette de Montouar."

 

18 juin

·         «Le 18ème jour de juin 1747 furent par nous Recteur soussigné, faistes les bénédictions des fonds et cymetière de la succursale de St- Joachim en Monthoir, en présence des soussignés et autres qui ont dit ne savoir signer de ce interpellez»

F. VINCE prêtre vicaire       Félix HEMERY prêtre vicaire        MOREAU recteur de Monthoir

 

12 juillet

·         Premier baptême célébré dans la chapelle de St-Joachim, celui de Jacques MOYON, fils de François avec Denise MOYON de Fesdrun.

 

23 juillet

·         Première inhumation notée sur le registre de St-Joachim, celui d'Anne PHILIPPE, épouse de Pierre OLLIVAUD de Mazin.

 

Au cours d’une mission prêchée à Pontchâteau, le père AUDUBON, mulotin, entreprend la reconstruction du calvaire et d’une chapelle. L’action des jansénistes dont l’influence s’étend jusqu’à la cour, réussit à faire stopper les travaux à la fin de l’année suivante.

 

1748

6 février

·         Premier mariage porté sur le registre de St-Joachim: celui de Guillaume VINCE, fils de Pierre et Hélène MOYON avec Marie MAHÉ, fille de Jan et Marie DUPIN.

 

26 septembre

·         Décès de Joseph SANTERRE, 48 ans, vicaire de cette paroisse.

 

Traité d’Aix-la-Chapelle - Fin de la guerre de Succession d’Autriche.

 

15 novembre

·         - Fondation à St-Joachim de la confrérie de la Sainte Vierge et du Saint-Rosaire, par Jacquette TRÉMAUDEUC de Fesdrun, fille de Raoul et Jeanne MAHÉ, née le 28 octobre 1692. Elle mourra le 25 décembre 1766. Sœur du Tiers-Ordre de saint François.

L’acte de fondation est passé ce 15 novembre après-midi au Bas-Paimboeuf, paroisse de Ste Opportune en l’étude de Me BOULLIN, notaire royal et apostolique.

Jacquette TRÉMAUDEUC qui a alors 56 ans y déclare :

 

«Qu’elle a de tout temps une dévotion à la Ste Vierge Marie et au Saint Rosaire, pourquoi elle désire, si c’est le bon plaisir de Monseigneur illustrissime et révérendissime évesque de Nantes, de messire Marie Joseph FRESLON, chevalier seigneur de la Freslonnière, de Bratz et autres lieux, conseiller au Parlement de Bretagne, du sieur Recteur de la ditte paroisse de Monthoir et des notables habitants de la ditte succursale de St Joachim, fonder comme se fait et se fonde à perpétuité, une confrairie sous le nom et invocation de la Ste Vierge et du St-Rosaire pour estre à l’avenir desservie à un autel qui sera pour cet effet faite en la ditte chapelle de Ste-Joachim à l’endroit qui plaira à mon dit seigneur évesque de Nantes et des susnommés, parce qu’il sera dit et célébré une messe chantée tous les premiers dimanches de chaque mois, également que les jours de la Vierge. Qu’il sera fait une procession les dits jours, sur les 3 à 4 heures de l’après-midi à laquelle sera chanté les litanies de la Ste Vierge et les oraisons accoutumées d’être dites en pareil cas. Et pour le service de laquelle fondation, la dite TRÉMAUDEUC déclare céder et abandonner à jamais, à l’endroit nommé les Grandes Isles en la ditte paroisse de Monthoir, 11 sillons de terre en contenant 7 et une raye, mesure de gaulle, suivant qu’ils sont débornés par le contrat d’acquets fait par la dite TRÉMAUDEUC d’avec Pierre VINCE le 14 septembre 1745... pour la somme de 210 livres de principal...En outre promet la ditte TRÉMAUDEUC de faire bastir incontinent l’acceptation de la dite fondation, deux boutiques qui seront couvertes de thuiles à ses propres fonts et dépens afin de faire un revenu à ycelle. Laquelle batisse, elledéclare, pour pouvoir fixer les droits de contrôle et insinuation, pourra couster la somme de 200 livres environ sans que la ditte déclaration puisse préjudicier à sa bonne volonté ni l’astreindre à faire plus de dépenses qu’elle le juge à propos.

Et pendant que la ditte TRÉMAUDEUC vivra, elle desservira la ditte fondation et jouira du terrain dont est ci-devant mention et questra pour l’entretien du dit Rosaire. Et après son décès le dit bien sera mis au bail aux plus offrants et derniers enchérisseurs, parce que cependant les parents de la ditte TRÉMAUDEUC auront la préférence

...Elle s’engage à payer les droits sans qu’il puisse en rien coûter au chapelain qui desservira le dit Rosaire...

...Il est convenu qu’en cas de décès de la ditte fondatrice, avant que la batisse des deux boutiques soit faite, elle consent que tous ses meubles soient vendus pour que les deniers en provenant soient employés à la ditte batisse...Promis juré.»

 

En cette année 1748 une cruelle épidémie s’abat sur la région. Montoir est touchée d’avril à novembre, mais St-Joachim n’est atteinte que pendant les 3 derniers mois de l’année.

Ce sont les enfants en bas âge qui sont victimes. Ils représentent 80% des morts pendant cette période et même 90% à St-Joachim… il s’agit donc bien d’une épidémie enfantine et venue de l’extérieur.

 

De 1750 à 1789

 

1750

31 août

·         Décès à St-Joachim de Pierre MAHÉ, vicaire de Montoir.

 

30 novembre

·         "Le 30ème jour de novembre 1750 fut présentée par noble homme Pierre VINCE, capitaine de vaisseau marchand, une négresse lui appartenant, âgée d’environ 21 ans pour être baptisée. Laquelle nous a répondu après l’avoir interrogée, qu’elle voulait embrasser la religion apostolique, catholique et romaine, ce que nous lui avons octroyé ce jour, environ les 10 heures et demi du matin. Ont été parrain le sieur Pierre VINCE, fils et marraine demoiselle Pétronille VINCE qui lui ont imposé le nom de Marie Angélique. En présence des sieurs Pierre VINCE, Estienne HALGAN, Jacques LERAY, et plusieurs autres qui signent et n’ont signé.

La cérémonie faite par nous recteur."

Signataires :

Moreau recteur, E. Halgan, Cavaro, Leray, Vince Pétronille, Noël François, Pierre Vince.

 

1751

Dans la nuit du 14 au 15 mars un furieux ouragan dévaste la région. L’église de St-Nazaire subit des «dégâts extraordinaires».

                

8 décembre

·         Inhumation d'Anne DERVE, épouse de Jean HALGAN de Guersac, trouvée morte dans une chaloupe depuis plusieurs jours.

 

Jean HALLIE de Méan, âgé de 34 ans est en prison à Léogane pour avoir tué un matelot nommé CADIET. Il y mourra. (M 40 183)

Les récoltes de l’année ont été déplorables ce qui va créer une situation difficile au printemps suivant. (Moret 292)

 

1752

Joseph GOURET, 22 ans, fils de Julien et Catherine BROUSSARD est condamné à mort aux Isles.

 

27 juillet

·         Ordination sacerdotale de Pierre RABAS (1727-1801) nommé chapelain à St-Joachim.

 

Cette année 1752 on se préoccupe des gens particulièrement nombreux qui sont dans la misère. Des notes sont envoyées aux paroisses recommandant le riz cuit comme la substance la moins coûteuse pour secourir les nécessiteux. On donne diverses recettes dont celles-ci :

1ère recette  : Là où le lait est rare : 3 livres de riz bien lavé dans plusieurs eaux, 12 pintes d’eau, 1/2 quarteron de sel, 2 onces d’huile de noix ou d’olives, une pincée de poivre.

2ème recette : Là où le lait est commun : faire cuire le riz dans 12 pintes de lait ou de lait et d’eau mêlés.

3ème recette : Là où il n’y a ni lait ni huile : Faire cuire le riz dans l’eau pure en augmentant un peu la dose de sel et de poivre pour en relever le goût.

Crème de riz pour la nourriture des malades : Écraser le riz en farine que l’on fait cuire dans l’eau jusqu’à consistance d’une bouillie. Laisser refroidir pour mélanger selon besoin dans du bouillon.

Il y a aussi une méthode pour faire de la soupe au riz pour 50 personnes et une autre pour nourrir 70 personnes pendant 24 heures avec 10 litres de riz, 10 livres de pain et 10 pintes de lait. (C 183)

 

1754

25 novembre

·         Mariage de Messire François Alexandre GOUERE, fils de feu Charles, chevalier seigneur de K’dima, et de Louise Julienne DUMAZ avec Rose DE BESNE, veuve de mes. François Alexandre LE COUTELLIER, chevalier seigneur de Penhouët.

 

·         J. B. Elie Camus de Pontcarré, époux de Louise Françoise CAMUS de La Guibourgère, devient vicomte de St-Nazaire.

 

1755

Janvier - Joachim MAHÉ devient chapelain de St-Joachim.

 

Début de la réfection complète de la route reliant St-Nazaire à Guérande. Les travaux devaient durer 10 ans. (Moret p. 299)

 

1756

24 janvier

·         Inhumation à St-Joachim de Jean HALGAN, époux de Louise MAHÉ, trouvé noyé sur les terres de Me DE KERGUISE qui n’a fait aucune poursuite attendu qu’on ne l’a vu disputer avec personne.

 

4 mai

·         - Décès à 70 ans de Julien VINCE, prestre chapelain de la chapellenie de St-Malo en Guersac.

 

15 août

·         Un arrêt de la Cour assujetti les habitants des paroisses de Montoir et de Donges à réparer le chemin d’Aignac qui conduit en Brière chaque fois qu’il en serait besoin.

La généralité des habitants de Donges renonce à leurs droits de passer sur la chaussée d’Aignac et d’aller couper des mottes en Brière, plutôt que de participer à l’entretien de la chaussée. (C. 111)

 

31 octobre - Décès de François VINCE, vicaire à St-Joachim.

 

Octobre - La Prusse envahit la Saxe - Début de la Guerre de Sept ans. La France déclare la guerre à l’Angleterre.

 

Le duc d’Aiguillon a fait construire les deux premiers phares à St- Nazaire, la Tour du Commerce et celle d’Aiguillon.

 

 

 

1757

1er mai : Traité de Versailles entre la France et l’Autriche contre la Prusse et l’Angleterre. Alliance de dupes impopulaire en France.

 

28 mai

·         « Le 28ème jour de may 1757 nous a été présentez à nous Recteur soussigné, de la part de noble homme Pierre VINCE, capitaine de vaisseaux marchands, un naigre luy appartenant, âgé d’environ 12 à 13 ans pour être baptisé, lequel nous a répondu après l’avoir interrogé qu’il voulait embrasser la religion Catholique Apostolique et Romaine. Ce que nous lui avons accordé le jour veille de Pentecoste, environ les 10 heures du matin, après l’avoir trouvé suffisamment instruit de la doctrine chrétienne, ont été parrain le sieur Joseph DUPIN et marraine demoiselle Perrine VINCE qui lui ont imposé le nom de Joseph, furent présents à la cérémonie faite par nous Recteur soussigné, les soussignés Perrine FRANCOIS, Perrine BECCARD, Perronnelle VINCE, Perrine VINCE. »

signé : E. Halgan, Vince, Anne Perrine Moret, P. Vince, J. Vince, Joseph Dupin.

 

Novembre et décembre - Frédéric II de Prusse bat Allemands et Autrichiens à Rossbach et à Leuthen.

 

14 décembre 

·         Ordination sacerdotale de Pierre AOUSTIN d’Aignac.

 

1758

28 juin

·         Compte par le menu  que rend à « Monsieur le procureur fiscal de la juridiction de Bratz pour être examiné par monsieur le sénéchal d’icelle, Jean OLLIVIER, laboureur, demeurant au village d’Erran, sergent receveur du rôle rentier du fief et juridiction de Bratz pour l’année 1757. »

Ces terres sont réparties au Clos, Erran, Loncé et surtout Guersac. En St-Joachim on trouve :

-     article 37 - Tenue de la grande close en La Lande à Aignac

-     article 38 - Tenue du champ de Trégonneau en Aignac

-     article 39 - Tenue des étages et jardins de feu Michel OLLIVAUD à Ménac

-     article 40 - Tenue du courtil MICHAUD en Aignac

-     article 41 - Tenue de Thomas de Loncé aux Grandes Isles dans laquelle est située l’église de la trêve de St-Joachim, la maison vicariale, plusieurs autres avec de la terre labourable en trois réages

-     article 42 - Tenue de 5 sillons aux Grandes Isles

-     article 43 - Tenue MOYSAN  aux Grandes Isles

-     article 44 - Tenue du courtil VIAUD aux grandes Isles

-     article 45 - Tenue du courtil JOURDAN aux Grandes Isles

-     article 46 - Tenue de Clément BERNIER à Pendil

-     article 47 - Tenue de la Beccarde aux Grandes Isles en Pandil

-     article 48 - Tenue d’une pièce de terre en Fédrun

-     article 49 - Tenue des Bouinais en Fédrun (E 1364)

 

Choiseul arrive aux affaires comme ministre des Affaires Étrangères.

 

1759

24  avril : Inhumation de Jean ROYE, marchand chaudronnier tué hier dans ce bourg.

 

2 juin

·         "Le 2ème jour de juin 1759, veille de la Pentecoste, environ les 10 heures du matin, nous a été présenté à nous recteur soussigné de la part de noble homme Luc MOYON, capitaine de vaisseaux marchands, un nègre lui appartenant, âgé d’environ 12 ans, pour estre baptisé, lequel nous a répondu après l’avoir interrogé, qu’il voulait embrasser la religion catholique, apostolique et romaine. Ce que nous lui avons accordé, après l’avoir trouvé suffisamment instruit de la doctrine chrétienne, furent parrain noble homme Luc MOYON capitaine de vaisseaux marchands et marraine demoiselle Louise Marie PAVIN, soussignés qui luy ont imposé les noms d’Honoré, Louis, Baptiste. La cérémonie faite en présence des soussignés."

Signé : Louyse Marie PAVIN - La Dayot  - Perrine VINCE - Anna MEIGNEN - Julienne MOYON - Luc MOYON - D. André prêtre vicaire - MOREAU recteur

             

8 août

·         Décès du « naigre » Joseph, dit « Jolycoeur », 16 ans, appartenant à Me VINCE, capitaine de navires.

 

8 octobre

·         Mariage de François Louis DUPONT D’AUBEVOYE, chevalier seigneur de la Roussière, capitaine au régiment de Bourbon actuellement à St-Nazaire, fils majeur de François Charles et de Louyse Marguerite Charlotte GIROURT, originaire de St-Thomas de La Flêche, diocèse d’Angers, avec Marie-Anne Gabrielle MICHIEL, fille majeure de feu Julien, chevalier seigneur du Défais et autres lieux et de Anne GUILLERMO, originaire de Pontchâteau.

 

C’est pendant la guerre de 7 ans que se déroula près de chez nous la célèbre «Bataille des cardinaux».

 

Le duc de Choiseul, secrétaire d’état aux affaires étrangères, avait conçu le projet d’un débarquement en Écosse. Le duc d’Aiguillon, gouverneur de Bretagne, chargé de diriger l’opération, rassembla dans le Morbihan un corps de vingt mille combattants destinés à être transportés sur une centaine de navires.

Toute la flotte de guerre de Brest fut chargée d’assurer la protection du convoi. Le point de ralliement était la baie de Quiberon. L’escadre française était parée dès le mois de mai, hors ce n’est que le 14 novembre 1759, au début de la mauvaise saison, que son commandant, l’amiral Hubert de Brienne, comte de CONFLANS, donna l’ordre d’appareillage.

La flotte quitta la rade de Brest. Elle comprenait vingt et un vaisseaux et cinq frégates, 1540 canons et 14 000 hommes d’équipage. Le «Soleil Royal» (80 canons, 900 hommes) battait le pavillon amiral.

Une escadre anglaise de vingt-sept vaisseaux et six frégates – 2050 canons et 18 000 marins croisait dans les parages. Le «Royal George», (100 canons, 900 hommes) portait la marque de l’amiral sir Edward Hawke.

Le premier objectif de l’amiral français pour assurer la sécurité du convoi était donc de détruire l’escadre anglaise.

Le 20 novembre la flotte française se trouvait devant Belle-Île, l’anglaise la suivant. A midi l’amiral de CONFLANS donna l’ordre d’attaque. La bataille fut conduite de telle façon qu’elle tourna au désastre - Notre flotte fut anéantie.

Des navires furent coulés au combat. D’autres se réfugièrent dans la Vilaine où ils s’échouèrent. Le Juste sombra près de la barre des Charpentiers en voulant gagner la Loire. "Le Héros" s’échoua devant Le Croisic où le "Soleil Royal" vint le rejoindre.

Hawke voulu s’emparer des canons du navire amiral. Les batteries du Croisic l’en empêchèrent. Le port fut bombardé. La flotte anglaise s’éloigna.

C’est ainsi qu’un des plus tristes épisodes de l’histoire de notre marine eut lieu à nos portes.

Parmi les navires qui participèrent à ce combat, des noms nous sont toujours familiers : Brillant - Tonnant - Formidable- Intrépide - Inflexible, etc.

Les «Cardinaux» sont 4 roches à l’ouest d’Hoëdic, orientées à peu près vers les 4 points cardinaux (Moret 307).

 

25 novembre

·         Décès de Jean Baptiste LE COUTELIER, 14 ans, officier d’infanterie fils d’Alexandre François et de Rose de BESNE.

 

1761

Avril - 12 000 Anglais débarquent à Belle-Isle.

 

7 juin

·         Le Palais capitule. Les Anglais bloquent les atterrissages de la Vilaine et de la Loire (Moret 326).

 

1762

22 février

·         Mariage en Angleterre de Maurice GILLET, capitaine de navire prisonnier chez l'habitant et qui épouse une anglaise Marthe BAILY.

 

1er juin

·          «Le 01 juin 1762 a été bénie par nous, recteur de la paroisse de Montoir, une petite chapelle de la Vierge, près de cette église succursale de St. Joachim sous l’invocation de Notre-Dame de Bon Secours. La cérémonie faite en présence des soussignés et d’autres qui ne signent pas.»

Denis AOUSTIN - Jean MOYON - André HALGAND - Jean HALGAND - RIVIERE - J. MAHÉ de la Rouauderie de Ménac, vicaire - Pierre RABAS, prêtre vicaire de cette paroisse - C. BAUZ adj. greffe de Bratz.

 

6 août : Le parlement prononce la dissolution de la Compagnie de Jésus (les Jésuites), à la grande satisfaction de la marquise de Pompadour et des jansénistes

 

Décembre - Premiers enregistrements sur les registres paroissiaux des cérémonies de fiançailles.

 

1763

17 février

·         Ordinations sacerdotales de Joseph MOYON du Pin (futur député) et de Joachim HALGAN, de La Potriais.

 

29 juin

·         Ordination sacerdotale de Julien MAHÉ de Grandes Isles.

 

Le traité de Paris met fin à la guerre de 7 ans franco-anglaise. Elle a coûté à la France ses colonies, 200 000 hommes et un demi-milliard de livres.

 

L’étiage de la Loire est de plus en plus faible, en avril le tirant d’eau maximum est de 3,5 pieds. De moins en moins de navires peuvent monter à Nantes (Brossard 126).

 

1764

14 juin

·         Ordonnance encourageant les dessèchements de terres incultes.

 

19 juillet

·         Mort subite de Guy Marie de LOPRIAC, Félicité de LOPRIAC devient vicomtesse de Donges.

 

16 juin

·         Ordination sacerdotale de Joseph OLLIVAUD de St- Joachim.

 

5 septembre

·         - Abjuration de BAILY Marthe, fille de Guillaume et Anne BUTHELAY (probablement BUTLEY) de la ville de Derby, archevêché de Cantorbery en Angleterre, épouse de Maurice GILLET, officier de navires marchands domiciliés en cette paroisse de Montoir.

« Ayant reconnu que hors de la vraie église il n’y a pas de salut, de sa bonne volonté et sans aucune contrainte, a fait la profession de foy catholique apostolique et romaine et abjuré l’hérésie de l’église anglicane dont elle faisait profession. Je lui ai donné publiquement l’absolution. » signé : Terrien,  vicaire

 

1765

17 novembre

·         Décès de Jérôme DUVAL, 48 ans, natif de St-Dolay, prestre chapelain de cette paroisse.

 

Cette année la lutte du Parlement de Bretagne et du procureur Général de la Chalotais contre le duc d’Aiguillon, gouverneur de Bretagne et le pouvoir royal prend un caractère de crise aiguë qui ne se terminera qu’en 1774.

 

Le 25 décembre débute une période de froid excessif dépassant de plusieurs degrés celui du terrible hiver 1708/1709. Elle dura jusqu’à la mi-février. Les dégâts furent considérables.

 

1766

2 septembre

·         Mariage de Alexandre Jules CLÉMENCEAU (   - 1798), capitaine de navire de la rivière, né à Ancenis de Claude Nicolas de la GAULTRAYE, avocat au parlement, ancien maire et président des traites et gabelles d’Ancenis, avec Magdeleine Françoise GALLET (1746-1781) fille de feu Claude de la LAUBINAYE, capitaine de navires de la rivière.

 

23 décembre

·         Décès d'André TASSÉ, veuf de Guillemette BERTHO des Dabonnières. Inhumation pressée à cause de l’infection de son corps dont le public se plaignait.

 

1767

27 janvier

·         Mariage de Jean GLOTAIN, gendarme de la garde ordinaire du Roy, fils de Damien, chirurgien major à la Guadeloupe, veuf d'Anne Michelle MAGOUET du MONDESARMES, avec Françoise VINCE du FURBIN, fille de feu Pierre, capitaine de vaisseaux.

 

 

3 avril

·         Jour de l’Ascension, les R. P. bénédictins de Blanche-Couronne, quittent définitivement leur abbaye pour le prieuré St-Jacques de Pirmil. Ils ne sont que trois : Dom LANIER prieur, dom René LECUREUIL co-prieur et dom DAVAUD procureur.

 

9 décembre –

·         L’expression «Le bourg trévial[5] de St-Joachim» apparait pour la première fois lors d’un baptême fait par l’abbé de Kerguisé.

 

30 décembre

·         Inhumation de Pierre TRÉMANT, 60 ans, prestre de cette paroisse et chapelain de Méan.

 

1768

9 février

·         Mariage de Jean Baptiste JEGO, sieur des Préaux, capitaine aide-major du bataillon des garde-côtes de St-Nazaire natif de Guérande, avec jeanne BOURDIC de Lénimiroux.

23 février

·         Inhumation de Guignolet OLIVRON de la Régeanerie à St-Nazaire, péri dans une chaloupe en allant à Nantes.

17 avril

·         Inhumation de Jean EME, marchand poêlier du pays d’Auvergne, demeurant dans ce bourg depuis plusieurs années.

29 juillet

·         Inhumation de Pierre BROBAND, 9 ans, noyé dans l’étier du pont de La Rue en Guersac.

 

11, 12 et 16 septembre, trois habitants de Méan sont inhumés à St-Nazaire.

 

Louis René DELOUMEAU, recteur d’Escoublac, se retire à Méan où il remplit le rôle de chapelain.

 

1769

15 avril

·         Jean CHARON, 8 ans, de Gron, se noie dans l’étier de Méan.

 

10 octobre

·         Inhumation à St-Joachim de Denis HALGAN, vicaire à Nivillac.

 

Les récoltes sont nulles, ce qui engendrera la disette en 1770.

 

Cette année, Mr de L’ESTOURBEILLON, seigneur de Boisjoubert et la Savinais a présenté un mémoire qui sera suivi d’une sentence et d’un arrêt du Parlement en 1770, tendant à rendre secs pendant 7 à 9 mois de l’année les marais inondés : «La cause de l’accumulation et du long séjour des eaux, des maladies, malheurs et inconvénients qui s’en suivent ne vient que de ce que les riverains s’ingèrent chacun à leur volonté et pour leur commodité de faire sur l’étier, de la Guesne et de Languitre à Méan, des ponts beaucoup trop étroits, de combler le même étier de jetées de pierres et de graviers pour y passer les charrettes, d’y faire d’autres jetées, des pescheries, des escluses et autres licences sans aucun ordre et contre le bien public.

En débarrassant l’étier de tous les obstacles, le creusant de deux à trois pieds où cela est besoin, l’élargissant là où il n’y a pas 25 à 30 pieds, rétablissant les douves et les rigoles, les marais seraient d’un sûr usage et d’une grande utilité et l’air deviendrait plus sain».(C 111)

 

1770

31 janvier - Arrêt du Conseil décidant le dessèchement des marais de St-Gildas.

 

Août 1770

·         Le sieur PERRONET, ingénieur du Roy, est chargé de faire le point sur la situation de la navigation en Loire. Il  établit à cette occasion un mémoire dont on peut retenir ceci :

-     De 1756 à 1762, l’ingénieur de la marine MAGIN conduisit des travaux ayant pour but de réunir les îles entre elles de façon à ce que l’écoulement des eaux dans un seul canal leur donne plus de force pour creuser leur lit et ainsi faciliter la navigation. Malheureusement les moyens de l’époque ne permirent cette réalisation que dans quelques endroits limités.

-     En 1770 le port de Nantes reçoit une moyenne annuelle de 2 200 bâtiments navigant en aval ou en amont. La principale marchandise transportée est le blé.

-     Seul les navires de 150 à 180 tonneaux peuvent arriver à Nantes, encore faut-il qu’ils soient de construction hollandaise qui exige moins de profondeur d’eau.

-     Les moyens navires de 200 et 250 tonneaux peuvent remonter jusqu’à Couëron. Ceux jaugeant 300 et 400 tonneaux restent à Paimboeuf et encore faut-il alléger les plus gros, ou compléter leur cargaison en rade de Mindin.

-     Le transport des marchandises entre les navires mouillés à Couëron, Paimboeuf ou Mindin et le port de Nantes se fait au moyen de gabarres ou allèges dont les 2/3 sont pontées, qui jaugent de 80 à 120 tonneaux ; elles naviguent à la voile et à l’aide de la marée.

-     Il y a environ 110 gabarres conduites chacune par un pilote et deux ou trois matelots. Ce sont des embarcations sûres. Les accidents sont très rares. (Moret p. 640)

 

24 décembre : Disgrâce de Choiseul, Le gouvernement est assuré par le triumvirat : d’Aiguillon, Maupeou, Terray.

 

1771

16 mars

·         Inhumation à Montoir de Guillaume PÉZERON, de St Joachim, époux de Claudine AOUSTIN, noyé en allant par eau de Méan à St-Nazaire le 7 février et trouvé sur la coste de Méan ce jour.

 

10 juin

·         Décret d’érection en paroisse de La Chapelle-des-Marais, sous le patronage de N. D. de Toutes-Aides et le rectorat de Louis PERRAUD.

 

3 octobre

·         Acte d’afféagement passé en l’étude de Me JALABERT notaire à Nantes entre le marquis de QUERHOENT et sa femme Félicité de LOPRIAC, seigneurs des vicomtés de Donges, baronnie de la Roche en Savenay et marquisat d’Assérac, demeurant à Paris en leur hôtel rue Defer, faubourg St-Germain, paroisse St-Sulpice, d’une part et les membres de la future compagnie DE BRAY.

Le dit marquis consent au dessèchement du marais appelé le marais de la Roche, aux conditions suivantes :

-     Le dessèchement sera fait au frais de De BRAY et Cie

-     Il sera terminé en cinq années

-     La compagnie devra s’arranger avec ceux qui jusqu’à présent ont envoyé leurs bestiaux dans ce marais.

-     Le dessèchement terminé il devra être levé un plan bien déborné[6] et le marquis afféagera au sieur De BRAY tout le terrain desséché lui appartenant pour une rente annuelle de 2 sols par journal.

-     Lors du dit afféagement De BRAY paiera aux dits seigneurs un denier d’entrée de 2 livres par journal de 80 cordes carrées de 24 pieds chacune, mesure de Bretagne.

-     Le seigneur a reçu dès ce jour le denier d’entrée de  3 000 journaux, réservant son action pour ce qui excèdera.

-      

18 novembre - Même accord avec le seigneur de Besné.

 

2 décembre

·         Acte de fondation de la «Société De BRAY et compagnie»:

Cent actions réparties à parts égales entre :

-     Mrs Pierre COUILLAUD de la Pironnière, négociant à Nantes

-     Jérôme, Jacques Thomas DE LA BARBERIE

-     Pierre Augustin Camille DE BRAY, négociant à Rouen et chargé à Paris de la direction des Mines Royales du Quercy

-     Mathurin GROLEAU, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées de Bretagne

-     Philippe Vincent Roger DE LA MOUCHETIERE, lieutenant général de l’Amirauté de Nantes

Lesquels ayant afféagé de Monsieur le marquis de Querhoent tous les marais, palus et terres inondées dépendant de la vicomté de Donges, dans le comté nantais, et de Mr DE BESNE et autres seigneurs riverains les marais adjacents, pour en faire le dessèchement.

-     Le premier fonds sera pour chaque action de 6 000 livres, payable suivant l’avancement des travaux. (C 111)

 

 

22 décembre

·         Lettre de la compagnie au Subdélégué de l’Intendance de Nantes exposant que la compagnie De BRAY a afféagé «deux marais d’une étendue considérable appelés les marais de Donges et de La Roche pour les assécher».

Ils demandent en conséquence les autorisations :

1.    d’ouvrir un nouveau lit à la rivière du Bas Brivet ou de redresser et approfondir l’ancien

2.    d’approfondir et élargir l’étier qui conduit à la mer les eaux du marais de la Roche

3.    de détruire les pêcheries pratiquées sur le Bas Brivet

4.    de faire ouvrir des canaux et construire les ouvrages nécessaires

5.    de faire dresser, sous les ordres du subdélégué, un P. V. et un plan figuratif des marais, en présence des parties intéressées qui seront tenues de présenter leurs titres à l’appui de leurs prétentions.

 

1772

3 mars

·          « Monsieur TERRIEN, vicaire de cette paroisse depuis 21 ans fut nommé à la cure le trois mars présente année, et en a pris possession le dix du même mois. » signé : Aoustin  vicaire.

 

21 mars

·         Réponse du Subdélégué à la Compagnie :

Les entrepreneurs intéressés admettent d’abord que les terrains marqués sur les cartes «Marais d’où l’on tire les mottes» sont compris dans le traité. Ce qui aurait beaucoup d’inconvénients.

Puis ils remettent un extrait du traité qui ne comprend que les terres inondées de la vicomté de Donges et assurent que le marais des tourbes est excepté. Il faut demander au subdélégué de Guérande si le marais dont on tire les mottes est compris ou non dans l’étendue de la vicomté. Il note que la plus-value apportée par le dessèchement aux utilisateurs serait sûrement inférieure à ce qu’ils en tirent actuellement avec le tourbage."

 

Juillet

·         Pierre RABAS quitte St-Joachim pour prendre à Donges le poste de vicaire et chapelain de St-Donatien.

 

·         Luc FOURÉ, fils de Luc et Marie OLIVEAU de Gron est déporté à l’Amérique (M. 41-203).

 

1773

14 février

·         Inhumation à St-Joachim d’un garçon inconnu « trouvé mort hier ayant sur lui un chapelet, vêtu d’une petite veste et de culottes longues de toile, paraissant environ 12 ans. Grandeur 4 pieds et quelques pouces, poils noirs, dents grosses. »

 

1774

10 mai - Mort de Louis XV - Louis XVI est roi, Maurepas ministre d’État dirige le gouvernement - Turgot contrôleur général des finances rétablit l’équilibre du budget.

 

11 juin

·         Arrêt du Conseil d’État ordonnant la levée d’un plan, la publication du procès-verbal  de cet arrêt, la consultation des intéressés les dimanches 24 et 31 juillet et 7 août. Ce procès-verbal . sera publié et affiché aux portes des églises des paroisses concernées par le projet de dessèchement des marais de Donges et de la Roche. (C 111)

 

17 août - Les commissaires et cartographes sont à Pontchâteau où ils commencent leurs travaux.

 

21 août

·         Le nommé Jacques GEORGE, chargé de porter les documents à bannir se présente aux paroisses de Montoir et St-Joachim.

Le vicaire perpétuel de St-Joachim lui répond qu’il va consulter le recteur de Montoir sans lequel il ne peut rien faire. Retour à Montoir ou le recteur prend l’ordonnance en disant qu’il n’a pas de réponse à donner. Le vicaire perpétuel de St-Joachim la garde sans la publier.

 

23 août

·         Traité de dessèchement passé par Mrs Pierre de BESNE, seigneur du dit lieu, demeurant au château du Plessis de Besné et les représentants des habitants de Besné avec la Compagnie DE BRAY.

 

 

13 septembre

·         Le 11 de ce mois les arrêts et ordonnances ont été lus par le sieur CHOUANDRE, cavalier de la maréchaussée de la Roche-Bernard à l’issue de la grand-messe de Montoir et affichés par lui.

Le sieur NADOR, cavalier chargé du même travail à St-Joachim, raconte qu’il a fait les publications, mais qu’aussitôt après Mr GOUAIRE de K’DIMAS s’adressant aux particuliers présents leur a déclaré "qu’ils étaient de foutus sots d’avoir laissé faire les publications,  cela ne venant ni du Cabinet du Roy ni de l’Intendant mais du sieur GROLLEAU dont l’intention était de s’emparer des marais. Tous les habitants devaient donc se réunir pour s’y opposer. La plupart des dits marais appartenant à Mr DE KERGUISE qui avait promis de soutenir les habitants, ceux-ci devaient porter leurs titres chez Me PASQUIER, son procureur à Montoir."

Quelques personnes ont dit que le Roy n’avait pu rendre l’arrêt puisqu’il était mort avant le 11 juin et le nouveau pas encore sacré. Le dit NADOR avait bien fait de mettre sa bandoulière et se montrer armé sans quoi ils l’auraient noyé ou tiré à coup de fusil, lui déclarèrent-ils

S’apprêtant à afficher l’arrêt avec de l’empois, une femme le lui a arraché des mains et l’a fait disparaître  dans la foule d’environ 400 femmes attroupées autour de lui.

Ayant arrêté la première femme il lui a demandé de lui faire remettre le papier sans quoi il la tiendrait prisonnière.

 

Apparaît alors le vicaire GODET de St-Joachim qui lui déclare être étonné de son procédé et lui demande s’il est venu exprès pour le troubler dans ses fonctions.

NADOR lui répond que ses fonctions sont finies puisqu’il a dit sa messe, mais que c’est lui qui risque d’ameuter le peuple déjà échauffé par Mr de K’DIMAS. Il lui demande  de se retirer et de se mêler de ses affaires.

GODET le prie alors de relâcher la femme, lui donnant sa parole d’honneur qu’en une 1/2 heure le papier lui serait rendu.

La femme relâchée GODET s’est alors avancé dans un groupe de 50 à 60 femmes, puis est entré dans l’église et s’est enfermé dans son confessionnal pendant au moins 2 heures pendant lesquelles diverses personnes sont allées lui parler.

Puis l’ecclésiastique s’étant rendu à la sacristie, NADOR qui avait attendu dans la chapelle le rejoignit pour s’entendre dire que le papier ne lui serait pas rendu  et qu’il devait se hâter de se retirer.

 

La levée des plans pour Besné se termine le 15 septembre.

 

16 septembre

·         Début des travaux de relevé à Prinquiau.

 

20 septembre

·         Longue dissertation sur la portée des documents de Suzanne de BOURBON et des divers aveux (très intéressant) . Il y est dit expressément que les reconnaissances de droits des vassaux à utiliser les marais, venaient de ce que les Seigneurs n’en avaient aucune utilisation pour eux-mêmes.

 

24 septembre

·         Le mauvais temps ayant commencé, il n’est plus possible de mettre les pieds même en bordure du marais. Les travaux sont arrêtés pour cette année à Mareil. Les commissaires rentrent à Nantes.

 

11-12-13-15 et 17 octobre

·         Les habitants de Montoir et St- Joachim s’assemblent et nomment des procureurs spéciaux, dont Me CHAILLON, pour s’opposer au dessèchement.

 

10 novembre

·         - Un traité de dessèchement est passé par les tenuyers d’Assac, représentés par le sieur WLIEGHE de LUZEMBOURG et la Compagnie De BRAY. Il concerne les marais Glasie, des Roussains, du bois Marin, de la Bouverie et du Clos de Launay, faisant tous partie du grand marais de Ceme qui sépare les paroisses de Donges et de Prinquiau.

 

·         Arrêt du Conseil pour concession à Mr de MARTEL de 130 journaux de terres vagues en la paroisse de Montoir, dans les atterrissements de la Loire (C 36).

 

1775

17 janvier

·         Mariage de Pierre VINCE, capitaine sur les navires marchands pour la coste, avec Geneviève, fille du capitaine Etienne HALGAN.

 

Avril

·         Mort de J. B. Elie CAMUS de Pontcarré. Sa veuve, Louyse Françoise CAMUS de la Guibourgère est vicomtesse de St-Nazaire.

 

12 juin

·         Les commissaires reprennent leurs travaux d’enquête et de levée de plans là où ils les avaient abandonnés l’an dernier, c'est-à-dire dans les marais de la Chapelle-Launay, à Mareil.

 

7 juillet –

·         L’enquête à Donges étant terminée, les travaux commencent à Montoir par les marais de Bratz et Trémodeuc.

Pour éviter l’inondation des prés à foin et les protestations des riverains, comme cela c’était passé l’an dernier lors de l’ouverture des portes de Pontchâteau, les ouvriers de De BRAY dégagent le lit du Brivet en supprimant les hauts fonds des gravauds et, sans toucher aux ponts, creusent des tranchées à leurs extrémités pour que les eaux puissent s’écouler plus rapidement.

Cela crée un appel pour les eaux stagnant sur les marais qui s’engouffrent dans ce lit libéré en un flot qui gonfle et prend de la force au fur et à mesure qu’il approche de l’estuaire, emportant sur son passage les ponts de Loncé et de Trignac.

Ainsi l’amélioration de la situation des marais à foin s’accompagne de difficultés pour la circulation terrestre, toutes les chaussées traversant la rivière étant coupées.

Ceux qui s’en plaignent le plus sont les prêtres qui pour aller administrer les malades, passaient par le pont de Trignac, et qui maintenant doivent faire 2 lieues pour une. Bizarre qu’ils ne puissent trouver un chaland pour les passer. A moins qu’ils n’aillent à cheval.

 

11 juillet

·         Les commissaires étant à Bratz, l’avocat Etienne CHAILLON vient leur présenter les «Moyens d’opposition» au dessèchement des marais qu’il a établi au nom des habitants de la paroisse de Montoir et de sa trêve de St-Joachim.

C’est un long document où sont accumulés tous les arguments possibles, le sérieux côtoyant le déraisonnable et les contre-vérités. Le reproche principal fait à la compagnie De BRAY est l’inutilité des travaux envisagés : « Le but étant de rendre navigable de nouveau le Brivet qui l’était autrefois jusqu’au port de Pontchâteau... Tout cela pour des résultats illusoires parce que la petite rivière peu profonde, surtout près de son embouchure, ne servirait jamais qu’à l’exportation des mottes et des bleds que les habitants de St-Joachim vont acheter au marché de Pontchâteau».

L’intérêt de faire des frais pour des marais qui ne s’afferment au plus qu’à 3 ou 4 livres le journal n’y parait pas évident.

On y lit aussi que le nombre de bateaux affectés au commerce de la tourbe est de 5 à 600[7], jaugeant de 50 à 5 ou 6 tonneaux, mais quel crédit apporter à ces chiffres ?

La dernière partie est due à l’un des signataires du document, le Me chirurgien Emmanuel OLLIVAUD. Elle concerne les dangers que le dessèchement pourrait faire courir à la santé publique. Citons-en quelques passages : «Depuis que la rivière haulte et les marais de Pontchâteau sont desséchés, il y règne, et dans les paroisses voisines, une fièvre putride et maligne qui tue presque tous les vieillards et beaucoup de jeunes personnes. Elle est si contagieuse que le sieur OLLIVAUD en a été atteint pour y avoir traité 20 malades à la fin de 1774... Que ne devrions-nous pas craindre alors... nous que l’air de la mer rend déjà si sujets aux fièvres putrides et malignes !...»

Une telle assertion à une époque où l’on a déjà bien conscience de la nocivité des marécages et des eaux stagnantes, laisse coi. L’on comprend que CHAILLON, qui était un homme très intelligent, ait laissé la responsabilité de cette partie à son collègue.

 

Les notables signataires de ce document sont :

Etienne CHAILLON, notaire

Etienne HALGAND, capitaine de vaisseaux marchands

Etienne PHILIPPE, Jean LABOUR, Guillaume MAHÉ,

Pierre MOYON et Joseph MAHÉ, procureurs spéciaux des dits habitants.

Pierre TERRIEN, recteur

Pierre AOUSTIN, vicaire

Louis René LOUMEAU, ex recteur d’Escoublac

Denis ANDRE, prêtre doyen

Antoine RIELLAND, Yves RICORDEL prêtres

Joachim MAHÉ prêtre vicaire de St-Joachim

François DE L’ESPINE, maître chirurgien

Gilles DAVY, Alexandre CLÉMENCEAU, Pierre VINCE, capitaines de vaisseaux marchands.

Jean GLOTAIN DE VILLAIRS, Pierre BOURDIC de la Bourtardière, lieutenants de milices garde côtes.

Joseph DUPIN, Pierre Marie RICAUD de Talmen et Simon VINCE, officiers de vaisseaux marchands.

Emmanuel OLLIVAUD, maître chirurgien

Pierre Marie FROCRIN, Etienne VINCE, principaux habitants

                           

10 août

·         - Avec les marais de Trignac et d’Aine on aborde le domaine de la vicomté de St-Nazaire.

 

11 août

·         Arrivée des enquêteurs sur la paroisse de St-Nazaire

Protestations du vicomte et représentations du Général.

Les autorités refusant de fournir des indicateurs (guides), les enquêteurs sont obligés de s’enquérir auprès des habitants des villages qui ne veulent pas donner leurs noms pour ne pas s’exposer à la vengeance des bourgeois. Un nommé RUEL qui a hébergé les commissaires et servi d’indicateur est l’objet de menaces.

 

12 août

·         Début des travaux à St-André. Près de Cuneix une chaussée de  pierres sépare les marais de St-Nazaire et de St-André.

 

28 décembre

·         Les procureurs spéciaux des quatre paroisses de la vicomté de Donges (Montoir, Donges, Crossac, Prinquiau) et le baillage de Crévy donnent une procuration générale à Me ESPIVENT DE LA VILLEGUEVRAY pour s’opposer au dessèchement des marais.

 

·         Les signataires en sont les procureurs spéciaux :

-     De Crossac           : Le Sénéchal DE KERGUISE DE CARVADO, Jean HALGAN, Jacques BOISROBERT

-     De Prinquiau         : F. PERRIN, G. JULLIOT

-     De Montoir           : Etienne HALGAN, Etienne PHILIPPE, Jean LABOUR, Guillaume MAHÉ, Pierre MOYON, Joseph MAHÉ

-     De Donges            : J. GALLET, Julien NICOU, Jean BROSSAY, François EVAIN

-      

·         Les Vassaux et bien-tenants[8] de Donges :

J. J. BRIAND recteur de Donges, Emmanuel OLLIVAUD, Alexandre CLÉMENCEAU, Etienne HALGAN, J. GALLET, Julien NICOU, François EVAIN, Jean BROSSAY, ESPIVENT DE LA VILLEGUEVRAY, seigneur de Cotyhan en Donges  (C 112).

 

1776

9 février

·         Mr ESPIVENT DE LA VILLEGUEVRAY présente, au nom des habitants dont il a procuration, une requête tendant à faire opposition à l’acte d’afféagement consenti par Mr DE KERHOENT. Il va s’en suivre une polémique chicanière dont les arguments et contre- arguments vont faire couler beaucoup d’encre et qui sous le prétexte d’opposer partisans et adversaires du dessèchement, sera surtout l’affrontement de deux hommes: ESPIVENT contre LUZEMBOURG.

 

12 mai - Louis XVI renvoie TURGOT et NECKER lui succède.

 

9 juin

·         DE BRAY fait publier aux paroisses de Montoir, St- Joachim, Donges et St-Lyphard qu’il n’a jamais pensé à s’emparer de la tourbière d’où l’on tire des mottes à brûler et qu’il laisse le seigneur de Kerhoent maître absolu d’en disposer en faveur de ses vassaux.

 

11 juin

·         Les premiers terrains qui se présentent à la pointe de Creslin font partie de Guérande, inutile donc de continuer.

 

13 juin - Reprise des travaux à partir de l’île de Grenongle.

 

22 juin - Rendus à Languistre les travaux sont suspendus.

 

29 juin

·         Signataires de la procuration donnée à Luzembourg (C 112) pour représenter les habitants et vassaux de la vicomté :

J. M. VIAUD recteur de Donges qui se rétracte de sa signature donnée à de la Villeguevray

NOBLET vicaire de Donges

J. DENAY prêtre titulaire du bénéfice de la Lande à Donges

DESRUARHE, seigneur de l’Oisillière en Donges

GUILLERMO de TREVENEUC, seigneur de fiefs en Donges et Montoir

MICHIEL de Boiséon du DEFFAIS, propriétaire de Trégoneau

MICHIEL DU DEFFAIS, aux mêmes droits que sa sœur

DE L’ESTOURBEILLON, seigneur du Bois-Jobert et la Motte Alleman en Donges et Montoir

HALGAN, propriétaire de la Simonais en Donges et de la métairie du Tertre en Prinquiau - Sénéchal de la vicomté de Donges

GALLET, propriétaire de terres à Donges, sénéchal de Bratz, l’Escuray, Henleix etc.

REBULET de Louvinier et sa femme Rosalie Jeanne GALLET

JAMET Claude Marie, propriétaire en Donges, marguillier

COURDIER LELIEPVRE, propriétaire en Donges et Prinquiau

LACOURDIER du Marres propriétaire en Donges et Prinquiau

BRIÈRE, propriétaire de biens et métairies en Donges

MÉNAGE, propriétaire de biens en Donges et de la Colinière en Montoir

HARDOUIN DETEILLEUL Georges Marie Paul, receveur des domaines du Roy à Savenay, propriétaire en Prinquiau

JAMES Marguerite épouse de Jacques BERTRAND, capitaine de navires, propriétaire en Donges

MAGOUET de la Magouerie, sénéchal de Savenay, propriétaire en Prinquiau

GENDRON Marie Magdeleine, veuve Pélerin, propriétaire en Donges

MICHIEL DU DEFFAIS Marie Anne propriétaire en partie de Trégoneau et DUPONT de la Roussière, son mari.

REBONDIN et son épouse Perrine OLIVAUD propriétaire à Montoire, La Colinière.

LE PETIT DE BOISSOUCHARD DU SABLE propriétaire à Donges

BERTRAND Jacques, capitaine

FRETEAU, propriétaire à Prinquiau

F. E. JULLIOT à cause de son épouse Marie Jeanne JAMET propriétaire à Donges

DE GUICHARDY de Martigné et Langle Casso, (avec réserves)

BARBIN Marie, propriétaire à Donges - THOMAS propriétaire à Donges et à Montoir

GALLIOT DE CRAN (à St-Nazaire avec réserves)

MOYSEN propriétaire en Donges et Prinquiau

DE LA PREVILAIS Thomas, propriétaire en Donges et Montoir

 

26 juillet - Reprise des travaux à partir de la Guesne.

 

24 août - Le baron de Pontchâteau soutient à plein les projets de De BRAY.

 

28 août - Le seigneur de Besné soutient le projet.

 

30 août 

·         Les travaux d’enquête et de relevé se terminent dans les marais de Brignon.

 

6 décembre 1776

 

Traité pour le dessèchement des marais de Donges

"Par devers les notaires royaux de Rennes furent présents :

 

Pierre de CAMBOUT, marquis de Coislin, demeurant au château de Carheil à Plessé et à présent à Rennes, suite des États, paroisse St Etienne fondé en procuration  de Mr le Marquis de QUERHOENT et de Félicité de LOPRIAC de Donges.

Mr Philippe Vincent Roger de la MOUCHETIERE, écuyer lieutenant général du siège royal de l’Amirauté de Nantes, y demeurant quai Laurencin (Ste-Croix), fondé de procuration de Pierre Augustin Camille DE BRAY pour lui et sa compagnie.

Escuyer. COLDSTREME Gilles VLIEGHEN LUZEMBOURG fondé de procuration de plusieurs ecclésiastiques, gentilshommes, seigneurs de fiefs, bourgeois et notables, habitants et vassaux de la vicomté de Donges.

 

Après un préambule de ce dernier faisant état de l’état lamentable où se trouvent les marais de la vicomté de Donges, l’ensemble des procurateurs considèrent que jamais le dessèchement des marais ne peut altérer ni dénaturer le sol de la Brière puisque la tourbe est formée par la nature et non par l’eau, que le dessèchement ne pourrait être que profitable mais ne peut être fait par la généralité des vassaux, faute de moyens et à cause d’intérêts divergents, mais aussi par l’impossibilité où ils seraient d’assurer l’entretien des ouvrages, ont arrêté, pour le bien général, le traité dont la teneur résumée est :

 

La Brière restera à jamais à tous les habitants et bien-tenants de toute la vicomté de Donges et autres, en toute propriété, pour la coupe de la motte, la pâture, le fourrage, sans pour cela payer aucune redevance au seigneur de Donges ; à la charge néanmoins de tenir et relever la dite Brière à simple obéissance de la dite vicomté. Cette Brière comprend «toute la partie occidentale de l’étier de Méan jusqu’à la chaussée d’Aignac et du dit Aignac à la chaussée qui conduit aux Grandes-Iles où est l’église de St-Joachim, et du dit St-Joachim à Kerfeuil et de là et des autres parts les paroisses limitrophes et adjacentes à la dite Brière»

 

Tous les autres marais seront desséchés aux frais du sieur DE BRAY et ensuite partagés pour moitié à DE BRAY et l’autre moitié aux vassaux et habitants qui auront toujours le choix des lots d’environ 150 à 200 journaux chacun.

La moitié attribuée aux habitants restera commune entre eux.

 

Les habitants pourront indiquer dans la part à eux attribuée les cantons réservés pour la production du ros[9] à couvertures qui ne seront pas desséchés mais entourés de douves.

 

Les marais gardis continueront à appartenir aux villages qui en jouissent en pleine propriété.

 

Les propriétés des seigneurs de fiefs dûment afféagées, ne seront pas comprises dans le partage.

 

Tous les canaux nécessaires seront faits et entretenus à perpétuité par la Compagnie. Sur leur bord il sera laissé un marchepied convenable pour leur entretien et le jet des terres.

 

Les dessècheurs laisseront 45 pieds entre les douves de ceinture de leurs terrains et les terres voisines.

 

La moitié laissée à la Compagnie sera seule mise en valeur, celle des habitants devant rester vague et commune. Les douves les séparant seront donc suffisantes pour empêcher les bestiaux de les franchir.

 

Les chemins et canaux seront communs et à l’usage de tous. S’il est besoin par la suite d’en ouvrir de nouveaux, ils seront faits aux frais de chacun mais utilisables par tous.

 

Le dessèchement se fera dans un délai maximum de 3 ans après l’enregistrement des lettres patentes.

 

Les habitants et vassaux s’obligent à payer aux seigneurs de Donges une rente perpétuelle annuelle, seigneuriale et féodale de 6 deniers tournois par journal de 80 cordes sur leur dite moitié qu’on nommera «les Grands Rôles des Marais». Pour payer cette rente les vassaux pourront enclore et affermer certaines parties de leur moitié.

 

Les dessècheurs devront indemniser les propriétaires des terrains sur lesquels les canaux d’écoulement à la Loire pourront passer. Si la Compagnie ouvrait un canal dans le lit de l’ancien étier de la Taillée, elle ne pourra être obligée de le rendre navigable dans tous les temps de l’année.

 

La Compagnie s’arrangera avec les propriétaires de bacs et passages. Tous les nouveaux ouvrages (ponts, chaussées, écluses) seront accessibles à tous sans frais supplémentaires.

 

Les 100 journaux asséchés qui doivent être afféagés à Mr MOINE seront pris sur la part de la Compagnie.

 

La Compagnie fera un pont de 12 pieds de large à la chaussée d’Aignac ainsi qu’à Trignac et aux chaussées du Gué et de Boismain. Ils seront remis aux habitants qui devront ensuite en assurer l’entretien.

 

Les litiges de la compagnie avec les vassaux ne pourront être appelés que devant les juges naturels de la province.

 

Les formalités pour obtenir des lettres patentes et toutes autres seront aux frais de la Compagnie.

 

La minute est signée de COISLIN, LUZEMBOURG et de L’ESTOURBEILLON qui déclare réserver les droits nobles et le rachat de sa terre et seigneurie de Bois-Joubert, faisant également pour Mr de CHEVIGNE dont il réserve les droits.

 

Les notaires Mes DUCLOS et POCQUET

 

Annexes :

1.    Procuration donnée le 29 juin 1776 à Me LUZEMBOURG par les habitants de la vicomté de Donges.

2.    Procuration des seigneurs de Donges au marquis DE COISLIN datée du 13 septembre 1776.

3.    Projet de traité entre les vassaux de la vicomté de Donges et la Compagnie passé à Paris le 2 décembre 1776.

 

1777

21 avril

·         Henri-Joseph LE PELEY sénéchal de Guérande suivi de son procureur, d’un greffier et d’un huissier partent à cheval pour St- Nazaire afin de compulser à la demande des Généraux des paroisses de Guérande, Escoublac, St-André et St-Lyphard les lettres patentes de 1461 déposées en l’étude de Me HARDOUIN notaire à St-Nazaire où ils prennent connaissance d’un collationné daté du 6 mai 1656. (C 112)

 

30 mai

·         Adhésion d’Etienne CHAILLON (1736-1796) au traité du 6 décembre 1776 :

«Tant en privé nom qu’en qualité de porteur de procuration de M. le comte FRESLON, seigneur de la majeure partie de la trêve de St Joachim, la dite procuration en date du 4 janvier dernier... déclare accéder purement et simplement au traité du 6 décembre 1776... sous réservation de tous droits  de mouvance et de propriété qui peuvent appartenir à mondit sieur comte de FRESLON à raison de ses terres et seigneuries de Bratz, l’Ecuraye et autres »(C 112).

 

26 décembre

·         Les trois procureurs spéciaux de St-Joachim, supérieurement satisfaits du traité de Donges, y ont donné leur adhésion par un acte daté de ce jour (C 111)

 

1778

17 janvier

·         Pierre ROUSSEAU, patron et présentateur du bénéfice ou chapellenie de la Tour Dondon desservie en l’église de Montoir, vacant par le décès de missire Guillaume ROBERT, désire en faire la présentation à Maître Louis GAULTIER, clerc tonsuré... en conséquence de l’édit de création... du mois de décembre 1691, de l’arrêt du conseil du 29 avril 1692.

Ce jour 17 janvier 1778, Pierre TERRIEN, recteur de Montoir, faisant pour maître Louis René GAULTIER, clerc tonsuré, actuellement étudiant en théologie prend possession de la chapellenie de la Tour Dondon : une maison située au bourg de Montoir avec dépendance - à l’église il a pris un rochet, entré dans le sanctuaire, prié, allé au choeur, ouvert le missel, assis sur l’escabeau - est allé dans la prairie de Montoir et dans le village de Trignac sur plusieurs pièces de terre (G 453)

 

15 février

·         Décès de Denis ANDRE, vicaire de Montoir.

 

Avril - L’Angleterre  déclare la guerre à la France.

 

3 septembre

·         - Le chapitre de la cathédrale de Luçon afferme "pour 9 années et pour 400 livres par an, à François ALGANT et Jacquette DELAHAYES sa femme, précédemment veuve d’Étienne ALGANT, demeurant à Frénic : le prieuré de Frénic consistant en métairie et terres labourables... entre autres charges pour eux de faire dire les messes auxquelles le prieuré peut être sujet". (G 615)

 

1780

7-8 et 9 février

·         Célébration de services solennels pour J. B. OPIAIS, Julien FOURNIER et Pierre NICOLAS morts au service du Roy sur le «Dauphin Royal» et pour Pierre LUCAS, sur le «Diadème».

 

1er juillet

·         Décès de René FLEURY, trouvé mort dans la prée de Montoir (voir appel à Rennes pour son assassinat le 4 janvier 1782).

 

9 juillet

·         Baptême de Nicolas PINTON, fils de Nicolas (phas montier) et Jeanne RIGAUD de Nantes Ste-Croix, né dans une chaloupe venant de Nantes.

 

23 décembre

·         Ordination sacerdotale de François VINCE de Loncé, le futur fusillé de 1794.

 

1781

19 février

·         Requête à la Cour de Parlement de Rennes du recteur et des notables de Montoir demandant l’ouverture d’un nouveau cimetière hors du bourg(voir le 16 octobre 1787).

 

17 avril

·         Maître René Louis GAULTIER, diacre, titulaire du bénéfice de la Tour Dondon, demeurant à St-Aubin de Guérande, baille pour 9 années (de la St-Martin 1786 à 1795), à Julien BERTHAUD de Villès-Boussaud à St-Nazaire : sur la paroisse de Montoir, 213 sillons dans le pré Cassé autrement la pâture MAHÉ, - 15 sillons dans le pré Jarno - 22 sillons 3/4 dans le pré Hervy - 4 sillons 1/4 dans le pré du Clos cassé - 128 sillons dans le pré Cassé, autrement la Tour Dondon - Le tout pour la somme de 60 livres (G 453).

 

1782

Été exceptionnellement pluvieux, le battage des céréales ne peut être fait qu’en arrière-saison (Moret 357)

Au cours d’une Mission prêchée à Pontchâteau, les pères montfortins[10] plantent trois nouvelles croix au calvaire.

19 novembre

·         Concession de 330 journaux du commun de Gron au sieur LEVASSEUR d’ Eranville pour une redevance annuelle de 56 livres de bleds froment par journal - payable en argent (C 36).

 

Les dunes de sable qui ont envahi peu à peu les terres de la paroisse d’Escoublac ensevelissent les habitations. Il faut évacuer le bourg et les hameaux avoisinants.

 

21 décembre

·         Ordination sacerdotale d’Yves RICORDEL de Pinard.

 

1783

Une terrible épidémie ravage la région. De quoi s’agit-il ? Il est bien difficile de le savoir. Ce qui est certain  c’est que ce n’est certainement pas  une maladie propre au pays, telle que la dysenterie. Elle a sans doute été apportée par les bateaux et les marins qui fréquentent l’estuaire. Elle touche Montoir en janvier et va y sévir pendant cinq mois, jusqu’en mai, faisant une centaine de morts.

Pendant les 3 premiers mois les îles de St-Joachim, isolées dans leurs marais, ne sont pas touchées. La maladie ne les frappe que plus tard, au beau temps. Avril, mai et juin sont terribles, environ 80 morts.

Il ne semble pas qu’il s’agisse d’une épidémie typiquement enfantine, genre croup (diphtérie), car si les enfants sont durement touchés, surtout à St-Joachim, les adultes le sont aussi. On pense plutôt au typhus ou au choléra.

Pendant cette période l’accès des églises aux cadavres est interdit. Les prêtres qui le tolèreraient seraient passibles d’une amende de 20 livres.

Autre possibilité : des études récentes faites en Angleterre montre le même phénomène et des scientifiques anglais on fait un rapprochement étayé avec l'explosion d'un énorme volcan au Groenland qui cracha de grande quantité de gaz toxique pendant des mois et eut un effet dévastateur sur la population de la Grande-Bretagne du sud. Comme le nuage de Tchernobyl, ces nuages se seraient-ils arrêtés à nos frontières ou auraient-ils poursuivis leur route ?

 

28 mars

·         La Cour de Parlement entérine une décision du Général de Montoir qui a fait sienne la requête de 1781 et décidé l’ouverture d’un nouveau cimetière hors du bourg. L’intense mortalité actuelle rend nécessaire cette décision et aussi celle de fermer les cimetières actuels situés en plein bourg (voir 16 octobre 1787).

 

26 juillet

·         Délibération à l’Hôtel de Ville de Nantes concernant la liaison de la Loire à la Vilaine. Deux projets sont présentés :

1) Liaison de la Loire à l’Isac par l’étier de Méan et les marais de Pontchâteau.

2) Liaison par l’Erdre et l’Isac avec prolongement de l’Erdre navigable jusqu’à Candé.

·         Le procureur du Roy propose une liaison Nantes-Redon par l’Erdre et le Don qui passe à Trenou à un quart de lieue de Nozay (C 504)

 

Septembre - Signature du traité de Versailles mettant fin à la guerre d’Amérique.

 

·         L’église d’Escoublac, seul bâtiment du bourg encore utilisé, est abandonnée à son tour, le sable ayant gagné la toiture et fait céder sous son poids la couverture et la charpente. Bourg et église seront reconstruits à un kilomètre plus au nord (Moret p. 353)

·         Le terrain pour la construction du nouveau cimetière a été acheté, la pierre pour la clôture extraite et les murs sont en construction. En fin d’année, la période de forte mortalité étant terminée, des intérêts particuliers se font  jour et les travaux sont arrêtés.

 

1784

13 janvier

·         Arrêt du Conseil d’État sur la propriété de la Brière. Il sera confirmé par les lettres suivantes.

 

28 janvier

·         Lettres patentes de Louis XVI à la demande des habitants de Guérande, St-Lyphard, St-André et Escoublac confirmant les dits habitants et tout le peuple commun des paroisses voisines de la Brière dans la propriété et jouissance de la dite brière-mottière et terrains contenant des tourbes et mottes à brûler situés entre les dites paroisses.

«Donnons par les présentes pleins pouvoirs aux juges royaux de Guérande de pourvoir à la conservation de la dite brière, à l’entretien et la liberté des chemins qui y conduisent et au bon ordre de l’exploitation et jouissance d’icelle» (C 112).

23 mars

·         « Le vingt troisième jour de mars mil sept cent quatre-vingt-quatre l’église de St-Joachim, succursale de Montoir fut bénie par Monsieur TERRIEN recteur de Montoir avec concours de prestres et de peuple, sous l’invocation de la très Sainte Vierge et de St-Joachim » signé : RIALLAND, prêtre vicaire.

 

1785

10 août

·         Sentence du tribunal de Nantes réglant le différend entre DE BRAY et les vassaux de la baronnie de La Roche au sujet du dessèchement des marais de La Roche situés en Cordemais (conditions similaires au traité de Donges) (C 113).

 

29 août

·         Le vicaire Pierre AOUSTIN devient recteur de La Chapelle-Launay.

 

Cette année est une de celles qui ont marqué la mémoire collective, par la sècheresse qui sévit. Du début de février à la fin d’août il ne tomba pas une goutte d’eau. Les récoltes furent infimes ; pas d’herbe, pas de foin, pas de nourriture pour les animaux qui périrent en grand nombre. Seule la vigne s’en tira à peu près.

 

1786 

20 avril

·         Les commissaires techniques royaux approuvent, après étude sur les lieux, un projet présenté par le marquis de Brie-Serrant, seigneur de Pornic. Il prévoit la construction d’un canal maritime destiné à faciliter la communication de Nantes avec la mer. Partant de Pornic – Le Clion, il rejoindrait la Loire entre St-Jean-de-Boiseau et la Hibardière, en passant par Arthon, Cheméré, St-Hilaire-de-Chaléons, Cheix et Brains (Moret p. 361).

 

27 mai

·         Le chapître de Luçon donne Frénic à bail pour 7 ans à Yves HALGAND et Marie PERRAUD aux mêmes conditions que le bail de 1778, mais pour une somme de 450 livres annuelles.

 

La récolte de cette année est encore déficitaire.

 

Août - Démission du recteur TERRIEN, remplacé par Antoine RIALLAND.

 

Septembre

·         Procès-verbal des commissaires des États sur les travaux de Mr LAUMAILLER, ingénieur, en vue d’étudier la possibilité d’un canal par Pontchâteau et les marais de St-Gildas :

-     - Soit par l’étang du petit Rocher vers l’Isac

-     - Soit par les étangs de la Roche-Hervé et du Gué-aux-biches

-     - Soit par un ruisseau dont l’origine est près du bourg de Séverac et qui se jette dans l’Isac à 150 toises de l’embouchure du ruisseau du petit Rocher (C 504).

 

1787

1er janvier

·         Mémoire  concernant les projets de communication entre la Loire et la Vilaine par les marais de Montoir présenté par le sieur LAUMAILLER :

-     Par le vallon de Gregoulac à 1 600 toises de La Roche-Bernard, l’étang de Pomenard (réserve d’eau) le vallon  et le ruisseau du Rodoir jusqu’à la Vilaine près  La Roche-Bernard.

-     De Grégoulac le canal descendrait par un vallon vers le port de la Perrière, puis à travers les marais, passerait près du bourg de Crossac, recevrait près de la Gaine la rivière de Pontchâteau, passerait sous l’île des Eaux, entre des îles de Besné et d’Er, déboucherait en Loire au-dessus de l’étier de la Taillée, face à Paimboeuf.

-     Ce canal comporterait 19 écluses.

-     Le débouché  en Loire aurait pu être projeté à Méan ou à Donges, mais cela a été écarté à cause des dangers de la grosse mer pour des bateaux plats. Coût : 1.338.133  livres.

-     De la Taillée jusqu’à la rivière de Pontchâteau que le canal remonterait, puis les marais de St-Gildas et un vallon qui part près du bourg de Sévérac, puis descendrait dans l’Isac : 13 écluses - Coût : 1.973.864 livres + 269.000 livres pour aller jusqu’à Redon.

-     On pourrait aussi prévoir un canal sans écluses, depuis la baie de Penbé jusqu’à Méan, en coupant la montagne près du bourg de Saint-Lyphard. (C 504)

 

25 mars

·         Avis favorable de la municipalité de Nantes pour la construction du canal de Pornic à Indret (Moret p. 361).

 

20 mai

·         Lettre de BOUHYER, syndic, à Yves HALGAND au sujet des réparations du prieuré de Freny (G 615).

 

22 avril - Décès de vénérable et discret messire Louis René LOUMEAU, prestre.

 

21 mai

·         Décès dans le bourg de Louise, Sainte. Charlotte MICHIEL, 58 ans, fille de feu Julien, seigneur du Deffais et d'Anne GUILLERMO, dame de Condé

 

16 octobre

·         - Arrêt de la Cour de Parlement qui ordonne la construction des murs du nouveau cimetière de Monthoire, et passé de ce, interdit les inhumations dans les anciens cimetières.

 

"En 1781, le recteur et les notables de Monthoire mirent leur requête à la Cour pour demander la translation du cimetière de cette paroisse qui est considérable. Les faits exposés dans cette requête du 19 février prouvent l’urgente nécessité de cette translation.

Il fut ordonné par la Cour le 21 mars, que cette requête serait communiquée au Général, lequel par une délibération où les propriétaires des biens-fonds avaient  été convoqués, reconnut la vérité des faits et déclara se joindre aux habitants qui l’avaient signée et consentir pour le bien public, que le cimetière fut placé hors de l’enceinte du bourg, dans un endroit convenable.

Le Général, pour ne pas différer le changement de cimetière autorisait les marguilliers en exercice à obtenir un arrêt conforme à la requête de 1781.

Avec le Recteur et les notables, il mit la Requête à la Cour pour être autorisé à faire l’acquisition d’un terrain et à faire, après épuisement des fonds disponibles au coffre de la paroisse, une levée de deniers suffisante, et au marc la livre de la capitation, tant pour faire face au coût du terrain que pour les frais de clôture du nouveau cimetière, lequel fini, défense sera faite d’enterrer dans les cimetières actuels, lesquels seront fermés jusqu’à ce que, les corps étant complètement consumés, on en puisse transporter les ossements dans le nouveau cimetière.

Le 28 mars 1783, la Cour entérinait cette décision en limitant toutefois la levée de deniers à 600 livres.

Suite à cet arrêt la levée des deniers a été faite, le terrain acquis par le Général, la pierre extraite et la clôture élevée au tiers où à moitié. La construction de ces murs a été interrompue à la fin de 1783.

Au mois de septembre dernier, le procureur fiscal du lieu proposa au Général l’achèvement des travaux. La délibération fut renvoyée à quinzaine. Ceux qui s’y opposaient en profitèrent pour cabaler et former un parti et le 30 septembre la pluralité des 12 délibérants du corps politique du Général a été «d’avis de supplier la Cour de leur permettre d’acheter un autre terrain, vu la difficulté des mauvais chemins, que le nouveau cimetière est trop écarté pour y conduire les corps avec bœufs et charrettes et que le fond du terrain n’a pas trois pieds de profondeur. Ils demandent l’autorisation de vendre le terrain du nouveau cimetière pour en avoir un plus proche».

 

Plusieurs des opposants d’aujourd’hui étaient déjà délibérants en 1781 et 1783. Leur proposition coûterait cher à la paroisse qui a déjà engagé les dépenses suivantes :                     

Achat de 57 toises de pierre rendue sur le lieu. À 12 livres la toise      = 684 livres

70 toises de maçonne élevée à 3 livres                                              = 210 livres

On y a planté une croix avec son piédestal                                         = 200 livres

                                                                                                        __________

                                                                                             Total :  1 094 livres

 

Dans la démolition des murs, la moitié au moins des pierres serait perdue ainsi que l’œuvre de main. Les frais de démolition, le transport des pierres, le remplacement de celles non réutilisables et une autre construction augmenteraient encore la dépense.

Les observateurs ont estimé que pour procurer aux vivants la salubrité de l’air, les sépultures doivent être éloignées des bourgs de trois à quatre cents toises et que la région la plus convenable pour placer les cimetières est celle de l’orient.

Or le nouveau cimetière acquis en 1783 n’est qu’à  137 toises du bourg. Il est au bord de la grande route dont presque la moitié, du bourg au cimetière est pavée. Le terrain a au moins, 4 pieds de fond au nord et au midi et 3 au milieu. Le dessous est de rocaille et de tuffe facilement divisé au pic et il n’y aurait de difficultés qu’à la première ouverture des fosses.

Le terrain que les opposants proposent est marécageux et les eaux qui le pénètrent sont salées, ce qui au lieu de consommer les cadavres, tendrait à leur conservation. Le chemin qui y conduit est impraticable lors des inondations.

Le recours des opposants est rejeté et la Cour ordonne l’exécution de l’Arrêt du 28 mars 1783. Les murs du cimetière devront être achevés au mois de mars prochain. Le Général devra se pourvoir pour en faire faire la bénédiction et aussitôt les inhumations dans les anciens cimetières cesseront. »

 

Fait au Parlement de Rennes le 16 octobre 1787 signé LAMY  

  (Médiathèque de Nantes 51 864 - 39 993)

 

1788

20 juin   - Décès de Antoine RIALLAND, recteur de Montoir, originaire de La Chapelle-des-Marais.

5 août    - René EON, ancien vicaire de Vertou, prend les fonctions de Recteur de Montoir.

25 août  - Rappel de Necker qui convoque les États Généraux pour le 1er mai 1789.

25 novembre - Première journée d’une période de gel intense qui va se prolonger, sans interruption jusqu’au 31 janvier suivant.

 

 

 

CHRONIQUE DE LA PÉRIODE RÉVOLUTIONNAIRE

 

 

1789

 

L’hiver 1788-1789 fut précoce et très froid. Il gela sans interruption du 25 novembre au 13 janvier (Moret 372).

24 janvier :

·         Lettres de Sa Majesté données à Versailles pour la convocation et la tenue des états généraux du royaume

 

29 mars :

·         Lecture au prône de la grand-messe par vénérable et discret Missire René EON, recteur, du billet de convocation de tous les sujets nés français, âgés de 25 ans et compris dans les rôles d’imposition de la paroisse.

 

31 mars :

·         Pour obéir aux ordres de Sa Majesté, l’assemblée se réunit « immédiatement après le son de la cloche, à la manière accoutumée en notre église paroissiale » . Elle dresse et arrête «  le présent cahier de nos plaintes, doléances et remontrances pour être par les députés porté à l’assemblée de Nantes et ensuite aux États Généraux ».

Ce cahier comporte 34 articles d’importances diverses (NDLA : me faire la demande si vous souhaitez le détail).

« Aucun juge de la vicomté de Donges ne s’étant présenté pour présider cette assemblée et en rapporter le procès-verbal, nous considérons que cette circonstance ne doit être un empêchement à l’exécution des ordres de Sa Majesté ni un obstacle à ce que nos vœux pour le bonheur publique soient parfaitement connus.

« Nous avons procédé à l’élection de nos députés. Les voix recueillies de la manière accoutumée ont donné la pluralité des suffrages en faveur de Messieurs CHAILLON, OLLIVAUD, CLÉMENCEAU, RICAUD de Melo, VINCE, HALGAN, François MACE, Matthieu MAHÉ, Jean MAHÉ, Luc MAHÉ et André HALGAND à raison d’un député par cent feux après nous être assurés par l’imputation de nos livres de capitation et de fouages que le nombre de feux qui composent cette paroisse est de 1156. »

 

En fait le cahier de doléances porte mal son nom. Pas de plaintes, pas de doléances (sauf à bien chercher entre les lignes) mais un véritable programme de gouvernement pour mettre en place une nouvelle administration et un nouvel art de gouverner. On ne s’attarde pas sur ce qui a été ou est mais on dessine pour l’avenir. On n’y trouve pas non plus d’articles concernant des problèmes locaux spécifiques. Ceux qui pourraient l’être sont resitués dans la conjoncture générale.

 

Bien sûr, les participants à l'assemblée paroissiale du 31 mars n’y sont pas pour grand-chose. Les quelques notables non plus sans doute. C’est incontestablement l’œuvre d’Etienne CHAILLON, l’ancien sénéchal de Savenay et de Saint-Nazaire, futur député à l’assemblée nationale puis à la Convention, qui jouera un rôle important à Nantes et à Paris pendant la Révolution. Il l’a probablement  élaboré avec l’aide de quelques amis mais c’est lui qui l’a présenté à sa paroisse de Montoir.

 

20 avril :

·         Etienne CHAILLON (1736-1796) est élu député titulaire du Tiers-État pour le département. Un autre enfant de Montoir, l’abbé Joseph MOYON, curé de Saint-André-des-Eaux est un des trois membres titulaires élus pour y représenter le clergé.

 

5 mai : Réunion à Versailles des États-Généraux

9 juillet : L’Assemblée Nationale se déclare Constituante

14 juillet : Prise de la Bastille.

4 août : Abolition des privilèges

26 août : Déclaration des droits de l’homme et des citoyens. Démission de l’Abbé MOYON de son poste de député des États Généraux.

 

L’été est très sec et la moisson mauvaise.

 

3 novembre :

·         La Constituante décrète que les biens du clergé sont à la disposition de la nation.

 

1790

 

Les lois de décembre 1789 et de janvier 1790 mettent en place le découpage administratif de la France. La base en est la commune qui correspond généralement à la paroisse. La trêve de Saint-Joachim est détachée de Montoir et devient commune autonome.

Les communes sont regroupées en canton. Celui de Saint-Nazaire comprend Saint-Nazaire, Escoublac et Saint-André-des-Eaux. Celui de Montoir regroupe Montoir, Donges et Saint-Joachim.

Ces cantons dépendent du district de Guérande qui regroupe une vingtaine de communes. Le district est une subdivision du département de Loire-inférieure qui correspond lui-même au territoire du diocèse de Nantes.

Chaque district a son tribunal, chaque canton sa justice de paix et chaque commune sa municipalité.

Département et district ont à leur tête un conseil élu par des électeurs, eux-mêmes élus dans chaque canton par les citoyens réunis en assemblée primaire. Ces mêmes citoyens élisent aussi les députés. Les conseils départementaux et de district élisent eux-mêmes un directoire ou commission exécutive.

Toute nomination à un poste de responsabilité repose donc sur l’élection à la base, « au suffrage universel » ( ?) par les citoyens actifs, c'est-à-dire : français, ayant 25 ans révolus, ni domestiques, ni banqueroutiers, faillis ou insolvables, domiciliés de fait depuis un an au moins dans la commune et payant une contribution de la valeur de trois journées de travail.

Dans chaque commune la municipalité comprend des officiers municipaux et un corps de notables formant le conseil général communal (Moret p.374)

 

C’est vers février 1789 qu’est élue la première municipalité de Montoir qui était composée (sous réserve) de :

Alexandre CLÉMENCEAU (    -1798), maire

Maurice GILLET (1728-1795), Mathieu MAHÉ (1731-1802), Estienne MOYON (1731-1822), Jean CHAUVE, Joseph PELOUX (1752-1812), Pierre XEAU et Guillaume SAMBRON (1750-1835) , vicaire, auquel est confié le rôle de secrétaire-greffier.[11]

 

12 juillet : Constitution civile du clergé

 

14 juillet : Fête de la Fédération

·         « Le 14 juillet 1790, jour où toutes les milices nationales, troupes réglées et tous autres corps militaires ont fait dans toute l’étendue de l’empire français et principalement à jour un pacte d’union pour le soutien de la nouvelle constitution, est née et a été baptisée à Méan Marie, fille de Charles MOREAU et Marie CAROU »

C’est en cette année 1790 que l’abbaye de Blanche-Couronne fut vendue pour 120.000 livres à POULAIN et à René VIGNERON de La Jousselandière.

 

17 novembre : Promulgation du décret obligeant les ecclésiastiques à prêter serment à la constitution.

 

1791

 

13 mars 

·         Élection comme évêque constitutionnel du département de Loire-Inférieure de Julien MINEE, curé d’une paroisse de Saint-Denis près de Paris.

 

15 mai 

·         Délibération de la municipalité de Montoir et de son conseil général. Le maire expose les faits suivants : le 1er de ce mois le nouvel évêque a écrit une lettre pastorale qui a été envoyée à toutes les municipalités pour la faire publier. Étant disposé à assurer cette publication, il est allé, lui maire, accompagné d’Etienne MOYON (1731-1822) et du procureur de la commune, trouver le recteur René ÉON (1739-1815) à qui ils ont remis deux exemplaires de la lettre, l’un pour lui et l’autre pour être publié au prône de la messe. Le recteur refusa en disant qu’il ne pouvait pas, lui, publier ce texte (car n’ayant pas prêté serment à la constitution civile du clergé). Le maire, Alexandre CLÉMENCEAU, proposa alors de le faire lire par Guillaume SAMBRON, prêtre constitutionnel et secrétaire de la municipalité. EON déclara alors que SAMBRON ne pourrait pas faire cette lecture pendant la messe mais quand elle serait terminée. Les membres de la municipalité se concertèrent car ils savaient très bien que si ce texte était lu à l’issue de la messe, peu de gens l’entendraient car tous s’empresseraient de se disperser pour rentrer chez eux. Le maire décida alors que la lecture serait faite par SAMBRON après la procession qui précède la grand-messe.

Ce qui fut fait. Alors que le recteur s’apprêtait à commencer la messe, SAMBRON commença sa lecture. Aussitôt le recteur quitta ses habits sacerdotaux et sorti, accompagné de son vicaire GIRARD, de JOLIN, chapelain de Méan et suivi de la plupart des assistants. La lecture terminée, il fut déconseillé à SAMBRON de sortir car un attroupement s’était formé sur la place et des femmes l’attendaient avec des pierres dans leurs poches et dans leurs tabliers. La veuve DUPIN, REBONDIN l’ainé du bourg et la femme de Jacques DAVID, métayer à Donges ont déclaré que les meneuses étaient Marie VINCE veuve FOURNIER de La Ramée, Marie VINCE servante chez Joseph CHAUVE de Camé et Claudine ROTHOUX, épouse de Jean AUPIAIS, de Guersac.

L’administration municipale décide alors de dénoncer ces femmes à l’accusateur public et, comme il y a une fermentation générale dans la paroisse, elle demande l’envoi de 12 dragons pour protéger les patriotes de la paroisse qui sont très peu nombreux (ADLA L.1020).

 

22 mai 

·         Réunion de la municipalité afin de pourvoir le poste de secrétaire-greffier jusqu’alors tenu par Guillaume SAMBRON qui vient d’être nommé curé de Crossac. Le choix se porte sur Julien FRANCOIS ci-devant (précédemment) receveur des devoirs à Brest. Le sieur SAMBRON, dont le salaire était de 300 livres par an, touchera 106 livres pour 4 mois et 22 jours de travail et devra faire avec son remplaçant l’inventaire des archives du secrétariat (ADLA 12.JJ.15).

 

7 juin 

·         Le département ordonne la fermeture des églises et chapelles autres que paroissiales ou succursales. Les prêtres remplacés devront se retirer à Nantes ou à 3 lieues au moins de leur ancienne paroisse. (Y. Durand p.175)

 

25 juin

·         Partage des prairies de la paroisse suivant l’étendue et la population de chaque section dans le solide et dans les iles. Auront :

-     Le Clos : "depuis l’étier de Montoir jusqu’à l’atterrage de Donges, le pré de La Bernade et, au nord de l’ile, depuis Bratz jusqu’à la chaussée de Nion".

-     Le Bourg : « depuis Fondelain, remonter en dehors du pré Coulain, remonter vers le sud de l’étier de Montoir, aller par la tête des prés MAHÉ et L’HERMITE, joindre le vieux grand chemin, suivre l’ancien étier jusqu’au Pontchareau et, à La Croix, venir à Gris par l’ancien grand chemin, descendre vers le marais et toutes la partie des prés de Bratz à La Taillée » .

-     Gron : « depuis le secteur du bourg jusqu’à l’étier de Méan par le vieux grand chemin. Sont compris les féages de Saint-Martin et du recteur. »

-     Trignac-Loncé : « depuis le vieux grand chemin, venir au pont de Méan, venir au pont de Loncé, suivre le fossé jusqu’à Caleyun ( ?) et au praud de Monsieur DAVID. »

-     Guersac et Erran : « le surplus de la haute prairie »

-     Méan, Bert, Aisne, Aucard : « toute la basse prairie au-delà du pont de Méan »

 

26 juin 

·         L’assemblée municipale, « pour fêter le retour du Roy[12] qui assure la tranquillité du royaume et terrasse ses ennemis décide qu’il sera chanté un Te Deum à vespres puis allumé un feu de joie ». Elle décide également que « le sieur AOUSTIN, ancien curé de La Chapelle-Launay et son vicaire GAUTIER, arrivés ce matin chez le sieur RICORDEL, ancien recteur de Bouin retiré dans cette commune, doivent quitter la paroisse. Il en est de même pour le sieur VINCE, ci-devant vicaire à Donges, depuis quelques jours dans le pays » .

Quand la municipalité se présente à la cure pour faire appliquer sa décision de chanter un Te Deum elle n’y trouve que le valet. Le recteur et le vicaire GODET sont à Saint-Joachim et le sieur GIRARD à faire le catéchisme. Quand celui-ci arrive il affirme qu’il n’a pas qualité pour le Te Deum et refuse catégoriquement de le faire. (ADLA 12.JJ.15)

On va alors trouver l’ancien recteur de Bouin, RICORDEL, mais il refuse aussi, arguant qu’ayant dû quitter sa cure, il n’est plus fonctionnaire public et n’a donc pas à exécuter de tels ordres. En fin de compte, les municipaux se rendent à l’église et y chantent le Te Deum an l’absence de tout ecclésiastique. (ADLA 12.JJ.15)

 

10 juillet 

·         Plusieurs habitants de Guersac réclament la clé de leur chapelle pour y faire dire la messe le dimanche prochain par leur prêtre ordinaire Yves GODET. Pour la municipalité, celui-ci, comme tous les prêtres réfractaires (n’ayant pas prêté serment), étant un mauvais sujet, la supplique est renvoyée aux administrateurs du district.

 

14 juillet 

·         Fête de la Fédération. Le recteur et les vicaires ayant refusé leur participation (même Pierre RABAS, vicaire constitutionnel de Donges s’est récusé), la municipalité se rend à l’église à midi et y chante le Veni creator puis, sur la place, fait le serment sur l’autel de la Liberté, d’être fidèle à la nation, à la Loi et au Roy. (ADLA 12.JJ.15)

 

24 juillet 

·         Jean PELTIER, marchand au bourg, est chargé du stockage et de la gestion de la poudre à tirer. Les contributions foncières et mobilières rentrant très mal, les commissaires, assistés de la troupe, seront chargés de les faire rentrer.

 

25 juillet

·         Arrivée du détachement militaire qui doit être logé au bourg. Les habitants de Guersac devront fournir les ustensiles de cuisine nécessaires qui seront transportés à la chapelle.

 

2 août 

·         Alexandre OLLIVAUD et Etienne MOYON, officiers de la garde nationale, prendront 19 gardes, 1 sergent et un caporal pour assurer la tranquillité du détachement du 25ème régiment (ADLA 12.JJ.15). (Il est cocasse ou surprenant que la troupe envoyée pour protéger les habitants doive être protégée par eux !)

 

7 août

·         Imposition des 6 premiers mois de 1791 (contributions foncières, mobilières, fouages, capitation), des commissaires sont nommés pour enquêter dans chaque section et établir les rôles de répartition de l’impôt mobilier entre les habitants.

 

14 août 

·         Les arrêtés des 29 aout et 28 septembre 1790 avaient envisagé la création d’un marché nécessaire pour le commerce des bestiaux et autres denrées et notamment pour l’importation des grains et farines « qui sont si nécessaires après la consommation des grains de notre cru qui furent à peine de trois mois dans les années d’abondance. Il y aura donc un marché tous les mardis et une nouvelle foire le 3ème mardi d’avril ». (ADLA 12.JJ.15)

 

16 août 

·         Lettre de JOLIN, vicaire de Montoir résidant à Méan, au district : il y déclare que le revenu des biens et bénéfices de Saint-Joseph de Méan se monte à 72 livres nettes par an. Si on y intègre les charges le revenu brut pourrait alors s’élever à 140 ou 150 livres. Il proteste en même temps contre la fermeture depuis 5 ou 6 semaines de la chapelle si nécessaire pour les fidèles qui ont coutume d’y assister à la messe et qui sont au moins 800 ou 900 personnes dont beaucoup sont des vieillards ou des infirmes qui ne peuvent aller à la paroisse (à Montoir).

« Je vous prie donc de me faire avoir la clé de la chapelle en écrivant un mot à la municipalité qui n’a certes pas à se plaindre de moi » (ADLA L.729)

 

22 août 

·         Dans la nuit du 21 au 22, Joseph MOYON 1739-1813), recteur de Saint-André-des-Eaux, est enlevé, enfermé à Guérande avant d’être transféré au château de Nantes. Gros émoi dans la paroisse. (ADLA L.754)

 

10 septembre 

·         Décision du district de Guérande au sujet de Méan :

-     - Produit du bénéfice de Méan : 155 livres,

-     - Charges : 66 messes à 15 sols : 49,50 livres

-     - Vingtièmes pour réparations : 5,50 livres

-     - Reste 100 livres. Le traitement de JOLIN sera 100 livres comme titulaire du bénéfice plus 600 livres comme vicaire, soit 700 livres, traitement normal d’un vicaire (ADLA L.729)

 

11 septembre

·         La municipalité de Montoir conteste cette décision. Elle n’est pas d’accord pour un traitement à JOLIN qui jouit déjà de la maison arguant du fait que c’est un prêtre non assermenté dont la vie n’est point exemplaire, s’écartant même de la modération qui doit être celle d’un ministre des cultes et renvoie le problème au district.

 

19 septembre

·         Lettre de JOLIN au district au sujet des revenus de la chapelle Saint-Joseph de Méan dont il fait l’estimation suivante :

-     10 à 11 hommées de prés fauchables : 100 francs annuels

-     4 journées à bœufs de terre labourable en Montoir dont 2 incultes chaque année à  10 francs par journée soit 20 livres. Au total 120 livres avec les prés fauchables.

-     La maison et le jardin peuvent être affermés 30 livres. Donc au total 150 livres sur lesquelles sont dues : 6 livres de rentes seigneuriales et autant pour le rôle supplétif ainsi que 18 livres pour réparations de la chapelle et de la maison qui, étant exposées aux grands vents de mer, sont sujettes à de grandes réparations.

Il fait remarquer aussi que « cette année la vente des foins a été affermée par la commune qui en a encaissé le prix et que, la maison et le jardin étant occupés par moi, il ne rentre pas de loyer. J’attends toujours le traitement auquel j’ai droit, ayant mes lettres de vicaire de Montoir résidant à Méan. Je réclame aussi la réouverture de la chapelle en vous rappelant que Méan est un port de mer et que la messe pour l’arrivée et la sortie des marins. ». (ADLA L.729)

 

2 octobre 

·         Le conseil municipal décide de faire vérifier le bénéfice de Saint-Joseph de Méan, celui de Notre-Dame de Bratz, celui des Erréages ainsi que le légat d’Etienne FOURÉ dont le titulaire est le sieur MAHÉ.

·         Par ailleurs, sur l’avis que « M. CHAILLON, député à l’assemblée nationale mais non rééligible ne devrait pas tarder à revenir parmi nous, nous lui avons trop d’obligations pour les services qu’il a rendu à la nation avec ses illustres collègues, pour ne pas lui donner une faible marque de notre reconnaissance par une délégation au-devant de lui, jusqu’à la chaussée de Nion s’il vient par terre où jusqu’à Donges s’il vient par eau ». Des réjouissances seront organisées pour fêter le couronnement du Roy, son acceptation de la constitution et son adhésion à tous les décrets de l’assemblée nationale. (ADLA 12.JJ.15)

 

13 octobre

·         La municipalité transfère le registre du temporel de la paroisse de Montoir (le registre des comptes) au secrétariat de la commune.

 

16 octobre 

·         Une plainte est formulée contre le vicaire GODET qui, recevant la confession du sieur BLANCHARD, acquéreur de biens nationaux, lui aurait dit « Je vous donne l’absolution mais ne communiez pas ». Affaire renvoyée au district. (Comme lors de toutes les périodes troublées, les acquéreurs de biens nationaux s’enrichirent souvent sans vergogne)

·         Suite du feuilleton JOLIN qui précise les charges de son bénéfice de Méan :

-     1 messe par semaine pour les fondateurs et bienfaiteurs de la chapellenie qui sont : Guillemette MOLLE et Perrine BECCARD

-     4 messes par an pour Perrine FRANCOIS

-     4 messes par an pour Etienne BROSSAUD

-     2 messes par an pour Étiennette BIHAN

-     3 messes par an pour Péronnelle BAGOURD

-     1 service pour René BROBAND

-     Il revient à la charge pour qu’on lui verse un traitement.

 

22 octobre 

·         Le conseil du district de Guérande propose que la succursale de Méan soit, sous le double rapport religieux et administratif réunie au territoire de Sain t-Nazaire (Moret p. 403)

 

13 novembre 

·         Le conseil général de Saint-Nazaire énonce cet avis certainement très désintéressé ( !) :

 «Vu l’adresse des habitants des villages de Méan, Bert, Hocquart, Aisne, en date du 10 novembre présent mois, qui invite les officiers municipaux de Saint-Nazaire à prendre en considération les motifs qu’elle présente et à les appuyer de leur recommandation auprès de Messieurs les administrateurs du département .»  

« Estimant que la réunion de ces villages à la municipalité de Saint-Nazaire, réclamée par le bien général des habitants est la seule précaution à prendre pour assurer leur bonheur et parer aux malheurs (appuyé de beaucoup d’exemples) dont ils cherchent à se préserver »

« Le conseil arrête que copie de la dite adresse serait adressée aux administrateurs du département » (Moret p.383)

 

Ce même jour, à Montoir, l’assemblée générale se réunit dans l’église paroissiale pour le renouvellement de la municipalité, le nombre de votants étant de 78 (ce qui représente une faible part de la population répondant aux critères de vote). Après deux tours de scrutin c’est Mathieu RUEL d’Aucard qui est élu maire avec 42 voix. L’élection du procureur de la commune n’ayant pu se faire aux deux premiers tours, est reportée au dimanche suivant et Mathieu RUEL se défait de sa fonction devant le juge de paix.

 

20 novembre

·         Nouvelle assemblée mais dans la chapelle de La Trinité et en présence d’Etienne CHAILLON. Il y a 95 votants et Mathieu RUEL est à nouveau élu maire avec 65 voix. Il objecte qu’étant marguillier de cette paroisse, il est inéligible. L’assemblée dit persister dans cette élection et ne pas vouloir procéder à un autre vote. Elle refuse également de s’en remettre à l’avis du comité de constitution de l’assemblée nationale. (ADLA 12.JJ.15)

 

29 novembre

·         Décision du district de Guérande : « Le dénommé Mathieu RUEL élu maire de Montoir à la place de CLÉMENCEAU ne peut occuper ce poste puisqu’il est trésorier et marguillier de cette paroisse. L’ancienne municipalité restera à son poste jusqu’à ce qu’une nouvelle soit élue légalement » (ADLA L.405)

 

11 décembre 

·         L’assemblée se réunit de nouveau dans la chapelle et, cette fois, sous la protection de 12 gardes nationaux de Mayenne. Il y a encore 95 votants et Emmanuel OLLIVAUD est élu maire par 67 voix. Les nouveaux conseillers municipaux sont : Julien AUPIAIS, Pierre et Joachim AOUSTIN, Julien CALO et Guillaume MOYON. Jean LEMOINE est élu procureur de la commune.

 

18 décembre

·         Communication au recteur EON de l’arrêté du département concernant les prêtres dangereux non assermentés. Le recteur promet de le lire le dimanche au prône.

 

23 décembre

·         « Ce matin, dans une tempête épouvantable, l’équipage d’un navire en perdition à la pointe de Chemoulin fut sauvé par des pilotes nazairiens » (Moret P.405)

 

1792

5 janvier

·         Depuis longtemps les habitants réclamaient un emplacement couvert pour abriter les denrées périssables (grains, paille) les jours de marché. La municipalité accédant à cette demande a choisi la chapelle de La Trinité pour la tenue du marché. La croix en est enlevée et rendue à son donateur, un particulier de Pinard. La balustrade du chœur sera enlevée pour donner plus de place au marché aux grains. (ADLA 12.JJ.15)

 

22 janvier

·         Gilles DAVY, capitaine de navire (1728-1812), est élu par le conseil municipal au poste de secrétaire-greffier en remplacement de Julien FRANCOIS décédé.

 

24 janvier 

·         L’assemblée générale des habitants suite à une requête du sieur DE BRAY concernant l’assèchement des marais. Depuis 14 ans (signature du traité de Donges) rien n’a bougé et il suffit que DE BRAY se manifeste pour que l’inquiétude reprenne. Les gens veulent absolument conserver leurs tourbières et leurs roselières, la tourbe étant nécessaire pour leur chauffage, celui de Nantes et de tout le littoral de Rochefort à Lorient. Ils sont toujours persuadés que l’assèchement empêcherait le renouvellement des tourbières.

Ils ont également besoin, pour couvrir leurs maisons et pour leurs animaux, des roseaux qui risqueraient de disparaître. Ils ne sont cependant pas hostiles au nettoyage du bas-Brivet pour faciliter la navigation.

 

25 janvier 

·         Le sieur BOULAY, procureur de Paimboeuf, est chargé par les municipalités de Montoir, Crossac et Saint-Joachim de les représenter près de la compagnie DE BRAY.

 

28 janvier 

·         Les aubergistes sont priés d’avoir un livre en papier timbré pour y inscrire tous ceux qui passent, ne serait-ce qu’une nuit chez eux.

 

11 février

·         Jugement du tribunal de Guérande : « Dans le grand marais de Montoir, près de l’ile de Bert, il y a un marais à joncs de 48 journaux, privatif de l’ile de Bert. Ce marais ne se fauche que tous les deux ans au mois de septembre pour que les joncs soient propres aux couvertures des maisons, le jour de la coupe étant décidé entre les habitants. » C’est ce qu’exposent trois habitants de Bert qui se plaignent de ce que les gens d’autres villages et communes ne tiennent pas compte de ce règlement. Ils sont déboutés car le dit marais, comme toute la Brière, est à la disposition du premier qui en a besoin, en se basant sur les lettres patentes du 28 janvier 1784. (ADLA L.1390)

 

23 février 

·         La perception de la contribution foncière a été adjugée, pour 4 deniers le livre, à François MOYON, aubergiste au bourg.

·         Tous les gens de mer des paroisses de Donges, Lavau, Besné, Crossac, Campbon, Pontchâteau, Prinquiau, Savenay et Bouée formant le syndicat de Montoir, sont convoqués pour l’élection d’un syndic.

·         Les prêtres RICORDEL, GODET, JOLIN et GIRARD doivent se rendre dans les deux jours au chef-lieu du département. (ADLA 12.JJ.15)

 

26 février

·         Le recteur constitutionnel de La Chapelle-Launay, M. BERCEGEAY, ayant démissionné, le général de la paroisse écrit « aux messieurs du département » pour leur demander le retour de l’ancien recteur M. AOUSTIN, originaire d’Aignac et de son vicaire M. GAUTIER : « Ce sont des prêtres rares au caractère doux et pacifique » (ADLA L.1690). La demande sera rejetée le 2 mars par le district de Savenay. Celui-ci considère en effet que, vu la petite distance, les gens de la haute Chapelle peuvent très bien aller à Savenay et ceux de la basse Chapelle à Lavau.

 

27 février

·         Officiellement, il ne reste plus qu’un seul prêtre sur la paroisse de Montoir, le recteur EON.

 

4 mars 1792

·         Etienne CHAILLON et Jean-Baptiste RICAUD qui, par un arrêté du district de Guérande du 23 février 1792, ont été nommés commissaires pour l'assiette des contributions foncières et mobilières dans les municipalités de Montoir, Saint-Joachim Joachim, Crossac et Saint Nazaire, commencent une tournée d'inspection par la commune de Montoir. Ils y constatent que pour la contribution foncière les commissions sont en place et au travail. pour la contribution mobilière, les commissions sont constituées mais n'ont pas commencées leur travail.

 

7 mars 1792

·         Ils arrivent  à Crossac où le maire Jean PLAISANCE et le secrétaire-greffier Jean ALLAIRE n'ont rien fait et ne voient pas comment ils pourraient faire quelque chose attendu l'état d'esprit de la commune (esprit anti révolutionnaire, religieux et royaliste). Pendant leur discussion un particulier vient leur déclarer que l'on demande des déclarations au peuple pour pouvoir ensuite s'en emparer comme cela a été fait pour les biens de l'Église. C’est là, dit-il, le « revenant-bon » du district qui s’engraisse aux dépens de peuple.

S'étant retirés à la cure, le curé constitutionnel, Guillaume SAMBRON, leur montre les vitres criblées de coups de fusil, disant que sa vie ne tient pas à un fil.

A 4 heures du soir, ils arrivent à Saint-Joachim Joachim où la municipalité est assemblée. Pour la contribution foncière les sections ont été faites et les commissaires nommés, pour la mobilière il n'y a rien de fait. La municipalité ne pense pas pouvoir effectuer ce travail car le peuple est absolument prévenu contre.

Elle est justement occupée à délibérer sur la façon de faire rendre le livre de capitation qui servait au percepteur des deniers publics, livre qui lui a été arraché des mains, pendant qu'il faisait sa recette, par le nommé Jean OLLIVAUD dit "Bonne Barbe", demeurant à Mazin et qui s'est enfui sans qu'on sache où il s'est caché.

Vers 7 heures du soir, ils se retirent chez les prêtres de Saint-Joachim Joachim à leur invitation.

 Dans la soirée, le maire, le secrétaire-greffier et le receveur de la capitation viennent les avertir que Jean OLLIVAUD se trouve au cabaret voisin tenu par Marie HALGAN. Ils leur demandent de les y accompagner n'osant y aller seuls.

Jean OLLIVAUD interpellé déclare qu’il a détourné le registre pour empêcher de faire payer trois ou quatre cent livres à des malheureux et qu'il n'a pas l'intention de le rendre. Un papier dépassant de son gilet, il lui est arraché. C'est bien le registre qui, ayant été examiné, n'a pas subi de détériorations. Il est rendu au percepteur.

Arrivés à Saint Nazaire le 12 mars ils n'y obtiennent aucune assurance que le travail pourra y être fait étant donné l'état des esprits.

CHAILLON et RICAUD font, à l'issue de leur périple, l'observation générale suivante : le peuple de ces quatre paroisses est absolument aveuglé et séduit. Le mal y est à son comble. S'il n'y est pas porté remède, il serait dangereux d'y envoyer des commissaires. (CHAILLON et RICAUD sont des révolutionnaires convaincus détenant une partie du pouvoir local et parlant de la majorité de la population de ces communes)

Cependant, la commune de Montoir n’est pas dans « un état aussi déplorable ». (ADLA L.1020)

Le même dossier des ADLA contient une lettre non signée datée de Savenay le 5 mai. Elle fait sans doute suite à cette affaire : «L’intention du département est absolument que la troupe qui consiste en 292 hommes dont 254 d’infanterie et 28 de cavalerie, paraisse à Montoir pour ôter à ce pays et aux Brières l’idée de toute insurrection à l’avenir. Nous vous prions en conséquence de faire les dispositions à cet égard après avoir vérifié. Le plus promptement qu’il nous sera possible nous nous retirerons pour ne pas gêner le pays, mais il nous est expressément recommandé de terminer de voir les choses par nous-mêmes et d’éteindre tout à fait la première insurrection sérieuse qui ait paru dans le département. Vous voudrez bien faire les dispositions pour les étapes et nous faire réponse par le porteur de la présente ». (La répression est donc prête à se mettre en œuvre, sans discussion possible pour les exécutants.)

 

12 mars

·         À 7 heures le maire et les représentants de la municipalité partent pour Méan afin de faire l’inventaire des ornements et linges de la chapelle et le comparer à celui du 9 avril 1791. En arrivant à Méan on leur dit que les clefs de l’armoire sont chez l’ancien chapelain JAULIN. Là, le domestique les leur remet. L’armoire ouverte, les effets s’y trouvant sont confiés à fin de bonne conservation à François MACE, Françoise LEFEUVRE, Perrine EVIN, Françoise MAYET veuve LEFEUVRE, Françoise MEAUDE veuve GRIVAUD et aux femmes de Pierre DRUNEAU, Pierre CANQUOIS et Etienne LAVALLEE, absents au cabotage. Le tout correspond à l’inventaire précédent. Les clés de la chapelle et de l’armoire sont ramenées à la municipalité. (ADLA 12.JJ.15)

 

26 mars

·         Jacques AOUSTIN, chargé d’établir la contribution foncière de Guersac s’est vu contraint de diviser l’ile, trop grande, en 4 parties et demande du renfort pour faire le travail.

Pour l’année précédente, 1791, pour la commune, les contributions sont fixées à 24841 livres pour la foncière et 5884 pour la mobilière.

 

30 mars 

·         Enquête sur un différend entre la municipalité de Montoir et Monsieur de L’ESTOURBEILLON au sujet de la chaussée de la Sambine. Il apparaît qu’il y a fort longtemps 4 charrettes y passaient de front mais chaque fois que les L’ESTOURBEILLON faisaient curer les douves entourant leur pré de La Motte, ils empiétaient sur la dite chaussée. Si bien qu’il ne peut plus y passer qu’une charrette à la fois. (ADLA L.1391)

 

1 avril

·         La municipalité fait une première saisie des registres paroissiaux.

 

8 avril 

·         RICAUD présente un certificat de résidence à Paris du sieur Alexis François Marie Joseph FRESLON, possesseur de la terre de Bratz située en cette commune.

 

12 avril 

·         La municipalité procède à la confiscation des registres de baptêmes, mariages et décès. Il y a 126 cahiers dont le premier a été ouvert en 1532. Beaucoup sont incomplets avec des feuilles rongées, déchirées et souvent illisibles (ADLA 12.JJ.15). Il n’empêche que beaucoup de ces registres qui nous font tant défaut aujourd’hui existaient alors.

 

15 avril 

·         Maurice GILLET (1728-1795), capitaine de navire, est élu syndic des gens de mer par 19 voix sur 25 ; Louis BROBAND (1743-1799), ancien maitre de navire est élu suppléant.

 

21 avril 

·         Assignation de la municipalité de Saint-Joachim pour effectuer le partage des impositions entre les deux communes qui auparavant n’en formaient qu’une.

·         Les prêtres non constitutionnels ayant été appelés au chef-lieu, les paroissiens de Montoir sont sans secours spirituel, il n’est plus possible de faire des annonces au prône puisqu’il n’y a plus de messes. La municipalité de Montoir formule donc une requête au département pour lui demander deux prêtres, constitutionnels ou non. (ADLA 12.JJ.15)

 

25 avril

·         M. DELMOSSE, vicaire épiscopal de Monseigneur de Nantes, ne disposant d’aucun prêtre, vient proposer de desservir la paroisse en tant que vice-gérant. Accepté, il reçoit les clés de l’église et les registres qu’il commence à tenir dès ce jour.

 

27 avril 

·         La municipalité de Saint-Joachim participe à la réunion pour le partage des impositions de 1791, ce qui permet d’en connaître la composition :

-     Maire : Guillaume AOUSTIN, Procureur : Jean VINCE

-     Officiers municipaux : Joseph MAHÉ, Martial AOUSTIN, Jean MAHÉ, Jean MOYON, Pierre OLLIVAUD

-     Membres du conseil : Jacques et Pierre HALGAND, Jean AOUSTIN, Jean MOYON, Denis MAHÉ

-     (Compte tenu de la fréquence de ces noms et prénoms dans les iles, il est difficile de les identifier plus précisément.)

·         La municipalité de Saint-Joachim est venue les mains vides. Elle n’a fait aucune enquête, établi aucun rôle et n’a aucun papier (ce qui montre son zèle révolutionnaire !). On décide de baser le partage sur les impositions de 1790.

-     Capitation[13] : en 1790, les habitants de Montoir ont payé 2456 livres, ceux de Saint-Joachim 1436 livres. Pour 1791, l’impôt réparti sur cette base sera de 5770 livres pour Montoir et de 3370 livres pour Saint-Joachim.

-     Contribution foncière : Saint-Joachim propose d’entrée de prendre 1/20ème à sa charge. Mais cela ne repose sur rien (pas de papiers terriers, pas de titres) et est donc refusé. Les participants de Montoir commencent alors leurs calculs qui ne sont pas évidents à suivre :

1.    « En 1790, le rôle était composé de 1183 articles, y compris les propriétaires « étrangers », pour une somme 6268 livres

2.    Les habitants de la commune de Saint-Joachim composant 419 articles, ce qui donne autant d’articles que toutes les autres frairies de Montoir, excepté le bourg, le Clos ou Erran, à moins de 18 articles et un capital de 1142 livres.

3.    après examen de la différence qu’il doit y avoir entre leurs immeubles situés en la paroisse et ceux qu’ils possèdent séparément de nous dans les Grandes Isles, Pendille, Mazin, Aignac, Fédrun et Kerfeuille, et considérant la grande quantité de maisons qu’ils possèdent dans ces iles, nous estimons que leurs immeubles situés dans la paroisse de Montoir, en commun avec ses habitants, sont le tiers de ceux qu’ils possèdent seuls et exclusivement dans la trêve de Saint-Joachim. »

·         C’est sur cette base qu’est établie leur contribution foncière pour 1791 et de cette façon :

-     « Déduisant le tiers de leur imposition au 20ème de 1790, soit 380 livres pour l’apprécix de la propriété qu’ils ont dans la paroisse de Montoir,

-     Ils leurs donnent pour les deux autres tiers (1142 livres), la somme de 761 livres pour ce qu’ils possèdent dans leurs iles

-     Ce qui leur donne "au marc la livre[14]" de la somme 24841 livres portée au mandatement de la contribution foncière pour 1791, celle de 3017 livres que nous croyons inférieure à celle que cette Trêve devrait supporter, vu la charge qui reste à la paroisse. »

·         Les représentants de Saint-Joachim estiment qu’il leur parait impossible d’imposer le terrain immense et précieux connu sous le nom de Brière où l’on extrait la tourbe, vu qu’alors les paroissiens de Montoir paieraient et les autres communes récolteraient. (ADLA 12.JJ.15)

 

8 mai 

·         On fait le point des membres de la garde nationale du canton :

-     Pour Montoir il y eut 306 inscrits. Depuis, 6 sont morts et 5 prêtres sont absents. 94 ont plus de cinquante ans, 138 sont marins ou charpentiers de port, 41 sont laboureurs.

-     Pour Donges : 267 inscrits, 20 sont morts depuis, 3 prêtres sont absents et 30 sont marins.

-     Pour Saint-Joachim, le maire n’a rien (ADLA 12.JJ.15)

 

11 mai 

·         Visite de la chapelle Saint Malo à Guersac à la demande du vicaire épiscopal DELMOSSE. La porte de la sacristie est fermée à clé et la grande porte pattefichée. Les ornements sont de peu de valeur. Le calice est transporté à la sacristie de l’église de Montoir pour qu’il ne soit pas volé.

 

28 mai

·         Jean LEMOINE, procureur de Montoir et Joseph PELOUX, de Gron, officier municipal, enquêtent à Loncé chez la veuve d’Etienne OLLIVAUD au sujet de barriques entreposées chez elle. C’est le début de ce qui allait devenir « L’affaire de Pendille »[15] (ADLA L.1394)

29 mai 

·         Le forestier Jacques CHAFIREAU fait une déposition dans laquelle il dit ce qu’il sait du transport des barriques. Etienne CHAILLON affirme qu’elles sont pleines de poudre et de cartouches aussi la municipalité de Montoir décide de demander aux autres communes d’enquêter.

 

1 juin 

·         : La justice de paix de Guérande apprend que les barriques ont été conduites à La Motte-Allement. Le jour même, elles sont retrouvées à Cuneix, pleines de linge et de vaisselle.

 

2 juin

·         En fin de soirée, une troupe conduite par Etienne CHAILLON quitte Montoir pour aller enquêter sur les barriques à Kerfeuille. Arrivé à Pendille (Saint-Joachim), on réquisitionne des chalands pour traverser le marais. Dans la nuit, des heurts ont lieu avec la population. Le gros de la troupe ayant réussi le passage prend immédiatement le chemin du retour en contournant cette fois les marais.

 

3 juin 

·         Etienne CHAILLON fait son rapport sur le registre de la police municipale de Montoir. A Paimboeuf, la municipalité se plaint de la fermentation des esprits après ce qui s’est passé à Montoir et les administrateurs s’inquiètent d’une insurrection qui se préparait à Frossay (ADLA L.1131)

Rapport d’Alexandre OLLIVAUD fils qui arrive des Brières disant que plusieurs dragons ont été grièvement  blessés et que lui-même est tout écharpé de coups. Il croit que le détachement aura de la peine à s’échapper des embuscades et que lui-même en est sorti par une sorte de miracle. Des secours sont demandés à Paimboeuf. (ADLA 12.JJ.15)

À 10 heures du soir, à Nantes, le directoire du département étant en séance, les sieurs MANSUY et BARADAC viennent dire « ce qui s’est passé la nuit précédente ». D’après eux, le but de l’expédition était de surprendre 12 prêtres réfractaires et de saisir 7 barils de poudre…le dimanche à 9 heures du matin il n’était revenu à Montoir, que 3 dragons et 2 personnes de Montoir et 1 dragon était grièvement blessé…le curé s’est enfui à Donges à 3 heures du matin…les 3 fils d’Etienne CHAILLON et celui de CLÉMENCEAU ont été tués (ADLA L.48).

Le directoire décide d’attendre un rapport officiel. Il a bien raison car, confronté à la réalité, ce récit montre bien le désarroi des esprits.

 

4 juin

·         Le lieutenant LAMOTTE qui commandait les dragons fait son rapport : Une troupe de 300 hommes part de Montoir pour aller enquêter à Saint-Joachim sur les évènements de la nuit du 2 au 3. Ils trouvent une commune quasiment déserte et des maisons vides, les habitants sont en Brière sur leurs chalands où ils ont emporté leurs effets. Après avoir incendié quelques maisons, la troupe rentre au bourg avec toutefois un prisonnier, Jean OLLIVAUD dit « Bonne Barbe », et Gilles DAVY, secrétaire-greffier de la municipalité de Montoir écrit son rapport sur cette expédition.

Son fils ayant été maltraité au cours de l’affaire, Emmanuel OLLIVAUD le fait examiner par deux chirurgiens jurés (assermentés). Les commissaires civils du département feront procéder à une contre-visite.

 

5 juin 

·         François PICAUD, secrétaire-greffier de la municipalité de Saint-Joachim, en son nom et en celui de Jean VINCE, procureur de la commune, rédige son rapport sur les évènements qu’ils ont vécus (ADLA L.1394, 288). Un officier municipal de Donges apporte au directoire du département le compte-rendu officiel des évènements. (ADLA L.48)

 

6 juin

·          Entrevue des représentants du département avec le maire et les officiers municipaux de Saint-Joachim qui se termine par leur transfert à Nantes ainsi que pour trois autres particuliers arrêtés sur place (ADLA L.282, rapport du 12 juin)

 

8 juin 

·         Découverte dans une douve des corps de 2 dragons tués pendant les échauffourées. Les deux cadavres sont amenés à Montoir le 9 juin et sont examinés par le juge BRIÈRE et les chirurgiens puis ils sont inhumés. Il s’agit des dragons CLERMONT et CARICHE du 16ème régiment qui, dit le registre, «après avoir été massacrés, ont été jeté du pont de Pendille ». Les fusils des 2 dragons seront récupérés à Saint-Joachim le 10 juin.

 

12 juin

·         Promulgation d’un arrêté réunissant provisoirement la municipalité de Saint-Joachim à celle de Montoir. A la suite de leur entrevue du 6 juin à Saint-Joachim, les représentants du département délivrent leur rapport où l’on trouve : «L’endroit appelé Saint-Joachim, plus connu sous le nom des Brières, contient une étendue considérable d’un terrain marécageux dont on tire la tourbe. Ce pays presque toujours inondé est divisé en villages séparés par des étiers ou canaux dont les habitants connaissent seuls la direction, ce qui rend le pays d’un accès très difficile. Ses habitants forment une peuplade très isolée composée de 8 ou 10 familles fort nombreuses, de là vient que, portant presque tous le même nom, ils sont obligés pour se distinguer de prendre des sobriquets. Ils ont peu de communications avec leurs voisins et regardent le reste des hommes comme étrangers. » (ADLA L.282)

À Nantes le directoire interroge le maire de Saint-Joachim Guillaume AOUSTIN, Guy VINCE, Guillaume MAHÉ et Jean OLLIVAUD.

 

17 juin

·         Arrestation de Mathieu RUEL (l’ancien élu maire et démissionnaire aussitôt), cultivateur à Aucard, accusé d’avoir tenté des enrôlements pour l’armée des émigrés.

 

18 juin

·         Le directoire du département adopte une longue adresse appelant à la paix civile. Texte imprimé, affiché et publié au prône des messes paroissiales du département.

 

8 juillet 

·         Loi imposant la tenue de registres pour les déclarations d’armes et de munitions. (412.JJ.14)

 

10 juillet

·         Les administrateurs de Paimboeuf protestent parce qu’à Montoir le rôle des garde nationaux de Paimboeuf lors des évènements de juin n’a pas été suffisamment reconnu. Ils font un éloge de la conduite de leurs hommes en particulier lors de l’expédition du 4 juin à Saint-Joachim. (ADLA L.1131)

 

21 juillet

·         Interrogatoire par Pierre Maurice BRIÈRE, juge de paix du canton de Montoir, des témoins arrêtés le 6 juin. Il délivre un mandat d’arrêt contre Jean OLLIVAUD dit « Bonne Barbe » et ordonne l’élargissement des autres.

 

25 juillet 

·         Interrogatoire de Jean OLLIVAUD par le juge René Jean LANGEVIN du tribunal de Guérande. Il est arrêté à l’issue de l’audience.

Les registres paroissiaux sont définitivement saisis par le maire de Montoir. Ils seront désormais « d’état civil ».

Un registre est ouvert pour l’inscription des volontaires pour la garde nationale, conformément à l’arrêt du district du 29 mai 1792. Ce jour, Denis CHAILLON a été le premier à se faire inscrire. François MOREAU, fils de Marie MOREAU s’inscrira le 30 juillet. Alexandre CLÉMENCEAU Fils semble avoir été ajouté après coup (ADLA 12.JJ.14)

 

 

Entre le 31 juillet et le 8 août 

·         Procès de Jean OLLIVAUD, interrogatoires des témoins Jacques JOUALLAND, François PICAUD, Guillaume MAHÉ, Jean VINCE, Joseph MAHÉ, Guillaume AOUSTIN, Marie MOYON, Joseph BERCEGEAY.

 

 

À partir du 9 août

·         Formation de la commune insurrectionnelle de Paris et début de sa dictature économique et administrative : réquisitions, taxations, contingentements, commissaires centralisateurs dans les départements.

13 août

·         Procès-verbal de la visite faite au château de Boisjobert par BRIÈRE, commandant de la garde nationale de Donges, Jacques CHOLET et René LANGLOIS qui y ont constater l’existence de meurtrières.

Emmanuel OLLIVAUD écrit au juge LANGEVIN de Guérande pour lui rappeler que son fils a été maltraité lors de l’affaire de Pendille et qu’il entend bien réclamer des dommages et intérêts.

Il indique également qu’il y a quelques temps, Nicolas DANAIS, garçon farinier à Saint-Joachim, s’étant vanté dans une auberge de connaître les auteurs des « atrocités de Pendille », il l’a fait arrêter alors qu’il dormait dans le moulin de Bratz et conduire devant le juge BRIÈRE. Là, le dit DANAIS a déclaré que ceux qui avaient poursuivi le fils OLLIVAUD après qu’il se fût échappé de la bagarre était Jean JOUALLAND, de L’Isle et Jeanne MARTIN, fille de Pierre et de Perrine dite « qui affine ».

 

23 août

·         Établissement de l’acte d’accusation renvoyant Jean OLLIVAUD, dit « Bonne Barbe », devant les jurés du district de Guérande.

 

27 août 

·         Témoignage à Guérande d’Alexandre OLLIVAUD, Baptiste CHAILLON, Fleury RATIER et Jean BEZIER. Ordonnance de transfert de Jean OLLIVAUD à la maison d’arrêt de Nantes.

 

4 septembre 

·         Étienne CHAILLON est élu député de Loire-Inférieure à la Convention

 

7 septembre 

·         Procès de Jean OLLIVAUD : transmission des pièces de la procédure au tribunal de Nantes.

 

20 septembre 

·         Situation des différentes communes du district de Guérande vis-à-vis du paiement des contributions relatives à 1791 (d’après un tableau récapitulatif établi le 4 septembre 1792). (ADLA L.476) Les sols et deniers ont été négligés.

 

 

·         La législative se sépare. Elle a voté sous la pression de la Commune l’institution d’un tribunal révolutionnaire pour juger les suspects, la déportation des prêtres réfractaires, la laïcisation de l’état-civil, l’institution du divorce.

 

22 septembre : La Convention proclame la République.

 

17 octobre 

·         Mise en liberté de Jean OLLIVAUD, dit « Bonne barbe », en vertu du jugement rendu au tribunal criminel de Loire-Inférieure (ADLA L.865)

 

1 novembre

·         Transport des registres de baptêmes, mariages et sépultures, de la maison curiale, où ils étaient enfermés dans une armoire à 3 clefs faite dans le mur, à la maison communale.

Jean LEMOINE, Etienne HALGAN, Jean PELTIER et François ROBARD sont désignés pour faire l’inventaire de l’argenterie de l’église, sauf les vases sacrés. Il y en a un poids de 82 marcs (ADLA 12.JJ.16)

 

28 novembre 

·         Plantation de l’arbre de l’Égalité sur la place du  bourg de Montoir avec sonnerie de cloches, chant des Marseillais puis Te Deum à l’église. La municipalité fait une demande de subvention pour la réparation de la route nationale entre le Bourg et le pont de Nion difficilement fréquentable en hiver.

 

2 décembre

·         BRIÈRE est élu juge de paix du canton et Pierre Marie RICAUD Greffier.

 

9 décembre

·         Élection d’une nouvelle municipalité à Montoir : Pour le poste de maire, Emmanuel OLLIVAUD maire sortant obtient 56 voix et Alexandre CLÉMENCEAU 52. Emmanuel OLLIVAUD élu renonce à cette charge. Jean GLOTIN et Gilles DAVY élus tour à tour refusent le poste. En fin de compte, c’est Alexandre CLÉMENCEAU qui accepte la charge de maire.

Officiers municipaux : Jean PELTIER, René BARBEREL, Jean SIMON, Thomas BLANCHARD, Etienne MOYON du Bourg, Pierre MOYON de Loncé et François ROBARD.

Procureur : François HUBERT du Bourg.

 

14 décembre

·         Étant donné que le prêtre non assermenté Yves RICORDEL s’est embarqué le 20 novembre 1792 sur le « ND de la Pitié », capitaine MENCHACA, pour aller à Bilbao, il est réputé déporté légalement et non émigré. Le séquestre sur ses  biens est levé à la demande de sa belle-sœur, la veuve RICORDEL.

Gilles DAVY se démet de sa place de secrétaire-greffier, Etienne MOYON le remplace à compter du 16 décembre.

 

25 décembre

·         Nomination de Thomas BLANCHARD, Gilles MAHÉ et Jean ALLAIRE pour vérifier le rôle de la commune de Saint-Joachim.

 

28 décembre

·         Transport au district de Guérande de l’argenterie de la paroisse de Montoir. On remarque à cette occasion , qu’en fait les 2 grands chandeliers sont pleins de fer et les deux croix simplement recouvertes de feuilles d’argent. (ADLA 12.JJ.16)

 

·         En cette fin d’année, les fils d’Etienne CHAILLON, Denis-Aimé et Jean-Baptiste, qui s’étaient engagés dans les volontaires de Loire-Inférieure, ont été réclamés par le ministre (conscription) et levés pour Brest. (M.47 254)

 

1793

8 janvier

·         Marie MOREAU certifie que son fils François est bien parti pour l’armée du midi. Elle produit une lettre datée de Carcassonne. (ADLA 12.JJ.14)

 

16 janvier

·         Ouverture d’un registre destiné aux volontaires de la garde nationale pour aller à Paris au secours de la Convention, à raison de 25 sols par jour. Il ne porte aucune indication d’enrôlement.

 

21 janvier : Exécution de Louis XVI. Formation de la première coalition contre la France.

 

22 janvier 

·         Enregistrement du mandat de Pierre-Michel JALLIOT accordé par Minier, évêque de Nantes, pour desservir la paroisse de Montoir. JALLIOT est un ancien curé de Chemillé dans la Sarthe.

 

28 janvier 

·         La municipalité de Montoir est confrontée à des cas de conscience depuis qu’il n’y a plus officiellement dans la paroisse qu’un prêtre constitutionnel qui est ostensiblement ignoré de la plupart des gens. Les municipaux constatent des abus commis dans la commune : certaines gens, « endoctrinées » par les prêtres réfractaires cachés dans les Brières, apportent leurs enfants à l’officier d’état-civil pour enregistrer la naissance mais ne les font pas baptiser parce qu'ils l’ont été à la maison. D’autres apportent les corps morts et font creuser les fosses sans prévenir ni prêtre ni municipalité. L’assemblée municipale pose donc les questions suivantes :

-     Peut-on refuser d’enregistrer des naissances d’enfants s’ils n’ont pas préalablement été présentés à l’église ?

-     Peut-on enregistrer les mariages de gens qui ne se sont pas présentés devant leurs propres pasteurs ?

-     Faut-il infliger une amende à ceux qui creusent des fosses dans le cimetière sans consentement ?

-     Peut-on refuser d’enterrer dans le cimetière des gens qui n’ont donné aucune marque de catholicisme depuis le départ des prêtres réfractaires ? (ADLA 12.JJ.16)

·         Par ailleurs, la municipalité demande une brigade de gendarmerie pour rétablir la paix en empêchant « la course continuelle des prêtres réfractaires (au moins 30)  dont cette paroisse est garnie. L’organisation d’une garde nationale ayant été impossible « rapport à la trop grande aristocratie qui règne dans cette paroisse, n’ayant sur 6000 âmes que 30 vrais citoyens » (ADLA 12.JJ.16) (Ce sont pourtant ces 30 « vrais citoyens » qui détiennent le pouvoir et veulent imposer par la force leur vision des choses).

 

31 janvier 

·         Marie LIRON, ci-devant religieuse au couvent de Guérande, est décédée. Elle avait défendu en mourant de la transporter à l’église. Son corps est donc amené directement à la barrière du cimetière. La municipalité, qui veut faire un exemple, s’y rend et, constatant que la défunte était de culte catholique, ordonne son transport à l’église . Ce qui est fait en l’absence de l’assistance qui s’est dispersée mais en présence du corps municipal qui a du trouver et payer des porteurs.

Personne ne s’étant présenté pour l’enregistrement du décès, celui-ci n’a pu être fait dans les formes règlementaires. (ADLA 12.JJ.16)

 

15 février 

·         Prestation de serment de la municipalité et des notables (anathèmes et serment de fidélité)

 

21 février 

·         La Convention décide le recours à la conscription et la levée de 300.000 hommes

 

25 février

·         La municipalité reçoit un certificat de résidence en France d’Alexis François Marie Joseph FRESLON, propriétaire de la terre de Bratz, qui n’est donc pas émigré.

 

26 février

·         Séance du district de Guérande :

-     « Depuis longtemps la municipalité de Saint-Joachim parait avoir rompu toute communication avec le district. Elle renvoie les paquets qui lui sont adressés hormis les lois mais il est hors de doute qu’elles n’y sont ni publiées ni affichées et encore moins mises en exécution. Elle n’a pas encore fait prendre au directoire les registres qui doivent constater l’état-civil des citoyens quoiqu’il leur eut été écrit plusieurs fois à cet égard.

-     Ce pays formé de plusieurs iles situées au milieu de la Brière a déjà été le théâtre d’une insurrection en juin dernier où 2 dragons ont perdu la vie. Ce n’est que par l’apparition d’une force que ce pays est rentré dans le devoir. Depuis ce temps il n’a cessé de donner des preuves de mauvaise volonté et d’incivisme notoire. Il est prouvé qu’il sert de refuge à beaucoup de prêtres réfractaires qui s’y croient en sûreté par les difficultés que présente le local… »

·         Deux paquets  renvoyés par la municipalité de Saint-Joachim sont ouverts. L’un contient un état à remplir du nombre et des besoins de la municipalité avec lettre explicative. L’autre contient :

-     L’arrêté du directoire du 7 janvier relatif aux biens nationaux

-     L’arrêté du département du 10 septembre relatif aux achats de chevaux

-     Une affiche pour la vente du mobilier des émigrés.

Ce dernier paquet porte ces mots : « débourcé du bureau de Pontchâteau, la municipalité de Saint-Joachim n’en voulant pas du tout »

 

·         Après s’être fait présenter l’arrêté du département du 12 juin 1792 qui réunit provisoirement la municipalité de Saint-Joachim à celle de Montoir le district déclare :

-     Considérant qu’il est du devoir de l’administration de prendre toutes les mesures nécessaires pour réprimer les écarts de la municipalité de Saint-Joachim qui ne peuvent qu’être préjudiciables à la chose publique en entretenant dans le pays les feux de la révolte qui n’ont été qu’assoupis par l’expédition vigoureuse qui s’y est déjà faite

-     Considérant que depuis longtemps cette municipalité devait être réunie à celle de Montoir en vertu de l’arrêté du 12 juin ; que cette réunion est d’autant plus nécessaire que le peu de communication qu’a ce pays avec les lieux circonvoisins dans l’état actuel des choses, ne permet pas aux habitants de s’éclairer sur les affaires présentes et sur les pièges tendus à leur bonne foi pat les prêtres fanatiques qui font de ce territoire leur place de refuge

-     Considérant que toutes les élections d’officiers municipaux faites depuis le 12 juin sont nulles et ne doivent avoir aucun effet

-     Arrête que l’arrêté du département du 12 juin qui réunit provisoirement la municipalité de Saint-Joachim à celle de Montoir sera bien et dûment exécuté, qu’en conséquence il sera envoyé par un gendarme requis à cet effet, aux deux municipalités, expédition du dit arrêté ainsi que du présent, enjoignant aux dites municipalités de s’y conformer et de les faire inscrire sur leurs registres et notamment à celle de Montoir de prendre de suite l’administration de la commune de Saint-Joachim qui sera dorénavant regardée comme une section de celle de Montoir, tant rapport aux contributions qu’aux autres parties d’administration et de police, sans préjudice néanmoins des suites qui pourraient être faites contre les dits prétendus officiers municipaux de Saint-Joachim pour la gestion jusqu’à ce jour et à raison de leur négligence sur exécution des lois relatives aux contributions et à l’état-civil des citoyens

-     Arrête que le présent sera envoyé au département pour avoir son approbation et prendre les mesures convenables. (ADLA L.184) 

 

5 mars 

·         Le département envoie au district de Guérande la part de soldats qu’il doit fournir dans le cadre de la levée des 300.000 hommes. La répartition doit en être faite entre les communes au prorata de la population, soit environ 1,7%. Cependant, les volontaires et marins déjà au service doivent être déduits des quotas de chacune. Il en résulte que la commune de Saint-Nazaire, imposée de 57 hommes mais qui a 58 marins, n’en a aucun à fournir. Il en est de même pour Le Croisic imposée de 37 mais qui en a déjà 77.

Quant à Montoir son quota est de 53, mais ses 134 marins au service la dispensent largement de toute fourniture supplémentaire (Moret p. 431)

Les municipalités sont libres du mode de choix des conscrits. Ceux-ci doivent être âgés de 18 à 40 ans, être célibataires ou veufs sans enfants et en état de porter les armes. Montoir n’était pas touchée, remplissant déjà avec ses marins embarqués sur la flotte de guerre plus que son contingent. Par contre ce fut le début de l’insurrection dans les paroisses rurales voisines.

 

10 mars 

·         Pierre Michel JALLIOT présente à la municipalité le procès-verbal de son élection le 28 février à la cure de Montoir par les électeurs du district de Guérande.

 

12 mars 

·         Trois à quatre cent hommes, armés de façon hétéroclite, se rassemblent sur la lande de La Moëre. Ils sont bientôt plusieurs milliers qui envahissent la ville de Savenay. Plusieurs gendarmes, douaniers et notables, dont le curé constitutionnel, sont tués.

 

13 mars 

·         Dumouriez, battu à Neerwinden, passe à l’ennemi avec son état-major.

·         Les insurgés de Savenay se dirigent vers Guérande en deux colonnes, l’une par La Roche-Bernard et Herbignac et l’autre par Montoir et Saint et Saint-Nazaire. Des chaloupes pour gagner la rade sont tenues prêtes par SAVARY, commandant le stationnaire « La Capricieuse » (navire stationné en rade de Saint-Nazaire à l’estuaire de la Loire pour en garder l’accès). Elles servent de refuge au maire, municipal et républicain de Donges, Montoir et Saint-Nazaire qui ont pris la fuite.

 

15 mars 

·         La Roche-Bernard est prise par les insurgés. Vers 9 heures, une troupe d’environ 1500 révoltés fait irruption à Montoir qui est pillée, la mairie est saccagée.

16 mars

·         Des hommes commandés par GUERIFF de LANOUAN vont à Pontchâteau s’emparer d’armes et de munitions.

17 mars : Batz-sur-mer arbore le drapeau blanc

 

19 mars

·         Prise de Guérande et reddition du Croisic. Un certain Julien DANAIS atteste : "..étant à la défense de la place de Guérande le 19 mars dernier, Mathieu RUEL, de Bert en Montoir, qui commandait des brigands, me donna un coup d'épée à poignée d'argent dont il s'était saisi, heureusement il ne me perça que la peau". (ADLA L.1477)

 

21 mars

·         Promulgation de la loi prescrivant la constitution de comités de surveillance locaux.

 

29 mars 

·         Lettre de BOURDIC (Pierre) datée de Pontchâteau : il se plaint d’avoir été obligé de fournir pain et grains aux « brigands » qui ont occupé Montoir. Il en a pour 12 à 15 cent livres dont il voudrait bien être remboursé, ayant du s’exécuter sous menace de mort, les corps constitués du canton de Montoir ayant fuit à Paimboeuf. (ADLA L.1021)

 

31 mars

·         Une colonne de 500 hommes commandée par le général BEYSSIER fait son entrée à Guérande évacuée la veille par les hommes de GUERIFF de LANOUAN. Une liste des suspects du district de Guérande est dressée. On n’y trouve que deux noms de Montoir, ceux de René et Mathieu RUEL.

 

3 avril 

·         Le général BEYSSIER et ses troupes arrivent à Savenay et y remettent de l’ordre.

 

5 avril

·         Lettre de Gille DAVY à CHOTARD, procureur du district de Guérande, à la suite d’accusations portées contre lui. Il explique comment il a été contraint par les « brigands » de marcher avec eux. (ADLA L.283)

 

6 avril

·         Déclaration faite à la municipalité de Donges, à défaut de représentation de celle de Montoir (à cause de l'insurrection royaliste) par François RENAUDIN (1751-1814), capitaine du chasse-marée "La Société" de Méan :

 "Le 14 mars dernier, revenant de Nantes, frété par Le Pérou, Saint-Martin et La Tremblade, et mouillé à l'entrée de Méan, il descendit pour aller chez lui prendre des provisions.

De retour à Méan pour regagner son bord, il fut arrêté par l'abbé Louis GUICHARD, escorté de 40 brigands (royalistes). Ils lui permirent de retourner chez lui à condition de se présenter le lendemain à Montoir. Le lendemain il s'y rendit avec le sieur BOURDIC de La Boutardière qui lui dit d'aller monter la garde au pont de Méan. Craignant que son bâtiment ne soit pillé, il ne balança pas à y aller et y resta 24 heures, puis il y retourna de même.

Il vit une troupe de 4 brigands de Besné sans les reconnaitre. Ils lui dirent de partir sur le champ (avec eux apparemment) pour Montoir puis Guérande. Ces hommes étaient armés de fusils et il lui fallut céder à la force mais, arrivés à Méan il réussit à s'évader et à regagner son bord avec le nommé TOURNABIEN.

Quand les brigands furent partis pour Guérande, il redescendit à terre et, à travers la prée, quoiqu'elle fut pleine d'eau, il regagna sa maison où, recru de fatigue, il se mit au lit jusqu'au lendemain soir vers 16 heures. Pendant ce temps là, BOURDIC lui envoya une liste de 60 hommes et en marge l'ordre de celui-ci, daté du 23 mars dernier (document qu'il dépose à la municipalité...mais qui est disparu).

Deux heures après l'envoi de cette liste, deux hommes armés vinrent lui donner l'ordre de marcher. Il leur dit qu'il était malade et ne le pouvait pas. Sur les 5 heures, il vint encore 9 hommes conduits par Joseph BECCARD pour l'emmener en prison. Ils lui dirent que s'il n'était pas rendu avant eux à Montoir, ils lui bruleraient la cervelle. Ce qu'il fit après avoir mangé un morceau.

A Montoir, on l'obligea à monter la garde à la porte de la maison du citoyen CLÉMENCEAU pour empêcher le pillage. La garde finie, il rentra chez lui puis put regagner Donges où il savait qu'on avait arboré le pavillon de la république." (ADLA L.1021)

 

12 avril

·         A la demande de la municipalité de Montoir qui assure que la trêve de Saint-Joachim est en état permanent d’insurrection, que plusieurs chefs de brigands y sont cachés ainsi que la plupart des armes volées à Guérande, le directoire du district de Guérande prend une réquisition recommandant à la troupe de ligne du Croisic de se porter avec les deux tiers de ses hommes à Montoir pour y assurer la tranquillité publique et y faciliter le désarmement des habitants. (ADLA L.1012)

 

15 avril

·         Lettre d’Alexandre CLÉMENCEAU, maire de Montoir, au district de Guérande :

« Nous avons été pillés par les brigands…Nous n’avons plus d’argent ni de grains, or la troupe nous demande de lui fournir l’étape. Envoyez-nous de l’argent pour la nourrir. Mettez à notre disposition les grains de L’ESTOURBEILLON qui sont aux métairies de Lamotte et Caloyau. Nous avons commandé au boucher PELOUX de tuer des bœufs et au boulanger de faire du pain avec le peu de farine qui reste ».(ADLA L.1021).

 

19 avril

·         CLÉMENCEAU écrit au district pour signaler un attroupement de 200 hommes commandés par LANOUAN, dans les Brières. Il a mis sa famille en sécurité à Nantes et demande d’envoyer de la troupe à Montoir et de l’argent pour la payer. Il signale qu’il ne faut pas compter sur les grains des émigrés comme il l’avait suggéré précédemment, car les « brigands » s’en sont emparés. C’est la famine qui menace. (ADLA L.1021)

 

20 avril 

·         A la séance de l’assemblée du district de Guérande, PAYEN, suppléant du procureur syndic, déclare :

« Depuis longtemps, la trêve de Saint-Joachim est en insurrection. Tout nous annonce que la plupart de nos armes y ont été déposées, que nos brigands et leurs chefs l’ont choisie pour leur retraite. Je viens de savoir aujourd’hui que ces mêmes habitants se répandent dans les campagnes et même dans les villes pour y acheter des grains. Plusieurs étant venus dans ce dessein à Guérande, ce qui ne leur arrivait presque jamais, ont été arrêtés ce matin par ordre de la municipalité. Je pense que nous devons saisir cette occasion pour avoir des otages de la tranquillité de ce pays. Il a été écrit circulairement à toutes les municipalités du district, même à La Roche-Bernard et à Savenay d’arrêter tous les habitants de Saint-Joachim qui se répandront chez eux, sous quelque prétexte que ce soit, et de les garder en otages ou les envoyer au chef-lieu du district jusqu’à la remise entière des armes qui sont dans les Brière ».

·         Le conseil délibère ensuite sur ce réquisitoire et :

-     Considérant que ces approvisionnement de la Brière dénotent assez l’intention coupable des habitants de faire dans leurs iles des rassemblements dangereux pour la tranquillité de ce district et des voisins, d’autant que jamais ils n’ont l’habitude de venir dans les marchés de cette ville y chercher leur subsistance, que leur démarche est donc suspecte ;

-     Considérant qu’il est essentiel au bien public que cette trêve turbulente soit désarmée et qu’il n’est d’autre moyen de les tenir dans l’ordre que de se saisir des émissaires qu’ils envoient partout pour affamer, s’il était possible, ce district, en transportant dans leurs iles la plus grande partie des grains du territoire ;

-     Considérant qu’il est connu que, de tous les brigands qui ont assailli cette ville, les plus acharnés étaient les habitants de la trêve de Saint-Joachim, que les personnes arrêtées pourront donner des lumières sur les coupables et même sur les auteurs et instigateurs de la dernière révolte ;

-     Arrête :

1.   La municipalité sera priée de se transporter ce jour à 3 heures au lieu de ses séances pour, de concert, interroger les habitants de le trêve de Saint-Joachim actuellement détenus et tirer d’eux des lumières sur l’état de tranquillité de la dite trêve et les chefs des attroupements.

2.   Ces habitants resteront dans la maison de détention de cette ville comme otages de tranquillité de leurs concitoyens, jusqu’à ce que les armes qui ont été portées dans la Brière et même celles qui y existaient antérieurement aient été déposées à Guérande, sauf la dénonciation à faire de ceux qui par l’effet de l’interrogatoire paraitraient avoir pris une part active dans les derniers troubles ou la relaxation de ceux qui seront notoirement connus comme de bons citoyens.

3.   Il sera écrit aux différentes municipalités du district, à La Roche-Bernard et à Savenay, pour leur donner connaissance du présent et les engager à faire arrêter comme otages tous les particuliers de ces iles qui pourraient aller dans leurs territoires et de surveiller leurs démarches au sujet des subsistances.

-     Envoi au département pour approbation (ADLA L.1610)

 

23 avril 

·         Le Conseil général du département nomme commissaire civil dans le district de Guérande l’un de ses membres, BRIÈRE, avec des pouvoirs étendus (Moret p.449)

 

24 avril 

·         Lettre du général AVRIL aux administrateurs de Guérande. Il leur annonce son arrivée avec 300 hommes pour le 28 courant. Son intention est de cerner les Brières mais, connaissant leur difficulté d’accès, son but sera d’abord, en attendant des renforts, d’intimider et de tenir en échec. (ADLA L.1021)

 

27 avril

·         Isaac CHABOT (1747-1793, 44 ans, commissionnaire à Montoir, est emmené à la prison du Bouffay à Nantes, par les gendarmes de Paimboeuf. (ADLA L.864)

 

En ce mois d’avril, à Paris, le pouvoir est passé aux Montagnards. Un gouvernement révolutionnaire a été instauré. Quelques conventionnels concentrent tous les pouvoirs au sein du « Comité de salut public » de 12 membres présidé par DANTON.

 

3 mai

·         Au cours d’une opération en Brière, à Saint-Lyphard, 10 personnes qui fuyaient ont été arrêtées. Beaucoup d’autres se sont jetées dans un bateau et ont été « fusillées ». On pense que quelques-unes ont été tuées. Il y avaient parmi elles un prêtre qui s’apprêtait à déjeuner au moment de l’attaque.(ADLA L.282)

 

4 mai 

·         Gilles DAVY est suspendu et mis en maison d’arrêt. (LeCr 1)

 

5 mai

·         Arrestation à Méan du cordonnier PINCECLOUX accusé d’avoir participé aux « brigandages » en menaçant le citoyen BIDAUD. (ADLA L.1477). Arrestation à Montoir de Jacques NICOLAS accusé de complicité avec le brigand RICORDEL de Besné.

 

14 mai

·         Déposition de Julien MAHÉ, fermier à Méan : lors d’une assemblée de brigands, Pierre BOURDIC lui a remis un billet lui commandant de fournir un demi-tonneau de grain. Une garde alla visiter les greniers des citoyens du bourg de Montoir qui s’étaient enfuis à Paimboeuf. Ils en trouvèrent suffisamment, le firent moudre au moulin, puis firent du pain. (ADLA 12.JJ.16)

 

16 mai

·         Arrestation et transfert sur la frégate stationnaire de Côme DEMAS et Laurent MORAND ( il y avait un navire de guerre stationnaire à l’embouchure de la Loire pour parer à d’éventuelles incursions anglaises). Un grand rassemblement de foule est prévu pour le dimanche suivant ou le jour de la Saint Donatien. La veille, la municipalité avait visité la chapelle Saint Malo en Guersac. Toutes les serrures étaient levées. Il y avait des fractures sur la couverture et dans les lambris près de la cloche, endroit par où les brigands seraient descendus dans la chapelle par une corde.

« Nous nous sommes saisis de la cloche, des ornements de la chapelle et de deux pierres sacrées que nous avons transportées à l’église du bourg afin d’empêcher les prêtres réfractaires de continuer à y dire la messe comme ils n’ont cessé de le faire depuis Pâques. Nous avons trouvé des hosties toutes taillées et une burette contenant encore de l’eau fraiche » (ADLA L.1021)

 

21mai

·          « On » passe dans les villages pour confisquer toutes les armes.

 

23 mai 

·         La décision est prise de perquisitionner dans les maisons suspectes. Des voisins ayant dénoncé Jean BROUSSARD, de La Croix en Guersac, comme fugitif pour cause de brigandage et signalé que sa femme a abandonné son domicile, on fait patteficher portes et fenêtres de sa maison.

·         Identification au Pont Chareau d’une fillette de 31 mois tombée dans une fontaine. Il s’agit de Jeanne ROUSSEAU, fille de Jean et Renée RAGUET.

 

24 mai 

·         BRIÈRE, commissaire civil du district, demande l’envoi de 20 hommes à l’assemblée de Saint-Donatien à Donges en cas de troubles. Le citoyen François DURAND y fut arrêté, lié, garrotté, conduit aux sentinelles près de la chapelle qui l’ont abattu. Le cadavre a été transporté à Donges. Il avait été arrêté parce que dénoncé pour vol de montres et autres objets au temps du brigandage (procès-verbal  de Donges du 28 mai)

·         Pierre MAHÉ et Jérôme CADIET se portent caution pour Etienne JOUAUD et obtiennent ainsi son élargissement. (ADLA 12.JJ.16)

 

27 mai 

·         Vincent MÉNAGE, chargé de pouvoir du commissaire BRIÈRE, perquisitionne chez Gilles DAVY qui a été arrêté. Il fait surveiller sa maison par des sentinelles pour qu’aucun objet ne disparaisse. Il  interroge aussi Mathieu RUEL et autres détenus.

 

28 mai

·         Vincent MÉNAGE fait conduire Mathieu RUEL, 45 ans, d’Aucard à bord de la frégate « La Thétis » qui doit l’emmener en prison à Nantes. En cours de route, il est tué, près du cimetière de Saint-Nazaire, d’une balle dans le dos, par un soldat de l’escorte et est ensuite inhumé le 30 mai à Saint-Nazaire.

 

31 mai au 2 juin

Les émeutes contraignent la Convention à arrêter les principaux chefs girondins dont une trentaine est condamnée à mort. Les Vendéens prennent les armes pour s’opposer à la levée des 300.000 hommes et à la persécution des prêtres.

 

2 juin 

·         SAVARY, commandant la frégate « La Capricieuse » visite la municipalité de Montoir.

 

16 juin

·         JALLIOT lit aux messes un bulletin enjoignant à tous les hommes et garçons capables de porter les armes de se réunir à 15 heures pour organiser la garde nationale. Seule une vingtaine d’individus se présentent alors qu’il était normal d’en attendre 600. Rien ne peut être fait. En conséquence, il est décidé d’élire les responsables qui devront recruter les hommes :

-     HUBERT, du bourg, est élu commandant en chef.

-     Pour le bourg : Aubin CHELET, sergent et Guillaume HOCHARD, caporal

-     Pour Le Clos : François NICOLAS, de Fondelain, sergent et Jean COUVRAND, caporal

-     Pour Guersac-Errand : Maurice GILLET fils et Etienne PHILIPPE, du Pin, sergents, Julien VIAUD de La Ganache, Jean MAUGOUR, du Pin, Pierre DUBOIS, d’Errand, caporaux

-     Pour Loncé : Jean RICORDEL, caporal

-     Pour Trignac : Nicolas HARAUD, caporal

-     Pour Gron : François HUBERT, caporal

-     Pour Bert, Aisne et Aucard : Jean RIELLAND, sergent, François CADIET, caporal

-     Pour Méan : BATAIS, commandant de la douane, sergent et VAILLANT, douanier, caporal.

·         Copie d’un arrêté du district de Guérande du 6 mars 1793 suite au meurtre du citoyen RASTEL : « Désormais, toute personne demeurant dans un rayon d’un quart de lieue de l’endroit d’un meurtre en sera responsable et devra à la République une amende de 600 livres et de même à la famille du défunt » ! (ADLA 12.JJ.16)

 

18 juin

·         SAVARY, commandant la frégate « La Capricieuse », menace de retirer son détachement de Montoir si cette commune n’a pas de canons. BRIÈRE écrit alors au district pour en demander. Le district étudie la demande de la municipalité de Montoir de l’envoi d’un détachement de troupes et de deux petits canons pour répondre au désir du commandant de « La Capricieuse »  mais, considérant qu’un petit détachement avec deux petits canons serait plus dangereux qu’utile en cas de grand rassemblement, renvoie la demande au général AVRIL. (ADLA L.1010)

·         Ce même jour, lettre du général AVRIL datée du Croisic : « Dès mon premier voyage à Saint-Nazaire, j’avais reconnu l’importance du pont de Montoir et j’avais ordonné au commandant de Savenay de le faire occuper. L’idée de faire placer un canon à son entrée est très bonne. Il est un autre moyen d’empêcher les brigands de passer par là sans endommager le pont, c’est de faire une tranchée en avant qui communiquerait avec la rivière et obligerait les brigands à la contourner. A mettre en exécution en cas de besoin ». (ADLA L.523)

 

23 juin 

·         Jean LOREAU (1752-1802), du bourg de Montoir est nommé sacristain pour 60 livres par an.

 

En Juillet, ROBESPIERRE prend la tête du Comité de salut public qui envoie dans les départements des représentants en mission pour nommer dans tous les villages des agents nationaux ou des « Comités de surveillance » doublant les municipalités.

Suspension de la liberté individuelle : c’est la Terreur.

 

2 juillet

·         Mise en état d’arrestation de Guillaume BERCEGER (1743-    ), âgé de 50 ans, époux de Julienne THEFAUT, coupeur de mottes demeurant à Pendille (Saint-Joachim). Il est accusé d’avoir participé au brigandage de mars 1793 suivant les témoignages enregistré par Etienne MOYON, secrétaire de la municipalité. Témoignages émanant de : Françoise RENAUDIN épouse de Jean ALLAIRE, Vincente LEGAL domestique de Jean PELTIER, Françoise TREMALO veuve MARTIN, domestique de CHAILLON, Jeanne DEBERT femme de Jean CHARON, Anne ROBERT femme de Jean-Marie AUPIAIS de La Boutardière, Jean ROUSSEAU, marchand de Guersac et Victoire COUPEAU (ADLA L.1477)

 

10 juillet 

·         Le tribunal de Guérande, jugeant Gilles DAVY non coupable, demande aux représentants du peuple à Nantes de le remettre en liberté.

 

17 juillet : Décret de la Convention nationale supprimant sans indemnités toutes les redevances ci-devant seigneuriales et droits féodaux.

 

4 août

·         Publication d’un billet à la messe au sujet de la disette de grains dans la paroisse

 

10 août 

·         Vote par la Convention de la levée en masse (réquisition des hommes).

·         Laurent MORAUD, de Saint-Gildas, demeurant à Montoir, où il a été arrêté le 16 mai, est acquitté par le tribunal criminel de Loire-inférieure des accusations portées contre lui.

·         Célébration de la fête fédérale avec serments grandiloquents sur la place de la Liberté.

·         Jérôme OLLIVAUD, 54 ans, charpentier, est acquitté de l’accusation porté contre lui et libéré de la prison de Nantes. Il rentrera à Montoir le 21 août. (ADLA 12.JJ.16 et L.864)

 

18 août 

·         François MOYON, percepteur, rend ses comptes pour ce qu’il a encaissé au titre des impôts mobiliers et fonciers de 1792, soit 32000 livres sur lesquelles il a payé 25564 livres. Il reste 2436 livres.( ?)

·         Certificat de résidence de Jeanne BOURDIC, femme JEGO, et de ses trois enfants.

 

25 août 

·         Discours de Jean-Baptiste BECCARD de retour de Paris où il était allé porter à l’Assemblée nationale « notre acceptation de la Constitution ».

 

28 août 

·         Thomas NOURY et Jean MILLION d’Aucard attestent que, le 24 de ce mois, ils ont entendu une fusillade de 50 coups qui dura trois quarts d’heure entre ç heures et 10 heures du soir. Cela tirait de la pointe des Mottes jusqu’à Grandes Isles en Saint-Joachim où il y a 5 ou 600 brigands.

·         Libelle contre Jean GOUERE régisseur de Boisjobert.

 

1 septembre

·         Délivrance d’un certificat de chirurgien à Alexandre Etienne OLLIVAUD, fils d’Emmanuel :

« Je soussigné, Emmanuel OLIVAUD, chirurgien juré à Montoir, district de Guérande, département de Loire-Inférieure, certifie qu’Alexandre Etienne OLIVAUD, mon fils, a passé trois années consécutives, en qualité d’aide, dans la maison paternelle et une année en qualité d’aide chirurgien, qu’il a étudié pendant ce temps les principes de l’art et science de chirurgie sous mes yeux, qu’il a satisfait avec activité et exactitude à toutes les occupations respectives qui se sont présentées et ce, à la connaissance publique et a marqué beaucoup de zèle et l’envie de s’instruire, en foi de quoi je lui ai délivré le présent, à Montoir le premier septembre 1793, l’an 2ème de la République une et indivisible.

Signé : Emmanuel OLIVAUD, HUBERT procureur de la commune, Charles BLANCHARD, officier municipal, J.SIMON, F. COQUARD, A.JAMET.

La déclaration ci-dessus est certifiée véritable le 24 septembre 1793 par les membres de la municipalité puis visée par le président et les membres du directoire du district de Guérande le 7 octobre 1793.

 

2 septembre 

·         Le maire de Montoir Alexandre CLÉMENCEAU écrit au district pour l’informer que la frégate « L’Hermione » s’en va et que le petit bâtiment qui la remplace « n’en imposera pas aux brigands dont nous sommes entourés ». Il demande en conséquence un détachement de troupes.

 

3 septembre

·         Mandat d’arrêt contre Jacques NICOLAS, de Montoir, prévenu d’avoir pris part au mouvement contre-révolutionnaire du mois de mars dans la paroisse de Donges et d’avoir pris un fusil à Etienne MOYON.

·         Jean PELTIER et Thomas BLANCHARD sont désignés pour aller sur place vérifier que plusieurs citoyens de Méan ont coupé les chaireaux qui conduisent à la Brière Noire pour pouvoir dire qu’ils sont afféagés.

 

8 septembre 

·         L’exactitude des faits est constatée. Les habitants de Méan, Gron, Bert et Aisne sont priés de remettre les lieux en état sous peine de 10 livres d’amende chacun. Le jugement définitif est rendu le 15 septembre.(ADLA 12.JJ.16)

 

Nota : C’est là le résultat des lettres patentes de Louis XVI en 1784. L’ensemble de la Brière étant considéré comme propriété indivise de tous les briérons, n’importe lequel d’entre eux peut aller n’importe où chercher ce dont il a besoin. Sont exemptés les marais gardis qui sont propriété des habitants des villages et gérés par eux. Mais ne sont considérés comme gardis que les marais entourés de douves. Il y avait cependant des villages où les habitants avaient de tous temps géré leurs marais en communauté, décidant ensemble, par exemple, des périodes et des dates de coupe des roseaux et des joncs, sans pour cela les avoir cernés de douves. C’était le cas des iles dont il est question ci-dessus. Or, depuis les lettres patentes, beaucoup de gens de Saint-Nazaire et de Saint-André venaient s’y servir comme chez eux au mépris des usages et des besoins des iliens.

C’est ce qui explique que ceux-ci, n’ayant  pas dans un premier temps réussi à faire reconnaître leurs droits sur les marais, aient ensuite tentés d’en faire des gardis en les entourant de fossés. Mais c’était trop tard, ils étaient piégés par leur fameux droits à user de la Brière.

Si l’on veut bien se souvenir que les fameuse lettres de Louis XVI ont été données, c’est précisé dans le texte, « à la demande des habitants de Guérande, Saint-Lyphard, Saint-André et Escoublac, pour confirmer les droits des dits habitants et tout le peuple commun des paroisses voisines de la Brière, dans la propriété et jouissance de la dite Brière », et, considérant l’usage qui en a été fait par la suite, on peut raisonnablement se demander si ce n’était pas là le résultat d’une manœuvre des riverains contre les habitants des iles dans leur jouissance de leurs marais communs.

 

9 septembre

·         La municipalité écrit au ministre de la Marine. Très inquiète du départ prévu de « L’Hermione », elle demande son maintien en rade de Mindin pour assurer la sécurité du passage entre Paimboeuf et la rive nord de la Loire des forces stationnées à Paimboeuf et qui peuvent être appelées à intervenir contre les brigands de la Brière.

 

17 septembre 

·         Promulgation de la loi des suspects frappant « ceux qui, n’ayant rien fait contre la Liberté, n’ont rien fait pour elle » ( !)

 

18 septembre 

·         Application du décret du 22 juillet concernant la levée de 30.000 hommes pour la cavalerie. Des dispositions sont prises pour l’établissement de la liste des garçons ou veufs sans enfants de 18 à 25 ans, de la hauteur de 5 pieds 2 pouces sans chaussures (1m68). Une lettre est envoyée à Denis MAHÉ, maire de Saint-Joachim pour qu’il en fasse autant.

 

·         A la suite d’une proclamation du département aux habitants des pays révoltés tendant à les faire rentrer dans le devoir, le conseil du district de Guérande envoie une adresse aux habitants de la trêve de Saint-Joachim :

 « Le conseil du district de Guérande aux habitants de la trêve de Saint-Joachim,

Citoyens et frères (car malgré l’état de révolte où vous êtes plongés depuis si longtemps nous ne pouvons-nous résoudre à vous abandonner) Serez-vous toujours insensibles au maux qui vont fondre sur vous. Regardez autour de vous, voyez le bourg du Pèlerin, celui de Vue enfin tous les bourgs et villages de l’autre côté de la Loire réduits en cendres, voyez leurs habitants séduits ainsi que vous par leurs prêtres payer de leur sang les cruautés que ces monstres les ont forcés de commettre. Nous avons tardés jusqu’à ce jour à vous mettre sous les yeux d’une manière vraie et effrayante vos dangers vous eussiez cru que nous voulions vous tromper désespérant de vous vaincre. Mais ne vous le dissimulez pas il n’est pas un moment à perdre si vous voulez sauver vos têtes, celles de vos femmes, de vos enfants & vos propriétés, quelques jours de plus et vous aurez cessé d’exister. L’armée, victorieuse de la Vendée vous punira tous des crimes de vos prêtres & des chefs qui ont la lâcheté de se retirer dans vos marais.

Car ne vous flattez pas d’un espoir chimérique les marais sur lesquels vous vous fiez bien à tort n’arrêteront pas la marche des braves soldats républicains. Vous verrez alors tous ces scélérats qui vous excitent aujourd’hui & qui vous ont transformés en voleurs fuir se cacher et vous laisser seuls livrés à la vengeance des lois ils l’ont déjà fait à Guérande & vous pouvez vous y attendre. Ils avaient néanmoins juré aux Malheureux qu’ils avaient séduits qu’ils mourraient à leur tête. Nous vous le disons donc pour la dernière fois il n’y a plus qu’un moyen pour vous sauver, revenez à nous, nous ouvrirons nos bras pour vous recevoir. Mais revenez conduits par le repentir, venez nous promettre pour la suite l’obéissance aux lois, que des députés de chaque section de votre territoire viennent nous trouver de votre part nous leur indiquerons ce que la loi exige de vous & soyez en bien assurés qu’ils n’auront point à se repentir de l’accueil qui leur sera fait. Nous vous faisons passer l’adresse du département, lisez la avec attention. Mais songez qu’un jour, un seul jour de plus d’obstination de votre part, vous perd sans ressource ».

 

23 septembre

·         Réunion sur la place de Montoir des hommes non chétifs, de 18 à 40 ans. Il y a 99 présents de Montoir et aucun de Saint-Joachim.

·         Après passage à la toise pour éliminer les petits il en reste 22 qui doivent tirer au sort pour désigner un cavalier. 22 billets dont un seul porte la mention « cavalier » sont mis dans un chapeau. Les deux premiers, Joachim AOUSTIN, fils de Joachim, et Jean MORAUD (ou MORAND ?) fils de Pierre, refusent de tirer. C’est Jean-Baptiste HOCHARD, un chapelier de 19 ans, qui tombe sur le billet « cavalier ». Il proteste contre les deux qui n’ont pas voulu tirer car s’ils l’avaient fait le sort aurait pu être autre. Il demande une sanction contre eux et les deux récalcitrants sont arrêtés. (ADLA L.1023)

Le maire, Alexandre CLÉMENCEAU, écrit au district à ce sujet disant que « les 2 mutins qui cabalaient et tentaient de faire révolter le peuple ont refusé de tirer et ont été arrêtés. C’étaient des braves du brigandage lors de l’insurrection du mois de mars, mais nous pouvons les faire devenir braves au service de la République !...Nous pensons que les deux rebelles doivent être pris de droit. La municipalité s’engage à fournir l’équipement pour deux au lieu de un….Est-ce qu’il faut aussi penser aux chevaux ? On dit qu’il y en a dans la paroisse qui pourraient servir. Si vous n’en prenez qu’un, il faudrait que ce soit Joachim AOUSTIN qui était l’instigateur et disait aux autres de ne pas tirer ».

 

27 septembre 

·         Jean ALLAIRE, membre du conseil municipal, sa femme et leurs 5 enfants ont été obligés d’abandonner leur maison à Errand en bordure de marais, les « brigands » menaçant de les égorger, et se sont installés dans une chambre louée au bourg de Montoir.

 

29 septembre

·         Une décision est prise au sujet des mutins : Joachim AOUSTIN, fils de Joachim et Jeanne AUPIAIS sera habillé et envoyé au district pour être cavalier et Jean MORAUD sera relâché

·         Expédition militaire du général AVRIL dans la trêve de Saint-Joachim :

-     Sont capturés, 102 habitants de Saint-Joachim, dont une femme, et 13 de Saint-André. Plusieurs septiers de grains et farines, quelques hardes de prêtres et ornements d’église ainsi que deux cloches sont confisqués.

-     Les prisonniers qui seront jugés coupables seront envoyés à Nantes

-     Le général AVRIL adresse un prône aux habitants de Saint-Joachim leur donnant 8 jours pour payer leurs impôts et rendre leurs armes et munitions sans quoi le pays sera livré à la dévastation, les maisons rasées ou incendiées, les bestiaux enlevés et les habitants déportés. (ADLA 12.JJ.16)

·         En fait, la proclamation du général AVRIL, commandant les côtes de Brest, était adressée aux habitants de Montoir et Saint-Joachim. 318 se sont soumis à comparaitre, faisant le serment exigé de vivre en paix, rendant leurs armes et payant leur contingent sous le contrôle de la force armée.

·         Au cours de cette expédition, l’église de Saint-Joachim fut incendiée par les troupes venues de La Chapelle-des-Marais où, à l’aller et au retour, elles avaient couché dans l’église (Blais, p.90. Voir historique de l’église de Saint-Joachim p.93)

 

4 octobre 

·         Un mandat d’arrêt est lancé contre Jean-Baptiste JEGO. Sa femme, Jeanne BOURDIC, qui eut beaucoup d’ennuis par la suite, était une personne courageuse. On possède deux courriers non datés, envoyés par elle au district. L’une pour défendre son mari et l’autre pour expliquer les évènements de mars 1793 et le rôle qu’y a joué son frère, Pierre BOURDIC, et le défendre.

 

5 octobre 

·         Gilles DAVY, déjà acquitté par le tribunal de Guérande, est acquitté par le tribunal criminel de Loire-Inférieure siégeant à Guérande, celui-ci ordonnant sa mise en liberté sur le champ.

·         Loi substituant le calendrier républicain au calendrier grégorien.

·         Lettre violente de CLÉMENCEAU à la suite d’une requête de Joachim AOUSTIN demandant à être exempté du service dans la cavalerie parce qu’il est charpentier de port, ce qu’il conteste.

 

6 octobre 

·         Envoi de 200.000 mottes (de tourbe) à « nos braves soldats du Croisic ».

·         La municipalité de Saint-Joachim envoie une lettre au district :

« Aux administrateurs du district de Guérande,

Les citoyens, maire et municipaux de Saint-Joachim n’ont rien de plus à cœur de mettre à exécution vos ordres par votre lettre du 2 présent.

Malgré le mauvais état des charrettes qui se font dans nos arrondissements sans ferrures et malgré les bœufs accoutumés à paître et à ne charroyer que dans les marais, étant tous mous des piedset sans habitude d’être ferrés. Après une exacte vérité, nous n’en avons trouvé que très peu et cette petite quantité hors d’état de soutenir la fatigue de la moindre des routes. Le peu de travail qu’il y a à faire, les trois quarts des habitants n’ayant que le métier de tirer des mottes des bruyères, encore ne les charroie-t-on qu’en bateau, en fait la rareté.

Punis de ne pouvoir vous montrer notre zèle. L’intérêt que nous prenons pour la cause publique nous oblige à vous faire cette représentation légitime. Plus, considérez, citoyens, que dans notre arrondissement on ne ramasse qu’en petite quantité du mauvais foin et que de nombreux habitants n’en ramassent pas du tout…

Fâchés de ne pouvoir mieux correspondre à vos vues.

Fait à Montoir où nous sommes assemblés le 6 octobre 1793 »

Signé : Denis MAHÉ maire, Luc MAHÉ, Jacques OUTIN, Joseph MOYON, Joseph MOYON, Jean MAHÉ, Pierre MAHÉ, Etienne MOYON, Pierre MOYON, Pierre FOURÉ, Louis MOYON et deux illisibles.

 

7 octobre 

·         Alexandre CLÉMENCEAU envoie au district Julien AOUSTIN, fils de Jacques et Marie BLOYET, de Fédrun, âgé de 22 ans pour être soldat. Il avait été tiré au sort en février mais faisait partie du contingent des Brières qui n’avait pas voulu marcher. « Nous vous l’envoyons au lieu et place de Pierre RABAT, fils de Jean, dont la mère a 7 enfants dont 4 estropiés, 1 tombant du haut-mal et les autres en bas âge . Il est le seul qui gagne la vie de tous ».

 

8 octobre

·         Mandat d’arrêt du district contre Charles TREMOUREUX (1736-1801), dit « Gros-Charlo », aubergiste et laboureur à la Chaussée de Nion en Montoir, accusé de pillage lors des évènements de mars 1793 à Montoir. Les témoins à charge sont : François BEAUMAL aubergiste à Méan, Françoise PERROT de Méan, Alexandre ANGEBAUD de Montoir, Barthélémy BIDAUD de Méan, GUILLAUME de La Lande, Jeanne CHARPENTIER, épouse de Jean NOEL, servante chez CLÉMENCEAU

 

9 octobre

·         Nomination des commissaires pour la contribution mobilière de 1792.

·         Les habitants de Saint-Joachim s’engagent à se soumettre aux conditions du général AVRIL : rendre les armes, payer les impôts, chasser les prêtres. Ils fourniront 8 hommes pour l’armée et livreront à Montoir leurs pères et mères pour servir d’otages.

 

12 octobre

·         Réquisition des grains des émigrés FRESLON et BOURDIC ; 17 septiers ou 136 quarts de froment, 40 quarts d’orge, 20 quarts d’avoine, mesures de Montoir, ont été pris sur le stock de FRESLON et livrés par RICAUD, régisseur de Bratz.

 

15 octobre 

·         «  Le canton a été imposé pour la fourniture de chevaux mais il est incapable de les fournir. Ceux-ci ont en effet été présentés ce jour et il s’avère que la plupart sont des cavales pleines ou suitées. Les autres chevaux ne sont pas aux normes exigées pour la cavalerie ou pour la traction. Quant à la fourniture d’un chariot, nous n’en avons pas et sommes incapables d’en fabriquer un n’ayant ni personnel assez instruit, ni bois adéquat, ni fer, ni essieu. » (ADLA 12.JJ.16)

 

18 octobre

·         Emmanuel OLLIVAUD, ancien maire de Montoir, n’ayant toujours pas été remboursé par la municipalité de l’argent qui lui est dû, le district ordonne l’envoi du dossier au département en le priant de faire régler OLLIVAUD le plus vite possible. (ADLA L.1012)

·         Une réunion a lieu à la mairie de Montoir autour de l’administrateur du district Louis LEBAIL au sujet d’une obscure affaire de 200.000 mottes qu’il prétend avoir achetées alors que, semble-t-il, personne ne les lui a vendues.

 

19 octobre

·         CLÉMENCEAU informe le district que « le grain que vous avez acquis (voir 12 octobre) est parti dans des charrettes pour Méan et embarqué sur le chasse-marée de Joseph JOUAUD qui part chargé de mottes pour Le Croisic ».

 

20 octobre 

·         Jérôme CADIET, notable de la commune de Montoir, ayant refusé de monter la garde de nuit au port de Méan, est destitué de sa charge et remplacé par Etienne BOISROBERT.

·         Lettre de CHOTARD à la municipalité de Donges annonçant qu’il a fait boucher les meurtrières qui étaient dans les murs de Boisjobert.

 

Le mois d’octobre voit aussi le vote d’une loi permettant de déporter tout prêtre jureur s’il est dénoncé par 6 citoyens.

 

31 octobre 

·         Le conseil du district de Guérande ordonne l’arrestation de Marie AOUSTIN (1743-   ) de Montoir, épouse de Jean MUTERSE (ADLA L.282)

 

3 novembre 

·         Guillaume CRESTON de Saint-Nazaire et Jérôme CADIET de Bert se présentent à la mairie de la part d’Olivier TUAUD de Savine. Ils indiquent que celui-ci a été volé de 100 livres par trois particuliers, vêtus en gardes nationaux, le premier de ce mois, vers 7 ou 8 heures du soir. Ils se disaient chargés par le district de Guérande de perquisitionner chez lui à la recherche de prêtres réfractaires, ce qui est nié par la municipalité.

 

5 novembre

·          Emmanuel OLLIVAUD est remboursé de 24 livres pour les soins et médicaments qu’il a fournis au détachement résidant à Montoir.

·         Déclaration des récoltes de Montoir en 1793 :

-     Froment :  650 quintaux

-     Méteil :     456 quintaux

-     Seigle :       37 quintaux

-     Orge :     1241 quintaux

-     Avoine :    815 quintaux

-     Millet :      815 quintaux

-     Les grains nécessaires aux semences sont d’environ 1/6 de la récolte.

 

8 novembre 

·         Vers les 6 heures du soir, a été conduit à la maison communale de Montoir François GLEMAUD, natif de Derval, garçon chez le citoyen NORMAND, actuellement commandant de la légion nantaise casernée au Croisic.

Descendu au bourg de Montoir à l’auberge de DELAIRE, plusieurs personnes présentes, en particulier Jean SIMON, officier municipal, le firent parler sur la situation à Nantes. Il se laissa aller à des propos imprudents, par exemple : « si, au mois de mars, vous aviez fait comme en Vendée, les bleus seraient maintenant foutus ».

Interrogé sur son chef NORMAND, il répondit que « les négociants voulaient devenir comme les ci-devant nobles. »

 

11 novembre

·         Joachim AOUSTIN, charpentier de navire (contesté) de Fondelain, qui avait été pris d’office dans la cavalerie après son refus de tirer au sort, est malade à l’hôpital de Guérande et est renvoyé chez lui.

 

12 novembre :

·         Lettre d’Alexandre CLÉMENCEAU aux administrateurs du district dans laquelle il s’inquiète de l’absence de nouvelles de Guillaume DEMARS envoyé porter un courrier au sujet de François GLEMAUD. C’est le fils de DEMARS qui est chargé de porter cette lettre.

·         Réquisition du harnachement d’un cheval : 1 selle et son coussin en chamois, 2 fontes pour pistolets, sangle, étriers, bride, bridon, le tout presque neuf et appartenant à François ROBARD, boulanger, pour la somme de 120 livres.

 

13 novembre :

·         François GLEMAUD de Derval, arrêté par la municipalité de Montoir est envoyé puis écroué à Nantes. Il sera condamné à la déportation à vie. (L’époque n’était pas à avoir des opinions individuelles et surtout de les exprimer !)

·         Le district de Guérande commande à la municipalité de Montoir d’enjoindre à ses habitants et à ceux de Saint-Joachim d’envoyer des mottes à Nantes et à Paimboeuf sans discontinuation. Elles leur seront payées au prix du maximum. (Le maximum est le prix taxé qu’on ne peut dépasser. Pour les mottes, il est fixé si bas que personne ne veut en fournir à ce tarif, d’où de grosses difficultés pour l’approvisionnement des villes) Le district fait donc au département la suggestion suivante : « Les mottes qui se portent à Nantes et à Paimboeuf n’étant pas de le même sorte que celles vendues ailleurs, si ces mottes étaient payées 40 sols le millier, transport en plus, cela résoudrait le problème de l’approvisionnement ».

 

14 novembre 

·         Interrogatoire de Gabrielle HERVE, épouse de Sébastien JOUALLAND demeurant à Mazin, arrêtée par la force armée et suspecte d’attirer des brigands chez elle comme tenancière de cabaret. Interrogée par François HUBERT, procureur de Montoir, elle déclare :

-     Qu’« Il y a huit mois et demi qu’elle demeure à Mazin, auparavant elle logeait à l’Ile Olivaud chez sa belle-mère.

« Le vendredi premier de ce mois, il se trouva chez elle deux hommes inconnus. L’un était petit, piqué de petite vérole, vêtu d’un gilet brun rayé de petites barres, d’un pantalon brun, il se nomme François (c’est le portrait du prêtre François VINCE qui sera fusillé en même temps qu’elle). L’autre était habillé d’un gilet brun et d’une culotte de toile. Chacun avait un chapeau rond. François présenta à l’autre un peloton de laine grise pour le porter à Paimboeuf chez le constructeur COUVRAND, sous prétexte d’avoir la même laine pour enter ses bas. Le dimanche suivant, François revint lui demander si elle avait revu celui qui était chargé du peloton, mais ce n’était pas le cas ».

 

17 novembre :

·         Devant les besoins de chauffage pour l’hiver qui est là et le peu d’empressement des fournisseurs de mottes, 16 habitants de Saint-Joachim sont requis de charger leurs blins (chalands) de mottes et de les conduire de suite à bord des chaloupes qui ne peuvent accoster les mulons. Les blins qui sont en état d’aller à Paimboeuf chargeront de suite pour y aller. Toutes les embarcations sont réquisitionnées pour conduire les mottes à Nantes et à Paimboeuf.

·         Des commissaires sont nommés pour faire partir sur-le-champ les chaloupes qui seront chargées dans l’étier entre Trignac et la chaussée d’Aignac.

 

21 novembre

·         La municipalité de Montoir est requise de fournir, en plus des mottes pour Nantes et Paimboeuf, 4 millions de mottes pour Le Croisic. 30 hommes de troupe sont envoyés sur place pour assurer cette fourniture. (ADLA L.1012)

 

22 novembre 

·         Le registre d’écrou de la prison du Bouffay, à Nantes, porte :

« Comité révolutionnaire :

Nos frères MARAT arrêtèrent et conduisirent au Bouffay le nommé CLÉMENCEAU, maire de Montoir, accusé d’être chef de brigands. Nantes le 2 frimaire an 2.

Signé : CHEVALIER, BACHELIER président » (ADLA L.864)

 

La compagnie MARAT était une troupe révolutionnaire composée d’une cinquantaine d’hommes chargés des basses besognes. Elle s’illustra particulièrement en organisant les fameuses noyades du sinistre CARRIER.

 

23 novembre 

·         Lettre de protestation énergique des administrateurs du département de Loire-Inférieure aux membres du comité de surveillance de Nantes qui ont fait arrêter le maire de Montoir Alexandre CLÉMENCEAU comme suspect. (ADLA L.249)

·         Emmanuel OLIVAUD, maire de Montoir en 1792, fut obligé de faire un emprunt de 12.010 livres pour satisfaire la contrainte décernée contre la commune parce que la municipalité précédente n’avait pas préparé à temps la répartition de la contribution foncière. Il en résulta que la maitrise du rôle ne fut déposée à Guérande qu’au début d’octobre 1792 et ne revint à Montoir que fin décembre. On y avait trouvé une erreur de 10.000 livres qui donna lieu à la réformation du rôle, lequel, retourné à Guérande, ne revint à Montoir que le 1 mars 1793. Or, le 15 mars, il fut déchiré par les « brigands » chez le maire CLÉMENCEAU, qui avait négligé de le mettre en sécurité à leur approche avant de s’enfuir.

·         Depuis, les administrateurs ont ordonné la rentrée des contributions des années 1791 et 1792. La levée des deniers eut lieu en juin 1793 mais elle n’a rapporté que 7.000 livres qu’il a encaissés. Il lui reste donc dû par la commune 5.010 livres. La municipalité accepte de rembourser mais refuse de payer les frais. (ADLA L.476)

 

26 novembre

·         Le comité de surveillance du district de Guérande ordonne l’arrestation de la femme de JEGO, chef de « brigands », et de ses enfants.

 

27 novembre 

·         Pétition de soutien à Alexandre CLÉMENCEAU de nombreux citoyens de Montoir, des administrateurs du district de Savenay et même du comité de surveillance de cette ville alors que c’est celui de Montoir qui était à l’origine de son arrestation.(ADLA L.1490)

 

28 novembre

·         Les réquisitions de mottes pour Nantes, Paimboeuf et Le Croisic n’ayant, semble-t-il pas été tenues, l’appel est renouvelé et l’aide de la force publique est demandée. La municipalité fait remarquer que, pour aller au Croisic, « il faut des embarcations fortes et du personnel expérimenté et que nous manquons des uns et des autres ».

 

Le calendrier républicain, jusqu’alors peu utilisé à Montoir, l’est régulièrement à partit de cette date.

 

1 décembre

·         Sur réquisition du maire de La Chapelle-des-Marais, un détachement de 20 hommes est envoyé pour poursuivre 5 brigands cachés à l’Ile Olivaud. Ils en virent 4 s’enfuir vers Crossac à travers les marais. Après avoir traversé les douves, ils retiraient les planches, ce qui a empêché la poursuite. Les soldats ont trouvé dans la maison et dans les haies des vêtements et des ustensiles de prêtre et les ont vendus à l’encan à leur profit.

 

3 décembre 

·         165 charrettes sont réquisitionnées dans le district dont 14 pour Montoir et Saint-Joachim. (ADLA L.1012)

·         Procès de CLÉMENCEAU devant le tribunal criminel. Les témoins à décharge sont très nombreux et le tribunal prononce l’acquittement des accusations portées contre le maire de Montoir, ordonne qu’il soit, à l’instant, remis en liberté pour reprendre ses fonctions et continuer à être utile à la République. Il est immédiatement sorti de la prison du Bouffay ainsi qu’un certain JAMET de Montoir.

 

5 décembre

·         Joseph PELOUX, boucher de Gron, est dénoncé pour détournement de cuir vert.

 

9 décembre 

·         Condamnation à mort de Joseph TROUVE, 29 ans, mendiant et coupeur de mottes, « batard et garçon », domicilié à Montoir. Il était accusé d’avoir :

-     participé aux attroupements de mars 1793

-     sonné le tocsin

-     porté la cocarde blanche

-     et crié qu’il fallait prendre les armes contre la nation (Médiathèque – 51865-C)

 

12 décembre 

·         Une vingtaine de brigands a pénétré à la nuit chez Julien PRAUD à La Hélardière en Donges, l’ont maltraité et lui ont volé son cheval.

·         Une perquisition est faite à la maison de Tréveneuc où il semble que l’on ravitaille les brigands.

 

13 décembre 

·         DUFREXOU, de Saint-Nazaire, fait une descente chez Joseph PELOUX (1752-1812), boucher à Gron, pour vérifier ce qu’il a en cuir vert et salé. Il est reçu par sa femme Jeanne JAMET et fait l’inventaire du stock. La municipalité de Montoir confirme qu’elle est bien au courant et que ces peaux sont à vendre au « prix maximum ». Ce qui n’empêche pas qu’il y a dans la commune 5 tailleurs d’habits et 5 cordonniers qui n’ont pas de cuir. (ADLA L.1023)

 

15 décembre 

·         Isaac CHABOT, commissionnaire de Montoir qui avait été arrêté le 27 avril est « déporté au bateau » (noyade en Loire) (ADLA L.864)

 

20 décembre

·         Jean-Baptiste RICAUD et Julien FOURAGE, anciens procureurs de Bratz, Heinlex, etc., déposent les titres de féodalité aux pieds des arbres de l’Égalité et de la Liberté où ils sont incendiés.

·         Élection du comité de surveillance de Montoir. Les citoyens composant la commune du canton de Montoir se réunissent dans l’église pour former un comité de surveillance de 12 membres. Il y a 33 votants ( !).

Les élus ont obtenu :

-     François MOYON   : 32      Jacques CHELET          : 31      Etienne HALGAN          : 30

-     Michel HALGAN     : 30      Jean-Baptiste RICAUD  : 29      Aubin CHELET              : 29

-     Jean GLOTAIN       : 28      Charles TREMENT         : 26      Guillaume SAMBRON    : 26

-     Noël POULIER       : 26      Guillaume HOCMARD    : 21      Barthélémy BIDAUD    : 17

Suppléants :

-     Jean LERAY           : 9        François BOUVIER        : 8        Jean VINCE                  : 7

-     Jacques ANGEBAUD : 7

-      

21 décembre

·         Guillaume SAMBRON, ancien curé de Crossac, réfugié à Montoir depuis les brigandages du mois de mars et qui vient d’être élu au comité de surveillance, remet ses lettres de prêtrise devenues inutiles.

 

La grande armée vendéenne qui, après la tournée (la « virée de galerne ») qui l’a mené jusqu’à Granville, n’a pu traverser la Loire pour rentrer chez elle, ni à Angers, ni à Ancenis, est en pleine déroute. Malgré les pertes énormes, elle comprend encore une dizaine de milliers de personnes où se mêlent hommes, femmes et enfants dans un tel état d’épuisement qu’elle marque son passage de nombreux cadavres. A la recherche d’un point de passage sur l’estuaire, elle quitte Blain ce 21 décembre sous une pluie battante en direction de Savenay où elle arrive à la nuit tombée.

Le général CAMBRAYE, commandant de la place du Croisic, a été chargé par l’adjudant général AVRIL de la défense de Savenay et s’y trouve depuis le 19 décembre. En attendant l’armée républicaine de MARCEAU et KLEBER, et pour ménager sa poignée de volontaires, il fait évacuer la petite ville.

 

22 décembre 

·         Savenay est occupé par les vendéens. A Montoir, c’est l’affolement. Pour empêcher le passage du Brivet, l’ordre a été donné de couper une arche du pont de Méan, mais seuls le pavage et une partie du remblai ont été enlevés. Les 300 hommes chargés de la défense du pont, pris de panique, se sont enfuis. La municipalité de Montoir, constatant que la troupe a abandonné toutes les défenses de Méan, se retire à bord des navires en rade de Mindin avec ses papiers et objets précieux.

·         L’après-midi, la cavalerie de WESTERMAN entre en contact avec les postes avancés des insurgés puis MARCEAU et KLEBER arrivent et tiennent un conseil de guerre au relais de poste de La Moëre. Dans la nuit, et sous la pluie, les forces républicaines manœuvrent pour prendre leurs positions de bataille au nord et à l’est de la ville.

 

23 décembre

·         MARCEAU attaque et entre dans Savenay occupée par la foule des gens qui accompagnent l’armée vendéenne. Ce n’est bientôt qu’un amoncellement de cadavres. C’est la débandade chez les vendéens qui fuient vers l’ouest, les colonnes républicaines aux trousses, pour tenter de gagner les marais de Brière ou les rives de la Loire par Prinquiau, Blanche-Couronne et Montoir. Le massacre est horrible, il y a des morts partout. Aucun fuyard ne parviendra au pont de Méan.

·         La force armée ayant repoussée et poursuivant les brigands, les officiers municipaux de Montoir reprennent leurs places et fonctions pour aider « leurs frères d’armes » à persécuter les brigands.

·         De Montoir, le général MARCEAU envoie une lettre à la commune de Saint-Nazaire la requérant « d’envoyer dès ce soir du pain et de l’eau-de-vie » pour la troupe.

·         De Montoir, SAVARY, chef d’état-major de l’armée de l’Ouest, écrit au district pour lui annoncer la nouvelle de la défaite vendéenne et réclame pour la troupe du pain, de l’eau-de-vie et des souliers. (Moret p.507)

 

25 décembre 

·         Le conseil du département constatant que les cadavres des victimes de la guerre pas ou mal enterrés seraient « plus dangereux pour nous que ne l’ont jamais été leurs nombreuses cohortes » ordonne que les cadavres soient enterrés « dans des fosses profondes, recouverts d’une couche de chaux vive et d’au moins 3 pieds de terre. » Le nombre des cadavres est estimé à 7000.

 

Informations diverses pour 1793

Pour cette année 1793, mais non datées précisément, nous avons des observations de la municipalité de Pontchâteau réclamant l’établissement d’un canal de Pontchâteau à la Loire où il aboutirait près de Mareil après être passé à la chaussée de Sem. Tous les avantages qui pourraient en être tirés sont énumérés. (ADLA L.1021)

Il est intéressant d’intégrer ici le « Tableau des Maximum » pour cette année. Il a été fait et refait à plusieurs reprises pour corriger diverses erreurs. Celui-ci est donc la dernière mouture. Tout étant règlementé, on a là la liste à peu près complète de tout ce qui se vendait alors. Les prix permettent d’avoir une idée de la valeur relative des produits les uns par rapport aux autres. On voit tout de suite, par exemple, qu’un cochon valait le prix d’une vache et que sa viande valait plus du double de celle de la vache ou du veau. Par contre, l’animal le plus répandu et donc le moins cher était le mouton.

 

                                        TABLE DES MAXIMUMS

 

         

 


 

     


 

                  

 

 

1794 (AN II)

 

1 janvier (12 nivôse)

·         Le général CAMBRAY demande une force de 50 hommes dans la municipalité de Montoir pour repousser les brigands des environs.

·         Les problèmes concernant l’élaboration des barèmes d’imposition pour 1791 et 1792 ne sont toujours pas réglés.

 

9 janvier (20 nivôse) 

·         On fête la prise de Toulon autour des arbres de la Liberté et de l’Égalité avec feu de joie et chant de la Marseillaise.

 

15 janvier (26 nivôse) 

·         La municipalité de Montoir demande au district de La Roche-Sauveur trois ou quatre tonneaux de seigle pour « faire face à la famine qui nous menace à la suite des fournitures que nous avons dû faire à l’armée de Mayence qui, ayant cantonné 7 jours chez nous, a consommé tout ce qui nous restait. » . Une demande de 30 tonneaux de froment et de seigle est faite à Nantes le 17 janvier pour les mêmes raisons.

 

19 janvier (30 nivôse) 

·         Paiement de 400 livres pour le tonneau de grains de La Roche-Sauveur.

 

24 janvier (5 pluviôse)

·         Le général CAMBRAY se plaint des pillages commis sur la commune de Montoir par les soldats du détachement de Seine-et-Oise (qui regroupait les départements actuels de l’ouest parisien) qui « tuent les oies, les canards, canes, poules, moutons, volent le petit salé dans les charniers, mangent le pain et le beurre, brûlent de nombreuses mottes quand ils sont en sentinelle.» Il demande de les retirer et de les remplacer par ceux qui sont à Méan.

 

 3 février (16 pluviôse)

·         Déclaration de Gilles MAHÉ, notable à Montoir :

« Étant hier chez François PICAUD à boire chopine, il fut surpris de voir Guillaume MAHÉ, constructeur de chaloupe demeurant à Betz et réfractaire, qui se mit à disputer avec lui. A leur sortie, Guillaume MAHÉ se jeta sur lui, le brochant au collet et, le terrassant, il s'arma de son couteau pour le piquer au corps en lui disant : "Je veux que tu périsses aujourd'hui". Gilles MAHÉ réussit à lui échapper et se sauva pour aller chez lui. Guillaume courait toujours pour lui couper le chemin et se trouva avant lui au bout de la chaussée des Iles. Il demanda à Gilles MAHÉ qui était dans un bateau avec Denis MAHÉ de Pendille de sortir avec lui. Ce qu'il refusa. Guillaume le poursuivit encore jusqu'au bout de le chaussée de pierre à Guersac.

Pour lors, Gilles MAHÉ requit de par la loi un soldat volontaire et les citoyens Alexandre ANGEBAUD, PANHELEUX, AOUSTIN, Jean GERGAUD et Mathieu HALGAND, notable, qui se trouvaient à boire chopine chez Claude TRÉMANT, de se joindre à lui pour arrêter Guillaume MAHÉ. Ils le poursuivirent jusque dans la Brière où le volontaire lui tira deux coups de fusil sans l'atteindre et sans pouvoir l'arrêter. Seul le nommé Jean GERGAUD refusa de participer à la poursuite.

Gilles MAHÉ ajoute qu'il a vu 3 ou 4 hommes qui s'étaient cachés contre un mulon de mottes (de tourbe) dans la levée de feu Guillaume PÉZERON. Il n'a pu reconnaitre que Jacques AOUSTIN, fils de Denis, d'Aignac. Guillaume MAHÉ lui a dit aussi qu'au mois de mars prochain, lui et sa clique ne seraient pas si fiers.

A la suite de cette dénonciation, le comité de surveillance de Montoir y voit la preuve que les Briérons ne sont pas rentrés dans l'ordre comme ils le prétendent. Il demande en conséquence de surseoir à sa requête antérieure pour les réintégrer en municipalité. "Qu'ils nous livrent d'abord Guillaume MAHÉ, Denis AOUSTIN, procureur de la commune et les prêtres qu'ils recèlent et qui leur donnent encore de l'espoir pour le mois de mars prochain où plusieurs personnes parlent d'un autre assaut (une autre insurrection royaliste)” (ADLA L.1024) 

 

6 février (18 pluviôse)

·         Le comité de surveillance de Montoir se préoccupe des biens de l’ancien recteur EON. Après le départ de celui-ci, obligé de résider à Nantes à Pâques 1792, son domestique, Pierre NOEL, de Saint-Jagu dans le Morbihan, a fait transporter tout le mobilier et effets mobiliers du dit curé chez divers habitants. Emmanuel OLLIVAUD fait une déclaration au sujet d’un bureau et d’une barrique de vin déposés chez lui. (ADLA L.1029)

 

 

 

7 février (19 pluviôse)

·         Le comité de surveillance, présidé par Guillaume SAMBRON, condamne Emmanuel OLLIVAUD à vendre le bureau et le vin ou à en payer le prix, plus 20 francs pour le commissaire ANGEBAUD qui est allé le chercher à plusieurs reprises.

 

8 février (20 pluviôse)

·         N’ayant rien trouvé d’autre du mobilier, estimé à 1000 livres, le comité lance un mandat d’arrêt contre Pierre NOEL (ADLA L.1024-1029).

 

10 février (22 pluviôse)

·         Il sera fourni à Montoir, à  titre de semence : un tonneau et demi d’orge et un demi d’avoine (1 boisseau d’orge formant 2 quintaux)

 

17 février (29 pluviôse)

·         Guillaume SAMBRON, au nom du comité de surveillance, écrit au district. Il demande qui paiera le logement qu’il occupe, ses frais de bureau et les commissionnaires qu’il emploie.

·         Devis de réparation du pont de Méan suite aux dégradations qui y ont été faites fin décembre 1793 afin de gêner un passage éventuel des restes de l’armée vendéenne. Ce pont est composé de 3 arches dont 2 de 34 pieds et une de 40 pieds d’ouverture. Sur la première arche, vers Savenay, le pavé et le remblai ont été enlevés ce qui forme une tranchée de 5 pieds de profondeur, 40 de longueur et 17 de largeur. Les murs et têtes de parapet sont détruits sur 40 pieds. Sur l’arche du milieu, le pavé a été enlevé sur 4 toises de superficie et, sur la troisième arche, le pavé et le remblai ont été enlevés sur 4 toise superficielles et 2 de profondeur. (ADLA L.1024)

 

18 février (30 pluviôse) 

·         Le comité de surveillance met en état d’arrestation Pierre DOUCET (1737-1794), boulanger à Montoir, qualifié pour la circonstance d’aristocrate. Le but de l’opération est de le remplacer par François ROBARD qualifié, lui, de boulanger patriote. Une demande dans ce sens est envoyée au maire. (ADLA L.1490)

 

23 février (5 ventôse) 

·         Pierre DOUCET est conduit à Nantes par les gendarmes.

·         Délibération du comité de surveillance qui reproche à Alexandre CLÉMENCEAU, le maire, d’avoir dit qu’il se foutait du comité et de sa demande au sujet du boulanger, qu’il en trouverait bien un autre, sinon, Florence DOUCET, la sœur de Pierre, boulangerait à sa place et, si nécessaire, il le ferait lui-même (ADLA L.1490)

 

25 février (7 ventôse)

·         L’ingénieur en chef du département, GROLEAU, écrit au district de Guérande car les hommes requis pour travailler sur les routes désertent pour aller dans les villes où ils gagnent plus en faisant le portefaix. Il propose de payer les manœuvres de 30 à 40 sols et les perreyeurs de 45 à 52 sols suivant force et activité. Les grandes routes doivent être praticables pour le 15 germinal prochain (4 avril 1794).

 

26 février (8 ventôse)

·         Perrine NICOLAS, 39 ans, de Montoir, épouse de Jean HALGAND, boucher à La Ganache, se noie avec un enfant de 7 mois.

·         Le Comité de surveillance charge Charles TRÉMANT de rechercher les moyens d’augmenter la production de salpêtre (nécessaire à la production de poudre noire)

·         Le maire de Montoir déclare ne pouvoir fournir du foin à Nantes car, ayant été dévasté par l’armée de Mayence, il n’y en a plus. (ADLA L.1024- 12.JJ.16)

·         Pierre DOUCET, 57 ans, le boulanger, est écroué à la prison du Bouffay à Nantes.

 

Dans le courant de février, l’abolition de l’esclavage a été votée.

 

1 mars (11 ventôse) 

·         Le comité de surveillance de Montoir, présidé par François MOYON et réunissant Jean GLOTAIN, Guillaume SAMBRON, Michel HALGAN, Charles TRÉMANT, Jean-Baptiste RICAUD et Guillaume HOCMARD, rédige un document destiné aux représentants du peuple. Ce document fait suite aux dépositions de Jean ALLAIRE, notable, François ROBARD, BARBEREL, BLANCHARD, officiers municipaux et Jean ROUSSEAU, notable,  contre Alexandre CLÉMENCEAU, à la suite de la demande du comité de faire boulanger ROBARD, « boulanger patriote à la place de Pierre DOUCET aristocrate ».  

 

2 mars (12 ventôse) 

·         Jean ALLAIRE est chargé de porter à Nantes la liste des charretiers désignés pour aller à cette ville.

 

3 mars (13 ventôse)

·         Pierre BOURDIC, 45 ans, fils de Jean René et de Jeanne Marie BOURDIC, de La Boutardière, est mort ce jour, « victime des fureurs de la guerre civile », il fut fusillé.

·         Premier rapport du comité de surveillance de Montoir, en place depuis le 15 nivôse :

« L’esprit public fait très peu de progrès. Les trois quarts n’ont pas encore le sentiment de liberté et rampent dans la fange des vieux préjugés. Dans l’autre quart, à peine y en a-t-il quelques-uns qui se sont élevés à la hauteur des circonstances.

L’opinion du peuple quant à la révolution : il est content d’être débarrassé des tyrans mais il ne se rend pas compte que, s’il ne sent pas d’allègement des impôts et s’il est de temps en temps foulé par la troupe, il le doit à la révolte occasionnée par sa trop grande crédulité, donnant dans les pièges tendus par les prêtres réfractaires. Ils regrettent les statues, les processions et les prêtres qu’ils adoraient.

Notre commune ne contient que 28080 journées de terre ferme (journée de 40 sillons ou le 2/3 d’un journal). Le peu de grain que nous avions nous a été enlevé par le district. Notre commerce maritime et la vente des tourbes faisaient toute notre ressource. La mer ne nous fournit plus les moyens et la vente des tourbes presque point, étant obligés de les donner au maximum » (voir ci-dessus) (ADLA L.1024)

·         Le comité de surveillance annonce :

« Vers les 8 à 9 heures du matin de ce jour, nous avons pris Sébastien JOUALLAND (1760-1795), charpentier de l’Ile Olivaud en Crossac et Gabrielle HERVE sa femme. Cette dernière a été blessée au bras gauche par nos camarades du détachement de Crossac.

Entre 11 heures et midi, nous avons pris François VINCE, ci-devant vicaire de Donges.

Nous avons emmené les trois prisonniers à la maison commune après les avoir fouillés. Ils n’avaient que leurs couteaux, que nous leur avons ôtés, et le prêtre une boite des Saintes Huiles.

Suivant les bruits répandus, nos camarades de Crossac ont, au même moment, tué Joachim MAHÉ, prêtre de Saint-Joachim non assermenté. Ils nous ont fait dire avoir tué un homme de 70 ans environ, cheveux blancs, couché dans un bateau sur un matelas, ayant avec lui un bréviaire » (ADLA L.701)

N.B. : Il y a erreur sur la personne, Joachim MAHÉ n’a pas été tué, il s’agit probablement de l’abbé de Kerguisé.

 

4 mars (14 ventôse)

·         Interrogatoire par la municipalité de Montoir de l’abbé Joseph OLLIVAUD   (1735-1794), 59 ans, prêtre réfractaire, vicaire de saint-Joachim, capturé par la force armée en détachement aux Brière alors qu’il se trouvait dans un bateau au chef de l’Ile (à la tête l’ile) de Mazin :

« - Pourquoi ne vous êtes-vous pas exporté ? (expatrié)

- Mes moyens ne me le permettaient pas

- Depuis quand êtes-vous fugitif ?

- Il y a deux ans à Pâques

- Où êtes-vous resté depuis ce temps ?

- Au marais, dans la Brière, Pendil, Mazin, Joachim et Guersac »

Il a conféré avec Joachim MAHÉ, recteur de Saint-Joachim, il y a un mois, dans les Brières, dans un bateau. Il a fait deux ou trois mariages sur Montoir. Depuis 6 mois, il est allé chez Laurent MAHÉ, maire des Marais (La chapelle des). Il a bu avec les officiers municipaux de cette commune qui le plaignaient de son sort. Depuis huit jours qu’on était à la recherche des brigands, il était caché à Pendille sous un mulon de mottes. Il a entendu plus de 9 ou 10 coups de fusil passer au-dessus de lui. (ADLA L.1494)

 

5 mars (15 ventôse)

·         Arrestation( ?) de Guillemette ( ?), femme d’Olivier GUIHARD, de ses enfants Guillaume, François et Guillemette et de Denis OLLIVAUD (né le 9/5/1762), fils de Denis, marin sur le « Phénix ».

·         L’armée de l’ouest demande l’assistance de la municipalité de Montoir pour procéder au désarmement de tous les citoyens.

 

8 mars (18 ventôse) 

·         Ordre du général CAMBRAY, en accord avec le comité de surveillance, de faire armer les « bons sans-culottes ».

 

 

 

13 mars (23 ventôse)

·         Incarcération de Joseph OLLIVAUD, vicaire de Saint-Joachim, à la prison du Bouffay à Nantes. (ADLA L.864)

 

14 mars (24 ventôse)

·         Ont été « conduits à la maison commune par les forces armées, François VINCE, prêtre réfractaire, ci-devant vicaire de Donges, Sébastien JOUALLAND et Gabrielle HERVE sa femme, brigands arrêtés par la force armée dans les Brières .Le citoyen BIGOT, capitaine commandant le détachement en garnison à Montoir, ayant connaissance des déclarations du dit VINCE et des autres, ayant pris conseil avec les officiers, municipalité et membres du bureau du comité, ayant jugé militairement le dit VINCE et Gabrielle HERVE (les condamna à ) être fusillés sur-le-champ et que Sébastien JOUALLAND fût conduit par le dit BIGOT en prison à Guérande, ce qui a été exécuté… » (ADLA 12.JJ.16)

·         Le même jour, condamnation à mort par le tribunal criminel de Nantes du prêtre Joseph OLLIVAUD, sentence exécutable dans les 24 heures. Il est exécuté sur-le-champ. (ADLA L.864)

 

15 mars (25 ventôse) 

·         Jean-Baptiste JEGO, ci-devant officier des canonniers, garde-côtes, et chevalier de Saint-Louis, est arrêté à Saint-Molf et conduit à Guérande. Il était un des chefs des révoltés qui, en mars 1793, occupèrent Guérande et Le Croisic.

·         Sébastien JOUALLAND est condamné à la prison jusqu’à la paix par le tribunal de Guérande et transféré à Nantes. (ADLA L.254)

 

16 Mars (26 ventôse)

·         Thomas BLANCHARD et Jean SIMON sont chargés de conduire à Nantes « notre contingent de jeunes gens de la 1ère réquisition ». (ADLA 12.JJ.16)

 

17 mars (27 ventôse) 

·         Lettre d’Alexandre CLÉMENCEAU au sujet de la capture de François VINCE et de ses amis. Ce document est obscur, assez incohérent et ne ressemble pas à son auteur :

«…Le prêtre a été fusillé militairement ainsi que la femme. Au sujet de la capture : le général AVRIL avait donné l’ordre à des gendarmes de prendre ici un détachement pour aller saisir Sébastien JOUALLAND et sa femme et brûler leur maison. Comme elle joignait d’autres maisons, elle fût jetée bas par les sans-culottes de cette commune qui avaient accompagné le détachement.

Nous fûmes prévenus pour lors qu’il était question de peloton de laine que les brigands réfugiés chez le dit JOUALLAND avaient envoyé à COUVRAND, constructeur à Paimboeuf, dans lequel peloton il y avait une lettre. Le général peut vous rendre compte de cette affaire de peloton.

En outre Sébastien JOUALLAND a toujours été fugitif. Ci-joint un passeport du 24 juin 1793 établi par le maire de Crossac. Or cet homme habitait Mazin et ne pouvait donc avoir un passeport que de Montoir. Il aurait été fusillé lui-même si la force armée ne s’était pas plus attachée au prêtre VINCE et à la femme qui avait un bras cassé par un coup de fusil, mais le bras cassé en ce pays aurait été un ennemi cruel.

La maison où est né cet homme a été brûlée et toute sa famille sont gens suspects » (ADLA L.701)

·         Incarcération à la prison des Saintes-Claires à Nantes de Jacques DAMATS, réfugié de Montoir, devenu suspect après dénonciation de membres de la commune de Montoir. (ADLA L.876) Le 20 prairial, il sera qualifié d’écrivain. (ADLA L.877)

 

18 mars (28 ventôse) 

·         En fin de compte, c’est VAUGIER, commandant la force armée de la Manche stationnée à Montoir, qui conduit le contingent de jeunes de 18 à 25 ans à Donges pour y être embarqués à destination de Nantes.

 

23 mars (3 germinal) 

·         Pierre DOUCET, le boulanger de Montoir, arrêté le 18 février par le comité de surveillance puis transféré à Nantes, meurt à l’hôpital des Frères Quatre-bras où il avait été conduit deux jours plus tôt.

·         Les habitants de Trignac demandent de relever leur pont qui, sur l’étier de Méan, permet de mener les bêtes en Brière.

 

28 mars (8 germinal)

·         Marie MAHIET, religieuse ursuline, fait partie des religieuses arrêtées ce jour à Guérande. (ADLA L.1498)

·         Déposition de Françoise TREMELO, veuve de Gilles MARTIN, de Michelle MARTIN, 19 ans, et de Guillaume HOCMARD, certifiant devant le comité de surveillance que Louis GUIHARD, dit l’Abbé, était chef de brigands lors du passage de ceux-ci à Montoir.

 

30 mars (10 germinal) 

·         Les muletiers se sont présentés pour charger les sacs des jeunes gens de Saint-Joachim qui doivent rallier Brest. Ceux-ci ne veulent pas partir car ils n’ont pas de souliers. Ordre est donné à l’armée de s’assurer de leur départ le lendemain.

·         Un registre pour les déclarations d’armes et de munitions a été ouvert, selon la loi du 7 juillet 1792. En mars 1794, sont déposés à la commune : 59 fusils, 3 pistolets, 10 sabres. L’arme que l’on trouve le plus souvent dans les déclarations est le fusil boucanier.

 

31 mars (11 germinal) 

·         Le comité de surveillance fait arrêter Olivier GUIHARD, 66 ans, à cause de l'évasion de son fils Louis, étudiant pour être prêtre. Au cours d'une perquisition effectuée à la métairie de La Taillée où il est métayer, on découvre quelques papiers que le recteur René EON (1739-1815) lui avait confié avant son départ pour l'exil. Il y a deux documents imprimés qui sont les prises de position du pape Pie VI sur la constitution civile du clergé, diffusées dans toutes les paroisses. Les scellés sont mis sur toutes les ouvertures de la maison. (ADLA L.1498). Il sera écroué à la prison du Bouffay à Nantes le 3 avril.

 

4 avril (15 germinal)

·         Les charrettes précédemment réquisitionnées n’étant pas satisfaisantes car la plupart ne sont pas ferrées, le district devra maintenir en permanence à Nantes 15 charrettes avec leurs bestiaux. Elles seront relevées par décade et Montoir en fournira 3. (ADLA L.1012)

 

5 avril (16 germinal) : Robespierre élimine Danton et ses partisans. Renforcement de la dictature et redoublement de la terreur.

 

6 avril (17 germinal)

·         La commune reçoit 16.880 livres de secours pour les familles qui ont des enfants au service de la République.

 

8 avril (19 germinal)

·         Jean GOUËRE renonce aux titres qu’il pouvait avoir de naissance mais il ne peut fournir les papiers car ils ont été brûlés.

 

 

9 avril (20 germinal) :

·         Rapport d’activité du comité de surveillance :

-     Il fustige la municipalité qui refuse de convoquer le peuple pour célébrer le décadi. Le comité de surveillance l’ayant fait, le temple de la Raison était rempli alors qu’il est vide lorsque l’on célèbre la messe.

-     Le comité n’a reçu aucune réponse de la municipalité à sa demande au sujet de l’élection de 4 de ses membres qui sont parents. Le maire prétend qu’il a bien autre chose à faire.

-     Le comité a fait arrêter Olivier GUIHARD, laboureur du bourg et l’a fait conduire à Nantes sous l’inculpation d’incivisme, de recel d’effets de suspects et hors-la-loi, de conserver des bulles du pape incendiaires et séditieuses (ADLA L.1012)

·         Pierre NOEL, l’ancien domestique du recteur EON, est détenu depuis le 29 mars (19 germinal).

 

·         Au sujet des biens de l’ex recteur de Montoir, il répond lors de l’interrogatoire que les effets mobiliers dépendant de la cure pourraient se monter à 6000 livres. Il en a remis une partie à Annette JOUAUD il y a environ deux ans, à savoir : une armoire, une commode et une vache. Il a été transporté beaucoup d’effets chez la citoyenne OLIVAUD : armoire, buffets, linge, lits. Pour le transport, il était aidé par le menuisier DESBOIS. D’autres effets ont été transportés dans l’appartement de la citoyenne FROCRAIN : lits armoires, batterie de cuisine. Environ 2 milliers de foin ont été transportés à Gron, 500 fagots et 2 cordes de bois chez la citoyenne TALMIN, 1 barrique de vin chez Emmanuel OLLIVAUD.

 Interrogé sur ce qu’il est advenu d’EON, il répond que, étant revenu de Nantes, où il était obligé de rester, il a été conduit par lui, Pierre NOEL, en passant par La Guesne, le Passage Neuf et Saint-Jagu, jusqu’à Vieille-Roche où il s’est embarqué sur le vaisseau « La Nouvelle Constitution ». Depuis, il a reçu deux lettres dont la dernière est datée d’Osma.

·         Emmanuel OLLIVAUD reconnait que Pierre NOEL a déposé chez lui une barrique de vin empaillée dans un fût et un mauvais bureau dans les premiers jours d’avril 1792. Ces choses furent déclarée ensuite.

·         Le citoyen RICAUD a fait vendre le bureau et le fût qui contenait les bouteilles et le comité a condamné OLLIVAUD, le 20 pluviôse, à payer 50 livres, somme dont il s’est acquitté le 21 de ce mois.

·         Pour sa défense, OLLIVAUD rappelle, qu’après la bataille de Savenay, une armée de 8 à 10.000 hommes a poursuivi les brigands jusqu’à Montoir où elle lui a bu 6 barriques de vin de pays, consommé son foin, farine et lard. Pendant ce temps, il était au Pouliguen et sa famille sur des chaloupes à Mindin. A leur retour, ils durent être ravitaillés par l’armée pendant 3 jours. Il demande en conséquence qu’on lui rende ses 50 livres.

·         - Le 6 floréal, le maire CLÉMENCEAU notera son avis sur le document : pour lui, les dires d’OLLIVAUD au sujet du vin sont faux. Il en veut pour preuve que, dans ses déclarations des pertes qu’il a subies du fait de l’armée de Mayence, il n’en est nullement question. (ADLA L.1029)

 

22 avril (3 floréal)

·         Charles TREMENT, requis pour Brest, n’a pu partir car il a une fabrique de salpêtre qu’il ne peut abandonner. (ADLA 12.JJ.16)

·         Nomination de commissaires pour faire l’état de tous les bestiaux de la commune : chevaux, bœufs, vaches, génisses, moutons, cochons.

 

24 avril (5 floréal) 

·          - Emmanuel OLLIVAUD reçoit 104 livres pour les soins qu’il a donnés à la troupe.

·          - Recensement des cochons, mâles et femelles, de plus de 3 mois. On en réquisitionne le 1/8 en ne prenant que des mâles gras, âgés de plus d’un an et sans maladie, en évitant de prendre ceux des gens qui n’en ont qu’un. (ADLA L.1012)

 

25 avril (6 floréal) :

·         Prix pratiqués à la foire de Montoir : (ADLA L.1025)

    

Animaux

Prix

Bœuf gras

900 livres

Vache

450 livres

Cheval de taille

1000 livres

Mouton gras

8 livres

Cochon gras pesant 2 cents

150 à 160 livres

Veau de lait

15 livres

Couple d’oies

3 livres 10 sols

Couple de canards

2 livres 10 sols

Couple de poules

2 livres 8 sols

 

 

·         Mise sous séquestre des biens d’Olivier GUIHARD, métayer de La Taillée, arrêté comme suspect.

 

27 avril (8 floréal) 

·         Le registre d’écrou de la prison du Bouffay signale la mort d’Olivier GUIHARD ce jour (ADLA L.864)

·         Ce même jour, le comité de surveillance de Montoir fait arrêter sa femme accusée d’avoir rompu les scellés mis sur sa maison après l’arrestation de son mari. Elle refuse de donner son nom (Jeanne PLAISANCE) (ADLA L.1498)

·         Emmanuel OLLIVAUD revient à la charge. Il estime à 4000 livres ses pertes du fait de l’armée de Mayence, réclame ses 50 livres et d’autres sommes qui lui sont dues.(ADLA L.1029)

 

29 avril (10 floréal) 

·         Le citoyen HUBERT demande qu’on s’inquiète de ce qui sera fait pour l’entretien des bestiaux d’Olivier GUIHARD.

·         Il est impossible de trouver sur la commune des chevaux d’au moins 4 pieds 6 pouces sous la potence demandés par l’armée.

·         Élection pour le comité de surveillance : 42 votants. François PICAUD, Olivier BERCIER, Jacques DEBOIS et Pierre MOYON sont élus en remplacement d’Etienne et Michel HALGAN, Jacques CHELET et Louis POULIER. Sont élus suppléants : Pierre Michel JALLIOT et Jérôme CADIET (ADLA 12.JJ.16)

 

3 mai (14 floréal) 

·         Jeanne PLAISANCE, 68 ans, femme d’Olivier GUIHARD, métayer de la Taillée décédé au Bouffay est écrouée elle aussi dans cette même prison. Elle sera transférée à l’hôpital le 30 mai suivant.

 

5 mai (16 floréal) 

·         Le district décide que la municipalité de Montoir remboursera à Emmanuel OLLIVAUD l’avance qu’il avait faite en tant que maire de Montoir et lui paiera les frais et intérêts qu’il a eu à supporter (ADLA L.476)

 

6 mai (17 floréal)

·         On a pu remarquer, au fil des évènements précédents, que depuis sa création, le comité de surveillance fait régner l’arbitraire dans le canton. Il est la « Terreur » locale. A la marge des institutions républicaines, il dénonce, critique et bientôt décide, en particulier des arrestations des gens qui ne lui plaisent pas, sans se préoccuper des conséquences de ses actions et sans consulter la municipalité. C’est ce qui s’est produit avec la mise en prison d’Olivier GUIHARD puis de son épouse.

Il apparait alors que, dans ces conditions, le torchon brûle entre les deux organismes et en particulier entre Alexandre CLÉMENCEAU, le maire et Guillaume SAMBRON, le président du comité de surveillance.

Ce jour, 6 mai, CLÉMENCEAU écrit au district : « Il a plu au comité de surveillance de faire arrêter le métayer de La Taillée GUIHARD et sa femme et de les faire conduire à Nantes pour des raisons qu’on ignore, laissant à l’abandon cette métairie qui a beaucoup de bestiaux. La municipalité a écrit au comité pour qu’il assure la garde de la maison, les soins aux animaux et les travaux qu’exige cette exploitation.

Il parait que, par un écrit de quatre de leurs membres, ils voudraient me rendre responsable de ces évènements mais, n’ayant aucune connaissance des faits du comité, je n’en puis répondre. De plus, SAMBRON ne paie aucune contribution et influence avec un autre le comité. Il fait beaucoup de mal à cette commune en réveillant les affaires de mars 1793. Les proclamations ne sont-elles donc d’aucune valeur pour ceux qui sont, sur leur publication, rentrés dans le devoir, dans leurs foyers et obéissent aux lois ? » (L .1025)

 

7 mai (18 floréal)

·         Réception d’une lettre du comité de surveillance de Mont-sur-Loir, ci-devant Château-du-Loir, dans la Sarthe, au comité de surveillance du district de Guérande. Celle-ci dénonce Michel JALLIOT, ci-devant curé dans ce district de Mont-sur-Loir, et demande son arrestation. Ce serait un homme dangereux, il aurait suivi longtemps l’armée des brigands de la Vendée. On l’aurait même vu à Saumur avec eux. « Nous n’avons pas averti le comité de surveillance de Montoir où on le dit très aimé. Des fanatiques auraient pu se glisser dans ce comité et le faire échapper. » (ADLA L.729) (ndla : comme quoi un épurateur en trouve toujours un plus pur que lui).

 

8 mai (19 floréal) 

·         il semble que la municipalité de Montoir se soit déchargée sur celle de Saint-Joachim (Les Isles) de la fourniture de 3 charrettes imposées le 4 avril pour Nantes. Missive de la commune des Isles au district : « Après avoir nommé des charrettes pour Nantes, celle de Kerfeuille est partie aussitôt. Les deux autres ont attendu quelques temps car il s’est trouvé qu’un des couples de bœufs appartient à un vieil homme et c’est son neveu qui le touche à l’ordinaire. Or, sur le point de partir, ce neveu a eu un bulletin pour le service de la République. Ne sachant comment faire, c’est son consort qui est parti.

Les 2 charrettes en retard sont parties le 9 floréal. Ceux qui les mènent s’appellent Luc VINCE et Jean HALGAND. Celui qui est seul est Guillaume HALGAND, fils de Pierre. Le vieux qui est resté c’est Jacques AOUSTIN, fils de Pierre. Notre endroit est bien surchargé en charrettes à envoyer à Nantes. Nous sommes toujours requis par Montoir pour fournir des mottes aux ports de Bretagne, comme si nous étions les seuls à en avoir. La commune des Marais en tire aussi une grande quantité et il serait juste que chacun en fournisse à son tour.

D’ailleurs, citoyens, quand on nous requiert pour fournir de la motte, on ne nous donne pas d’argent, on sera payé au retour. Cela n’est pas satisfaisant. Des particuliers ayant fourni 659 milles n’ont touché que la somme de 1072 livres. En fait, la motte est le pain du pays puisque l’endroit ne fournit du grain que pour 2 mois de l’année » (ADLA L.1025).

 

9 mai (20 floréal)

·         Le comité de surveillance répond au district au sujet d’une enquête sur l’ensemencement des terres incultes : « Il n’y en a pas chez nous. Ce n’est pas la peine d’envoyer des commissaires pour le constater. La République en a déjà assez à payer »

 

18 mai (29 floréal) 

·         Lettre de la commune des Isles se disant dans l’impossibilité de fournir l’avoine aux fournisseurs de l’étape à Pontchâteau : « Nous avons récolté 456 quintaux en août 1793, mais nous en avons livré 60 à la troupe de Montoir au temps des mayençais et 9 à Pontchâteau. Nos habitants ne pouvant avoir des grains (blé, seigle, blé noir, mil) dans les communes voisines, comme à l’habitude, ont été obligés de consommer de l’avoine en en faisant du pain . De plus, ils ont ensemencé leurs terres pour la prochaine récolte. Actuellement nous nous trouvons dans un parfait dénuement »

Signé : Denis MAHÉ maire, J.HALGAND, adjoint national, Luc MAHÉ et Joseph MOYON, officiers municipaux, Pierre FOURÉ, notable (ADLA L.1025)

 

20 mai (1 prairial)

·         L’administration de l’armée de l’ouest réquisitionne les prairies de la rive droite de la Loire pour recevoir les animaux de la rive gauche où aucun ne doit rester. Constatation est faite par ailleurs que les nommés MARTEL et LEVASSEUR, de Grandville, ont usurpé les communs de Gron.

 

22 mai (3 prairial) 

·         L’ingénieur du département HERVOUET écrit au district : « L’ingénieur en chef GROLEAU me prévient que, l’adjudication pour la réparation du pont de Méan n’ayant pu être faite, les travaux seront effectués au prix du devis par le sieur DENIAUD de Pontchâteau. Tout sera fait pour le 20 prairial sauf le pavage. La chaux étant entièrement rare, il faudra en prévoir la réquisition ainsi que celle du personnel nécessaire ». (ADLA L.1025)

 

25 mai (6 prairial) 

·         Plainte du commandant de la force armée contre les sans-culottes qui vont dans les campagnes, forcent les gens à leur donner beurre, œufs, pain et vont dans les jardins du bourg à la nuit y dévaster tout ce qu’il y a. (ADLA 12.JJ.16)

 

26 mai (7 prairial)

·         Gilles DAVY fils vient d’être arrêté à Guérande. BUO, JOSSEAU, MORIN et NICOT doivent l’être aujourd’hui. Tous sont enseignes non entretenus (dans la marine).

 

27 mai (8 prairial) 

·         Mandat d’arrêt contre Florence DOUCET, sœur de Pierre, qui refuse de fournir du pain aux patriotes depuis l’arrestation de son frère.

 

28 mai (9 prairial)

·         Les municipalités de Montoir, Donges et Saint-Nazaire sont requises de fournir les hommes, matériaux et approvisionnements nécessaires aux réparations du pont de Méan. (ADLA L.1012).

 

29 mai (10 prairial) 

·         « Le comité de surveillance du canton de Montoir, ayant eu avis que des denrées parties de Méan pour Nantes, sans permis de la municipalité, pourraient bien passer dans la partie insurgée au sud de la Loire, enjoint par le présent arrêté au sieur BATTAIS, brigadier des douanes nationales et commandant de la garde nationale à Méan, de visiter toutes les embarcations qui sortiront de l’étier, de ne laisser aucune denrée ni personne passer sans un permis de la municipalité désignant la quantité, la qualité, l’espèce et la destination. » (ADLA L.1025)

 

30 mai (11 prairial) 

·         Parution des salaires journaliers dans la commune de l’Union :

-     Faucheurs                        : 1 livre 10 sols                                   faneurs                        : 1 livre 14 sols

-     Moissonneurs      : 1 livre 3 sols                         batteurs de grains       : 1 livre 7 sols

-     Transport journalier des récoltes avec bœuf et charrette                                  : 5 livres 15 sols

 

31 mai (12 prairial) 

·         Florence DOUCET, 40 ans, de Montoir, est écrouée à la prison du Bouffay, venant de Savenay. (Elle sera libérée le 26 juin par ordre du représentant du peuple BO.)

 

1 juin (13 prairial) :

·         Combat naval au large de Brest contre les Anglais qui ne peuvent empêcher d’entrer dans ce port un convoi de 200 navires apportant des denrées d’Amérique. La république est ainsi sauvée d’une imminente et effroyable famine (Moret page 529)

·         Le maire de Montoir et la municipalité protestent contre l’arrestation d’une dizaine de personnes par le comité de surveillance. Prises sur une liste de 60 à 80 individus, elles avaient prêté le serment et étaient rentrées tranquillement dans leurs foyers (ADLA L.1025)

·         Lettre de Guillaume SAMBRON au district : « Le maire vient de rapporter de Nantes un décret du 7 septembre disant que les ci-devant prêtres non mariés ne pourraient être au comité de salut public. Il prétend que cela s’étend aux comités de surveillance qui en sont les rameaux. Je me suis donc retiré, mais je vous demande de nommer quelqu’un à ma place pour l’apposition des scellés chez plusieurs personnes que le comité vient de faire arrêter, en particulier la belle-mère de CLÉMENCEAU. Son gendre ne parait pas compétent pour cela. » (ADLA L.1025)

 

2 juin (14 prairial) 

·         Des suspects sont interrogés par le comité de surveillance de Montoir :

-     Mathieu HALGAND, 42 ans, de Guersac, reconnait avoir commandé « les brigands » sous François RENAUDIN

-     Pierre AOUSTIN, notable, 34 ans, de Guersac, reconnait avoir été, avec ceux qui portaient le drapeau blanc, embrasser les deux voleurs que les brigands avaient attachés à l’arbre de la Liberté.

-     Sont aussi interrogés : Guillaume VERGER, 25 ans, laboureur au Petit-Reniac, Noël SOREL, 25 ans, couvreur au bourg, Philippe HALGAN, 59 ans, laboureur à Guersac, Louise HERVY, 65 ans, du bourg, Jeanne ARNAUD, 26 ans, domestique chez CLÉMENCEAU, Anne JOUAUD, 38 ans, bonne-sœur du Tiers-ordre, Catherine LEGUET, 39 ans, bonne-sœur du Tiers-ordre, Perrine ROTHOUX, veuve GALET, 70 ans, du bourg, Perrine RICHARD, 35 ans, journalière, du bourg. (ADLA L.1498)

 

3 juin (15 prairial) :

·         Rapport du comité de surveillance :

-     « Nous avons pris un arrêté pour que les denrées, surtout comestibles, qui sortent de l’étier de Méan arrivent bien à leur destination, c'est-à-dire les villes qui en manquent, et, pour qu’elles soient exposées au marché et non portées chez des particuliers égoïstes pendant que la généralité des habitants et les meilleurs républicains comme à Nantes, mangent dans leur journée une demie livre de mauvais pain, des fèves et vesces.

Cet arrêté, nous l’avons pris car ce n’était pas la première fois que des vivres partaient pour une autre direction. Nous l’avons ensuite retiré car on nous a dit que nous avions abusé de la morosité de la municipalité. Nous aurions du conférer avec elle autrement que verbalement et consulter le district. »

Signature de tous les membres, sauf SAMBRON (ADLA L.1025)

·         « Envoi à Guérande des ornements de notre ci-devant église et des chapelles de la commune : 8 gallisces d’argent avec leurs platainnes d’argent doré, 3 ciboires, 3 petites boites à porter les saintes huiles, 2 croix, 2 bénitiers, 1 encensoir, le tout en cuivre, 3 bannières avec plusieurs chandeliers de cuivre, plusieurs chasubles de différentes couleurs, chappes, aubes, surplis, papes ( ?), devants d’autel. » (ADLA 12.JJ.16)

 

6 juin (18 prairial) :

·         Sur ordre de SAMBRON et du comité de surveillance sont incarcérés à la prison du Bouffay les habitants de Montoir suivants :

-     Philippe HALGAND, 59 ans, laboureur, époux de Rose OPIAIS, père de 6 enfants

-     Mathieu HALGAN, 42 ans, laboureur, célibataire

-     Noël SOREL, 35 ans, couvreur, originaire de Bains et époux de Renée GUILLET, père de famille.

-     Louise HERVY, 65 ans, femme TREMOUREUX

-     Anne JOUAUD, 48 ans, célibataire, fille d’un officier de marine

-     Catherine LETHIEC, 40 ans, fille de journée, célibataire et Perrine RICHARD (ADLA L.866)

·         Alexandre OLLIVAUD, chirurgien, indique qu’il n’est pas parti avec les jeunes gens de la réquisition à cause de sa qualité d’officier de santé.

·         Les officiers municipaux remettent à SAMBRON en sa qualité de commissaire du district, les noms des émigrés de la commune : Pierre BROUSSARD, François GUIHARD, Denis ALLAIRE, Charles TREMOUREUX, Jean-Marie BIZEUL et Pierre LEBAS

 

8 juin (20 prairial)

·         Célébration de la fête de l’Être Suprême présidée par Guillaume SAMBRON et Jacques CHELET. Il est décidé que chaque année seront célébrées les fêtes du 14 juillet 1789 (prise de la Bastille), 10 août 1792 (suspension des pouvoirs du roi), 21 janvier 1793 (exécution de Louis XVI) et 31 mai 1793 (élimination des Girondins).

Entrant dans le temple de la Raison, ils déposent au-dessus de la porte un gros volume affirmant leur foi dans l’Etre Suprême et l’immortalité de l’âme (ADLA 12.JJ.16)

 

10 juin (22 prairial)

·         Le comité de surveillance écrit au district : « Guillaume SAMBRON vient de se marier et nous serions très heureux qu’il revienne parmi nous ».

Ainsi donc, SAMBRON, démissionnaire le 1 juin parce que non marié, a convolé dans la première décade de ce mois. Mais là, il a triché, le mariage est en effet antidaté. C’est à la date du 7 prairial (26 mai) qui a été inscrite sur le registre d’état-civil. Né à Guérande le 10 juin 1750 de Pierre Guillaume et Renée BIZEUL il aurait en effet épousé le 26 mai 1794 Perrine MOYON, fille du capitaine Luc MOYON et de Madeleine PHILIPPE, veuve d’Etienne VINCE, maitre en chirurgie. 

Publication ce même jour de la loi de prairial rendant encore plus expéditive la procédure du tribunal révolutionnaire.

 

11 juin (23 prairial)

·         Alexandre CLÉMENCEAU, le maire de Montoir, a-t-il été arrêté lui aussi ? On trouve à cette date dans les archives du département ce document : « L’agent national du district de Nantes fera mettre en liberté le citoyen CLÉMENCEAU, Jeanne Françoise HERAUD, sa fille de confiance et la belle-mère du dit CLÉMENCEAU, tous de Montoir ». Signé : le représentant du peuple BO. (ADLA L.249).

 

12 juin (24 prairial) 

·         Le citoyen NOBLET est nommé officier de santé chargé des soins à donner aux malades indigents dans les communes de Saint-Nazaire, Montoir, Donges, Besné, Crossac et Saint-Joachim. (Moret p.528). Voilà un homme qui ne devait pas s’ennuyer !

 

18 juin (30 prairial)

·         Arrestation de Pierre BODET pour fabrication non autorisée de salpêtre. Des bassins, chaudières et un homme sont mis à la disposition de CHELET pour la fabrication du salpêtre. Le citoyen TREMENT en est nommé chef d’atelier. (ADLA 12.JJ.16)

 

19 juin (1 messidor) :

·         Jacques CHELET, instructeur des salpêtres, se plaint au district qu’Alexandre CLÉMENCEAU, de retour de Nantes ait, par vengeance, voulu faire partir TREMENT qui s’occupe du salpêtre dans cette commune de Montoir.

·         Lettre de la municipalité de Montoir en faveur des citoyens arrêtés sur ordre de SAMBRON et emprisonnés au Bouffay. (voir au 6 juin)

 

20 juin (2 messidor) :

·         Jean AOUSTIN, fils de Noël, d’Aignac en Saint-Joachim, a été requis pour aller à Nantes avec sa charrette et ses bœufs. Or, il est veuf, père de 3 enfants dont le plus âgé n’a que 3 ans et il a beaucoup de bestiaux à soigner. Il propose de ne partir que lorsque sa récolte, qui est coupée sur les champs et les prés sera ramassée.

·         La municipalité de Montoir demande au district de pouvoir utiliser la cure, qui est spacieuse, pour ses séances du conseil municipal.

·         L’aubergiste DELAIRE est en dispute avec la municipalité au sujet de chevaux qu’i a eu en fourrière. On lui avait promis 30 sous par jour et la municipalité ne veut lui en donner que 20. (ADLA L.1026)

 

21 juin (3 messidor)

·         Suite à la dénonciation reçue de Mont-sur-Loir (voir au 7 mai), le district donne l’ordre à Aubin CHELET et à François MOYON du Comité de surveillance, à Etienne BOISROBERT, Jean ROUSSEAU et Joseph PELOUX, de conduire Michel JALLIOT à Nantes (ADLA L.729). JALLIOT était à Montoir le 21 janvier 1793, il ne pouvait donc pas être avec l’armée des brigands qui n’existait pas encore. Toutes les assertions de Charles Jérôme ( ?) de Mont-sur-Loir s’avèrent fausses. JALLIOT a prêté serment à Mont-sur-Loir et est sorti de cette commune le 2 janvier 1793. (ADLA L.1013)

 

24 juin (6 messidor) 

·         Dans sa séance de ce jour, le tribunal de Nantes ordonne la libération des prisonniers de Montoir. (ADLA L.254)

25 juin (7 messidor) :

·         Une vingtaine de chaloupes du Pin en Guersac est réquisitionnée « pour conduire des mottes, vulgairement appelée tourbe, à Nantes, pour nos frères les sans-culottes républicains. »

·         Michel JALLIOT renonce à ses fonctions de curé et remet ses lettres de pouvoir, ses lettres de prêtrise ayant été brûlées par les « brigands ».

 

26 juin (8 messidor) : Victoire de Fleurus

·         Répondant à l’appel de la municipalité de Montoir, le représentant du peuple BO fait remettre en liberté les personnes que SAMBRON avait fait arrêter à l’exception de Philippe HALGAN mort la veille en prison. (ADLA L.866)

 

28 juin (10 messidor) :

·         LEMARCHAND, agent des salpêtres, visite la commune de Montoir et y trouve un atelier en pleine activité.

·         Informations sur les salaires payés à la journée à Donges :

-     Faucheur                         : 50 sous

-     Scieur de bleds                : 30 sous

-     Laboureur, fossoyeur, coupeuse ou batteuse de bleds : 20 sous

-     Charpentier, tonnelier      : 20 sous

-     Lingère                            : 15 sous

-     Charretier avec charrette et bœufs : 9 livres

 

11 juillet (23 messidor) :

·         Acquittement par le tribunal de Guérande de François DUMAS, blatier demeurant à Loncé, accusé d’avoir acheté des vêtements volés dans la caserne de Montoir.

·         Réquisition pour faire couper les broussailles, chardons, et mauvaises herbes dans les sections, les amener au bourg pour chauffer les fours destinés à la fabrication du salpêtre

·         Il y a de plus en plus de jeunes marins requis du Finistère qui désertent les navires en rade de Mindin et se réfugient en Brière (ADLA L.1026)

 

12 juillet (24 messidor) 

·         Arrêté du tribunal de Nantes décidant la mise en liberté de Marie Jeanne BOURDIC, épouse de Jean-Baptiste JEGO, et de ses filles.

 

13 juillet (25 messidor) 

·         Le district de Guérande décide de faire une distribution de savon. La répartition entre les communes étant faite au prorata de la population, il est intéressant de la connaitre :

 

Communes

Nombre d’habitants

Livres de savon

Assérac

1243

73

Batz

3300

195

Besné

853

50

Crossac

1290

76

Donges

2050

120

Escoublac

1382

81

Force armée

514

30

Guérande

8157

480

Herbignac

2500

147

La réunion des Marais

1475

87

Le Croisic

2200

130

Les Isles

1891

111

Mesquer

1238

73

Missillac

2200

129

Montoir

3126

185

Piriac

1054

62

Pontchâteau

2703

159

Saint-André

1102

65

Saint Lyphard

1140

67

Saint-Molf

1047

62

Saint-Nazaire

3365

198

L’Union

604

36

 

On remarque que l’ensemble commune de Montoir plus Les Isles (Saint-Joachim) totalise 5017 âmes, formant sur le plan démographique la paroisse la plus importante du district de Guérande.

 

14 juillet (26 messidor) 

·         Réquisition de 8 charrettes à bœufs pour Nantes.

-     Doivent fournir des charrettes attelées : Isaac DENIS, Claude DENIS, Aubin CHELET, Jean GOURET, François GUIHARD, Jean COCHARD, Jacques LEBEAU et Jean VIAUD

-     Doivent fournir des bœufs d’appoint seulement : Pierre GOURET, Pierre JOUNIER, Vincent GODET, Jean MAHÉ, Pierre LEBEAU, Julien VIAUD, Michel SABLE, Jean MAUGOUR et les enfants JEGO.

 

15 juillet (27 messidor) 

·         Le district rejette la requête de Jean AOUSTIN du 20 juin, veuf et père de 3 enfants en bas âge, et assigne à la municipalité de Saint-Joachim de veiller sur ses enfants et ses intérêts pendant son absence. (ADLA L.1013)

·         Arrestation à Bouée de Jean-Marie BOURDIC, de sa femme et de ses 5 filles. (ADLA L.1216)

 

19 juillet (1 thermidor)

·         L’agent national LAMBERT alloue une somme de 700 livres pour l’ouverture d’un atelier de salpêtre à Montoir.

 

21 juillet (3 thermidor) 

·         Réception de la 2ème partie des travaux du pont de Méan, travaux qui devraient être terminés dans 6 mois.

 

23 juillet (5 thermidor)

·         Au district sont brulées les lettres de prêtrise des anciens prêtres constitutionnels dont celles de JALLIOT et RABAS.

 

24 juillet (6 thermidor) 

·         Réquisition pour Nantes de froment, orge et seigle. La réquisition est pour Montoir de 400 quintaux d’orge et pour Saint-Joachim de 100 quintaux d’orge. Les grains sont à livrer à Donges. (ADLA L.1013)

 

25 juillet (7 thermidor) 

·         Félicité de LOPRIAC, marquise de QUERHOENT et dernière vicomtesse de Donges est guillotinée à Paris. (G.Blondin)

 

27 juillet (9 thermidor)

·         Réquisition de tous les fourrages restant de la précédente récolte et de tous ceux disponibles de la nouvelle.

·         Suite à cette réquisition, la municipalité répond que l’on ne peut donner que ce que l’on a :

« Les trois quarts du sol de notre commune forment une immense prairie qui sert à nourrir les bestiaux de 10 à 12 communes environnantes. Il fournit aussi des mottes qui sont envoyées sur toute la côte, de Noirmoutier à Brest. L’autre quart, en labour, contient environ 2000 journées[16] de terre dont l’emblavement n’est pas évident d’après les renseignements données. On peut comprendre que la moitié est emblavée en froment d’un rendement d’environ 9 quarts la journée quitte de fumier, le quart pesant environ 35 livres ; 100 journées en seigle à 8 quarts la journée du poids de 30 livres chaque ; 400 journées en orge à 12 quarts par journée pesant 27 livres chaque. Le quart de surplus est ensemencé en lin, pois fèves et autres menus objets.

La récolte d’une année moyenne est de 19.000 quarts. A 20 quarts pour nourrir chaque individu, la population étant trois mille et quelques cents personnes, il nous en faudrait 60.000 au moins. Le déficit est donc de 40.000 quarts. Mais la récolte de cette année étant très mauvaise, nous n’avons de quoi nourrir que deux mois de l’année.

Nous rappelons que nous avons 6 à 700 marins sur les vaisseaux de la République, et des meilleurs. » (ADLA 12.JJ.16)

 

La plèbe de Paris est mécontente de l’élimination des Enragés, de la montée des prix (malgré le maximum) et du blocage des salaires. Fouché, Tallien, Barras, en profitent pour mener une action parlementaire qui aboutit au renversement de Robespierre qui est guillotiné avec ses amis.

En août, après la chute de la Montagne, le centre exerce le pouvoir. C’est la fin de la Terreur. Comité de salut public, tribunal révolutionnaire, représentant en mission, disparaissent peu à peu.

 

9 août (22 thermidor) 

·         La municipalité de Montoir est requise de faire faire une guérite pour la sentinelle du pont de Méan et de fournir lits de camp et ustensiles à la caserne du dit Méan. (ADLA L.1013)

 

12 août (25 thermidor)

·         Dénonciation de Noël LOREAU comme chef de brigands par le juge de paix de Montoir.

 

13 août (26 thermidor) 

·         Transfert de détenus de Guérande à Nantes. En font partie :

-     Sébastien JOUALLAND, charpentier de Crossac détenu depuis le 5 ventôse et sur lequel on n’a pu avoir d’autres renseignements que ceux fournis par la municipalité de Montoir

-     Pierre PINCECLOUX, de Montoir, détenu depuis le 6 ventôse, préalablement détenu comme suspect, évadé des prisons de Guérande puis repris.

-     Pierre BESNE, ex noble de Besné, arrêté le 12 thermidor pour ne pas s’être éloigné des départements frontières. (ADLA L.1013)

 

14 août (27 thermidor) :

·         Réquisition des fourrages. Sont imposés :

-     Montoir     : Foin (300 quintaux), paille (100 quintaux), avoine (50 quintaux)

-     Les Isles  : Foin (100 quintaux), paille (100 quintaux), avoine (150 quintaux)

 

·         Attaques contre Alexandre CLÉMENCEAU :

« Aux citoyens et administrateurs du district de Guérande, adresse de Guillaume SAMBRON, Théodore DELAIRE, Guillaume HOCMART, membres de la société populaire de la commune et canton de Montoir :

Si nous gardions le silence sur les nouveaux écarts d’Alexandre CLÉMENCEAU, notre maire,(nous ferions un volume si nous les analysions tous), les effets de son orgueil, de sa haine, de sa récrimination pourraient nous devenir funestes et donner de nouvelles secousses au salut de notre commune qu’une poignée de républicains a soutenue jusqu’à ce jour contre les machinations toujours actives. Voici ces derniers traits :

Prétextant que 4 hommes sont sortis de la cour la nuit du 23 au 24 courant, il a commandé une garde pour la nuit suivante, sans consulter ses collègues, comme cela lui arrive souvent…

Rassemblés à l’heure dite, nous avons décidé d’avoir une conférence avec le maire et nous sommes rendus chez lui. On nous dit qu’il était sorti, ce qui nous détermina à interroger les voisins, nommément Isaac DENIS, soit disant auteur de la vision propagée par le maire…

Voici les faits que, dans un PV, il a osé travestir en un complot destructeur de son existence. Ceci est une calomnie pour assouvir sa haine et sa vengeance contre les hommes qui, exacts observateurs des lois, avaient été obligés de le mettre en arrestation…

Son PV fait, il se promène pendant 2 heures sur la place d’un air impérieux, passant et repassant devant notre corps de garde, sans daigner répondre à nos réquisitions pour avoir une conférence avec lui ».

 

15 août (28 thermidor) 

·         Sont écroués au Bouffay, en provenance de Guérande : Sébastien JOUALLAND et Pierre PINCECLOUX, 45 ans, cordonnier à Méan, qui sera transféré à l’hôpital le 17 septembre 1794 (ADLA L.866)

 

25 août (8 fructidor)

·         Sébastien JOUALLAND, de Crossac, condamné jusqu’à la paix, est écroué aux Saintes-Claires (ADLA L.877)

 

26 août (9 fructidor)

·         Après enquête, le directoire du district fait libérer TRÉMAUDEUC, de la commune des Isles. Le seul reproche fait contre lui est de s’enivrer, autrement c’est un véritable patriote.

 

2 septembre (16 fructidor)

·         Lettre de la municipalité de Donges au district :

·         « Nous vous avons livré notre contingent de grains (240 quintaux) en le prenant au fur et à mesure qu’il était battu. Les grains qui ont été battus depuis ont été enlevés par les habitants de Montoir qui sont réduits à la dernière misère par la réquisition qui a été faite chez eux. Les citoyens PRAUD, OGER et RICORDEL, les plus forts possesseurs de notre commune, sont à la veille d’être assassinés par ces malheureux auxquels on a pris même leur semence » (ADLA L.1026)

 

3 septembre (17 fructidor)

·         N’importe quel individu se permettant de réquisitionner des tourbes et des embarcations, dorénavant, cela ne pourra se faire qu’avec l’accord de la municipalité. Il y aura désormais une permanence à la maison commune tous les jours sauf le décadi[17]. (ADLA 12.JJ.16)

·         Dans le cadre de la fourniture du 1/8 des cochons, voici les impositions par commune, qui donne une idée de la répartition géographique de ce type d’élevage dans le district (sous réserve, bien sûr de l exactitude du recensement) :

 

 

Communes

Nombre de cochons

Assérac

12

Batz

4

Besné

13

Crossac

16

Donges

13

Escoublac

17

Guérande

76

Herbignac

14

La Réunion des Marais

2

Le Croisic

11

Les Isles

4

Mesquer

10

Missillac

7

Montoir

19

Piriac

14

Pontchâteau

Saint-André

12

Saint Lyphard

11

Saint-Molf

11

Saint-Nazaire

52

L’Union

4

 

14 septembre (28 fructidor) :

·         Le district demandant la construction d’une voiture, il y a lieu de s’aboucher avec Donges et les Isles pour s’en partager la construction.

·         Nomination de commissaires pour rectifier les erreurs sur les rôles des contributions mobilières et foncières.

 

16 septembre (30 fructidor) :

·         Création de la Société populaire de Montoir. Le 14, celle de Nantes a décidé d’envoyer des représentants à l’inauguration et « d’en profiter pour demander à cette commune, que l’on dit patriote, d’envoyer des mottes à Nantes » (ADLA 12.JJ.16)

·         Pierre Michel JALLIOT est chargé de la surveillance de l’atelier de salpêtre dirigé par Pierre TREMENT, en remplacement de François HUBERT qui argue de son grand âge.

 

 21 septembre (5ème sans-culottide) :

·         Lettre d’Alexandre CLÉMENCEAU (   - 1798) au district :

« Est-ce que la commune de Donges a le droit de lever un contingent de grains sur les métairies que nous avons, ma belle-mère et moi, dans cette commune ? Nous avons déjà prélevé sur elles 800 livres pour le contingent de 400 quintaux demandé à Montoir.

Je vous prie donc de me donner main levée de l’arrêt sur nos métayers. Je suis sans grains et nous sommes 9 personnes à la maison. Si l’on me coupe mes ressources, il faudra faire le mort, et puis, vive la République ! Et bien trop heureux de mourir pour elle » (ADLA L.1026)

 

·         Lette de DAVY demandant le paiement de 280 livres pour prix de 14 sillons de terre labourable vendu en 1783 au ci-devant corps politique de la paroisse pour y faire un cimetière et jamais payé. (ADLA L.1023).

 

1794 (AN III)

 

22 septembre (1er vendémiaire) :

·         Plainte de Jean ALLAIRE, Jean PELTIER, Aubin CHELET, René BARBEREL et François ROBARD contre le maire de Montoir qui a fait vendre au prix de 66 livres 10 sols sous la barrique une cargaison de 60 tonneaux de vin leur appartenant. (L .1013)

 

4 octobre (13 vendémiaire) :

·          Réquisition du marc de raisin et de la lie nécessaires à la fabrication du salpêtre.

 

5 octobre (14 vendémiaire) :

·         Jean PELTIER est chargé d’aller à Guérande chercher les secours pour les familles des défenseurs de la patrie, soit 43.420 livres pour deux trimestres. Il y portera les rôles fonciers et mobiliers.

« Les individus que nous avons envoyés en forêt de La Bretesche pour couper les broussailles au service de la république nous ont informés que d’autres communes n’ont envoyé personne. Nous ne pourrons dorénavant envoyer d’autres hommes, les bras étant rares chez nous, d’autant plus que l’atelier de fabrication du salpêtre en demande beaucoup. Nos cultivateurs sont occupés à la préparation de nos terres pour les emblavements et nous avons plus de 600 hommes au service, par terre et par mer. (ADLA 12.JJ.16)

 

9 octobre (18 vendémiaire) :

·         Aubin CHELET est désigné pour conduire à Nantes le contingent d’avoine qui est de 50 quintaux.

·         Pierre Michel JALLIOT est nommé commis greffier pour aider Etienne MOYON, secrétaire greffier, qui ne peut plus suffire à une tâche qui s’accroit journellement.

 

14 octobre (23 vendémiaire) :

·          Dans toute la région les charpentiers disponibles sont levés (réquisitionnés) pour la construction de navires de guerre à Lorient. A Montoir sont levés : Etienne LOREAU de Méan, Yves LEFLOT de Bert, Joseph et Charles MOYON de Guersac, François GUITTON d’Errand, Pierre Marie BOISROBERT du Clos, ce dernier âgé de 16 ans et faible.

 

17 octobre (26 vendémiaire) :

·         A la liste des charpentiers précédente il faut ajouter Jean VIAUD de Guersac (ADLA L.1027) mais « tous ces gens ont des hernies ou sont occupés aux emblavements.

·         Réclamation de Donges qui n’a reçu que 45 quintaux et 50 livres d’avoine pour Nantes au lieu 50 quintaux. Une enquête révèle qu’Augustin JAMET, commissaire de Gron, François PICAUD et Barthélémy BIDAUD de Méan n’ont pas livré leur contingent.

 

18 octobre (27 vendémiaire) :

·         Les gens se plaignent de fournir trop souvent de la paille pour la cristallisation du salpêtre. Ces pailles reposent souvent très longtemps dans de mauvaises conditions et le vert-de-gris s’y met, ce qui rend les gens mécontents. (ADLA L.729)

·         Alexandre CLÉMENCEAU répond aux questions du district :

« Concernant Joseph OLLIVAUD, prêtre de Saint-Joachim : interrogé à la maison commune, il déclara avoir toujours vécu pendant 2 ans caché dans les Brières, tantôt dans un village, tantôt dans un autre. Les âmes charitables lui portaient du pain et du lard, et les enfants, du tabac. Il a été conduit à Nantes à la guillotine.

Concernant François VINCE, prêtre et vicaire de Donges, pris dans les Brières et conduit à la maison commune : il déclara avoir vécu pendant 2 ans dans les Brières où les bonnes gens le faisaient vivre. Il fût jugé sur-le-champ par le corps militaire et fusillé. Tous ses biens ont été vendus au citoyen  PELOUX après avoir été affichés par deux fois. »

« Voilà, citoyens, ce qui a été arrêté en fait des prêtres qui ont paru dans notre commune » (ADLA L.729)

 

 

24 octobre (3 brumaire)

·         Lettre de CLÉMENCEAU au district dans laquelle il demande :

«… de nous envoyer une dizaine de poêles de différentes grandeurs pour l’atelier de salpêtre, à prendre sur celles provenant des émigrés. Cela éviterait de réquisitionner celles des habitants à qui on les rend hors d’état de servir et bien souvent percées. »

« La majeure partie des administrés laboureurs de nos campagnes nous demandent quotidiennement de l’orge pour ensemencer leurs terres, sans quoi ils devront les abandonner. Dites- nous comment trouver l’orge mais aussi d’autres semences car, après les réquisitions, la particuliers ont été obligés de manger leur semences. Ils ne peuvent en trouver ni sur les marchés ni dans les paroisses voisines. C’est urgent. » (ADLA L.1027)

·         « Le 16 décembre 1792, CLÉMENCEAU fut élu maire, Jean PELTIER sous-maire, René BARBEREL, Jean SIMON, Thomas BLANCHARD, Augustin JAMET, Etienne MOYON, Nicolas HARAUD, François ROBARD municipaux ; Etienne MOYON, nommé secrétaire, fut remplacé par François MAHÉ. Depuis, François MAHÉ est mort, Thomas BLANCHARD, levé pour le service, François HUBERT nommé agent national. PELTIER et BARBEREL se sont trouvé cousins germains. Aujourd’hui, il nous manque donc 2 municipaux et 9 notables » (ADLA L.1027)

 

5 novembre (15 brumaire) 

·         Lettre de François HUBERT à CHOTARD agent national du district :

« Je me joins aux prières des 5 cultivateurs qui te supplient de les laisser chez eux jusqu’après les semailles. Les ¾ des hommes de Montoir sont marins au service de la République et 1/8 a été pris par la réquisition. Si bien que nos maisons de campagne sont vides d’hommes. On ne peut obliger un cultivateur à abandonner ses terres pour en semer d’autres qui ne sont pas à lui. Cinq cultivateurs de moins dans cette commune c’est considérable alors que c’est peu pour les ports de Lorient ou de Brest. D’ailleurs, ils ne sont charpentiers que pour le raccommodage de leurs harnais. Le cas va être le même pour les sept autres qui sont prêts à partir. Ils ne trouvent personne pour les remplacer et vont être obligés de vendre leurs harnais et leurs terres vont rester improductives. Je te prie de les laisser chez eux pour le bien public. »

 

7 novembre (17 brumaire) 

·         des personnes sont envoyées couper les vieux bois près de la chapelle Saint Malo pour les besoins du salpêtre.

 

10 novembre (20 brumaire)

·         Pierre FLEURY, calfat, a été levé pour Lorient. Il ne peut laisser seuls ses 5 enfants, n’ayant ni femme, ni parents ni biens. On enverra de l’argent au Croisic à sa place. (ADLA 12.JJ.16)

 

12 novembre (22 brumaire)

·         Pierre Michel JALLIOT et Gilles DAVY sont nommés pour vérifier les comptes des impôts fonciers de 1791 et 1792.

 

13 novembre (23 brumaire)

·         Charles TREMOUREUX, ci-devant émigré, se présente à la mairie et y fait le serment de fidélité à la loi.

 

17 novembre (27 brumaire)

·         Des commissaires sont nommés pour conduire à Nantes un contingent de fourrage de Montoir, soit : 50 quintaux d’avoine, 300 quintaux de foin et 10 quintaux de paille.

 

20 novembre (30 brumaire) :

·         Les comptes pour 1791-1792 présentés par François MOYON sont acceptés.

·         Pierre AOUSTIN, cultivateur éleveur, est choisi pour sa connaissance des terres et des localités. (ADLA 12.JJ.16)

 

25 novembre (6 frimaire) : Fixation des « maximums » pour les grains et le fourrage :

                                                   

Céréale

Prix au quintal

Froment

25 livres  15 sols 2 deniers

Seigle

20 livres

Orge

19 livres 18 sols 6 deniers

Sarrazin

12 livres 10 sols

Avoine

11 livres 11 sols 7 deniers

Foin

5 livres

Paille de froment

1 livre 13 sols 4 deniers

Paille de seigle

1 livre 5 sols

 

Pour information, voici le tableau des anciennes monnaies. En général étaient seuls utilisés : livre, sol et denier.

 

Monnaie

Equivalence

1 Louis d’or

= 24 livres

1 livre

= 20 sols

1 sol

= 4 liards

1 liard

= 3 deniers

1 denier

= 2 oboles

 

 

28 novembre (8 frimaire) 

·         Le prix des mottes est fixé à 3 livres le millier.

 

1 décembre (11 frimaire) 

·         pour l’approvisionnement du Croisic, la municipalité de Montoir est requise de fournir 200.000 mottes et celle des Isles 1.200.000 mottes. (ADLA L.1013)

 

4 décembre (14 frimaire) 

·         Il n’est plus possible de fournir de grains aux ouvriers du salpêtre. Ceux-ci préfèrent aller travailler en journées dans les métairies où ils sont nourris.

 

10 décembre (20 frimaire) 

·         Jean AOUSTIN, fils naturel des Brières, se présente au conseil municipal et déclare que Jean ROUSSEAU l’a contraint à apporter des Brières (environ 1 lieue et demie) un morceau de bois d’environ 10 pieds pour réparer une barrière de la prée de La Motte que ses chevaux avaient soi-disant cassée. Le maire prend fait et cause pour AOUSTIN attendu que la prée est vague en cette saison. Jean ROUSSEAU s’emporte avec violence contre le maire. (ADLA 12.JJ.16)

 

12 décembre (22 frimaire) 

·         Réquisition des eaux lessivées et de poêles pour leur cristallisation à l’atelier de salpêtre de Montoir.

 

21 décembre (1er nivôse)

·         Prix d’un cheval avec bride et selle : 670 livres (ADLA L.1013)

 

23 décembre (3 nivôse) 

·         Le tribunal de Nantes donne l’ordre de mise en liberté de Sébastien JOUALLAND, détenu aux Saintes-Claires depuis le 25 août 1794.

 

27 décembre (7 nivôse) 

·         Le navire « L’Élisabeth » mouille en baie de Bonne-Anse. Il vient de la Martinique transportant 163 passagers français indésirables là-bas pour les Anglais et destinés à être déportés en Angleterre. Ils ont pu prendre le commandement du navire et l’amener en France. Il était temps car les malheureux étaient à bout d’approvisionnement et souffraient terriblement du froid. Ils sont secourus immédiatement (Moret p.541)

 

31 décembre (10 nivôse)

·         Michel JALLIOT est chargé de la recette des rôles fonciers et mobiliers pour 1793 à 2 deniers par livre collectée.

 

Notes sur 1794 :

·         Un certain nombre de jeunes requis pour le service figurent bien sur les registres de l’inscription maritime mais n’ont jamais navigué, quelqu’un d’autre le faisant en leur nom. Sont connus dans ce cas : Pierre OLLIVAUD et Jean MAHÉ de Mazin et Jacques AOUSTIN d’Aignac

 

·         La production de salpêtre est, comme on l’a vu, devenue l’obsession de l’administration à tous ses niveaux. Cela est patent en 1794 et va durer à tel point qu’il est impossible de citer toutes les décisions le concernant, décisions d’ailleurs souvent contradictoires. Le salpêtre entre à 80% dans la fabrication des poudres de guerre et à cette époque, les besoins sont importants. Tous s’ingénient à trouver les moyens les plus divers d’en produire. Il est recueilli dans les caves, sur les matériaux de démolition, dans les cendres de tourbe et de tous les bois de chauffage. C’est pour cette raison que le ramassage des broussailles et mauvaises herbes est organisé. Il est aussi extrait par distillation des lies et marcs et par cristallisation des eaux de lessive. Il va ainsi être pendant des années l’industrie essentielle de la commune de Montoir.

 

·         Changement de nom de diverses communes : pour faire disparaitre toute référence à des titres religieux ou de noblesse, beaucoup de communes modifient leur dénomination au cours de l’année 1794, ainsi :

-     Saint-Nazaire devient Port-Nazaire

-     La Roche-Bernard devient La Roche-Sauveur

-     La Chapelle-des-Marais devient La Réunion-des-Marais

-     Sainte-Reine devient L’Union

-     Saint-Joachim devient Les Isles

-     Saint-André-des-Eaux devient André-des-Eaux

-     Saint-Étienne-de-Montluc devient Messidor

-     Le Pellerin devient Port-Brutus

-     Port-Louis devient Port-Liberté

-     Saint-Père-en-Retz devient La Fraternité

 

·         Mesures de capacité ayant cours à Montoir :

-     Pour les grains :

1.    Tonneau     1250 litres

2.    Septier 140 litres

3.    Quart   28 litres

4.    Boisseau     10,4 litres

 

-     Pour les liquides :

5.    Chopine      0,5 litre

6.    Pinte    1 litre

7.    Pot       2 litres

8.    Pipe     200 litres

9.    Barrique      225 litres

La bouteille n’était pas une capacité précise mais uniquement le contenant.

 

·         Concernant l’église de Saint-Joachim : La première chapelle de Saint-Joachim fut « faite et construite par les habitants » et dédiée aux « glorieux saint Joachim et Sainte Anne ». La chapellenie fut officiellement fondée le 20 juin 1677. Elle fut remplacée par l’église succursale de Montoir, bénie par le recteur TERRIEN le 23 mars 1784. Incendiée par le général AVRIL le 29 septembre 1793, elle fut rebâtie en 1803 pour brûler à Noël 1859. La nouvelle église, mise en service en 1862 vit sa toiture et ses vitres anéanties par une tempête de grêle en 1866. Elle ne fut définitivement achevée qu’en 1895.

 

 

1795 (AN III)

 

1 janvier (12 nivôse)

·         L’atelier du salpêtre est sans activité depuis le 30 frimaire (20 décembre)

 

7 janvier (18 nivôse) 

·         La Loire est complètement bloquée par les glaces très épaisses. Toutes les communications fluviales sont coupées entre les deux rives et avec Nantes (Moret p.541)

 

8 janvier (19 nivôse) 

·